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11/03/2008
[Chronique] Erykah Badu - New AmErykah Part 1(4th World War) (2008)
Et ce n'est ni plus ni moins que le légendaire Roy Ayers qui entâme les hostilités avec "Amerykahn Promise", véritable brûlot funk suant les seventies! On est en plein dedans, Erykah endossant avec classe le rôle de la star de blaxploitation, poussant le délire jusqu'au boût, et dieu que c'est bon! S'en suit l'ode au Hip Hop nommé "The Healer" (grâcieuseté de Madlib), venant transcender les religions pour nous faire toucher le ciel via ce qui nous relie finalement tous (du moins ici): cette musique, cette culture... Le génial beatmaker d'Oxnard produit aussi le perché et calme "My People", aux ambiances tribales et salvatrices. De son côté, Karriem Riggins co-produit l'excellent "Soldier", très orienté hip hop et Dillaesque à souhait. L'âme de Jay Dee nous rend aussi visite sur le très soulquarian "Telephone", où Questlove et James Poyser viennent apporter toute leur musicalité pour un long et savoureux instant de soul.
Autres invités, les Sa-Ra séparent leur combo pour nous pondre plusieurs oeuvres scintillantes. Tout d'abord, Shafiq Husayn vient co-produire ce "Me" indubitablement soulquarian dans l'esprit et ainsi évidemment et éminemment réussi. Autres collaborations avec Husayn, le barré et pourtant très boom bap "The Cell", l'excellent "Twinkle" flirtant discrètement avec des sonorités electro bienvenues (Taz Arnold se rajoute ici) ou encore le très laidback "That Hump" où Husayn et Om'Mas Keith s'associent à Badu pour un track plus classique mais néanmoins complètement efficace. L'apogée de ce travail commun avec les Sa-Ra est la gemme "Master Teacher", où la chanteuse, accompagnée de Georgia Ann Muldrow (ainsi que Bilal et Ty & Kory aux choeurs), nous délivre un somptueux moment de pure nu soul pendant presque 7 minutes...
Mais si la forme de ce "New AmErykah" nous prouve, comme le titre l'indique, que madame Badu a su apporter un nouveau souffle à sa musique, le fond n'est également pas en reste. En effet, nous avons là un album emprunt de maturité et de conscience, à la fois sociale, politique, spirituelle et tout simplement humaine. Des thèmes comme le quotidien de la communauté afro-américaine, les fléaux que sont la drogue, la violence dans les ghettos, mais aussi l'ouragan Katrina et ses désastreuses conséquences sont abordés ici. La situation au Moyen-Orient est bien entendu évoquée, notamment en ce qui concerne l'occupation de l'Irak. Ainsi, Badu renoue avec ses racines, ses valeurs et du même coup avec celles de la Soul. La fleur est donc belle, mais aussi bardée d'épines pour qui ne saurait y prendre gare.
Cette 1ère partie est donc non seulement une réussite, mais aussi bien plus que ça, Badu a posé un véritable jalon à la fois pour la soul et pour la culture Hip Hop dans sa globalité. Elle a fait preuve d'audace en allant voir d'autres beatmakers, en se risquant et se livrant tout au long de ce voyage où morceau après morceau, elle parvient à la fois à embellir nos âmes et nourrir nos consciences.
Et quand on sait que ce joyau sera suivi sous peu de deux autres volumes (entamés par le sucré succès "Honey", produit par 9th Wonder, offert ici en guise de bonus track), on ne peut que se convertir séance tenante au Baduizm.
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Rip Laimbeer
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[Chronique] Fat Ray & Black Milk - The Set Up (2008)
D'entrée de jeu, l'amateur éclairé de son "raw" façon Motor City s'y retrouvera complètement, pas de suspense là-dessus. Les deux larrons nous délivrent un son brut et lourd, viril et suintant le goudron. De ce genre de son qui vous donne une envie irrépressible de hocher la nuque violemment, quitte à passer pour malade aux yeux des passants. Black Milk n'est pas venu épauler Fat Ray seulement pour mettre son nom sur la cover, mais bien pour tirer banger sur banger, ses caisses de munitions ne semblant jamais se vider réellement...
Lyricalement, on connait déjà l'habileté et le flow de Milk, on mettra donc l'accent sur le gros Ray, qui possède lui aussi d'évidents "skillz" en la matière. Histoire de parfaire l'affaire, on retrouvera avec un plaisir non feint Phat Kat et Elzhi (formant prochainement un duo nommé Cold Steel) sur l'excellent "The Focus", le toujours énorme Guilty Simpson sur l'imparable et viril "Bad Man" (et son terrible hook façon dancefloor entonné par Scorpion), ou encore le poulain de Milk, j'ai nommé Nametag, sur le massif "Lookout". Les autres tracks sont en duo, ce dernier fonctionnant parfaitement, la gouaille et la présence de Ray se mariant efficacement à l'indéniable talent (derrière le micro ET les machines) de Milk.
On citera aussi l'énervé "Not U" avec son sample de guitare électrique très "BR Gunnaz", le "Ruff Draftien" "When It Goes Down", l'efficace "Take Control" featuring AB aux choeurs, ou encore le conquérant bien que lassant "Nothing To Hide" au rang des titres sortant du lot. La qualité générale de cet opus pourtant sorti sans battages est clairement au dessus de la moyenne et viendra nourrir toutes les Detroit heads en quête de beats fleurant bon l'asphalte. D'autant que ce mois-ci, l'ami Guilty Simpson nous sort son "Ode To The Ghetto", chroniqué très prochainement...
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07/03/2008
[News] Occupés!
Le band de Philly nous balance donc un énorme "Get Busy", cette fois-ci accompagné des trois dignes représentants de la cité de l'amour fraternel. En effet, l'emblématique Jazzy Jeff, le trop discret Dice Raw et l'excellent Peedi Peedi viennent bénir ce nouveau track de leur présence.
Au vu des deux premeirs extraits, on peut s'attendre à un album brut, où ?uestlove semble plus massif que jamais et où Black Thought affiche une verve et une véhémence bienvenue! Check this out...
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Rip Laimbeer
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06/03/2008
[Chronique] Muhsinah - Daybreak (2008)
Le nom, la voix, la production, tout ici pourrait faire penser à un nouvel alias de la chanteuse Georgia Ann Muldrow. Mais il n’en rien, car oui Muhsinah est bel et bien une chanteuse/Beatmakeuse à part entière. Et son premier album, "Day.Break", s’apparente clairement comme une des incontestables révélations soul de l’année.
La jeune femme, originaire de Washington, nous transporte ici dans un monde aux couleurs printanières et psychédéliques. Le style est tout à fait "Muldrowesque" donc, et les apparentes dissonances couplées aux vertigineuses envolées vocales faussement maladroites charment immédiatement, autant qu’elles peuvent d’ailleurs rebuter.
"Day.Break" est un véritable voyage musicale dans l’esprit hautement perché d’une jeune musicienne soucieuse de mélanger les genres et libre d’expérimenter à sa guise (les effets de distorsions vocales et de revers étant ici très présents), poussant la Nu-Soul dans des terrains plus que bienvenus.
Chevauchant parfois le hip hop avec brio (avec l'excellente "Discovery" et ses drums à
On citera avec une certaine excitation des morceaux comme la sublimissime"Only & Always", aux sonorités gracieuses et aériennes évoquant un vieux film Noir & Blanc, la douce et enivrante "One Again" ou la percutante "Netknot" (que vous pourrez écouter dans notre playlist), qui démontre qu’expérimentation ne rime pas forcément avec mollesse.
On se laisse au final très volontiers embarquer dans l’univers envoûtant et atypique de la jeune Muhsinah, qui signe avec ce "Day.Break" une œuvre courte mais intense, à la fois perchée, charmante et inventive.
Signalons à l’occasion que l’album est fraîchement ressorti, agrémenté de quelques bonus tracks, sous le nom de "Day.Break.02". Dope!
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Onelight
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05/03/2008
[Chronique] Mighty Joseph - Empire State (2008)
Il est établi que le Hip Hop que vomissent actuellement les entrailles de la Grosse Pomme ne satisfait que trop peu souvent les amateurs de son East Coast. Et si Pete Rock vient étancher notre soif malgré un album plutôt mi-figue mi-raisin, les bonnes sorties se font rare dans les cinq borrows. Alors quand l'ex-Cannibal Ox Vast Aire, accompagné de son partenaire Karniege aka Karnage nous arrive sous le nom de Mighty Joseph, on se met à croire au messie...Trève de billevesées prophétiques, attelons-nous à ce "Empire State", littéralement dédié à cette bonne vieille ville de New York. Avant toute chose, on a là à faire avec deux vrais MC's, avec toutefois un large avantage à Vast Aire qui possède toujours ce flow et ce charisme vocal qui ont bâti sa réputation. Pas de doute, les deux bonhommes viennent pour manger le mic! Invités au festin, nous pourrons donc croiser dans les méandres de ce New York sonore des personnages tels que Vordul Mega (les nostalgiques de Can Ox seront aux anges), Murs, Poison Pen ou les plus confidentiels Genesis, Double AB, Access Immortal et Swave Sevah. Satisfaction garantie.
Niveau beats, "Empire State" se situe clairement dans une veine boom bap sombre et dense, de celle qui nous emmène dans un Gotham City fantasmé où le Joker porterait des Tim's et un Tee siglé d'un "Who shots Biggie?"... Les Mighty Joseph n'ont pas laissé de place au hasard en conviant le toujours barré et particulièrement adéquat Madlib (un "Legend" monumental), le talentueux J-Zone ou les imposants et légendaires Beatminerz, Karniege assurant aussi sa part derrière les machines. Au final, si tous les sons ne sont pas des mastodontes, on a là une vraie cohérence sonore et l'écoute se révèle un vraie plaisir pour le B-Boy en mal de sensation.
L'ensemble étant très homogène, il est difficile d'en ressortir un track en particulier, même si "Kids [NYC]", "Rock-It-Science" ou encore "Blood Sport" featuring Vordul Mega méritent le détour pour leurs ambiances particulières. Le très lourd posse cut "Pandora's Box" vaut son pesant de cacahuètes, pas de doute, et on insistera sur le terrible "Legend" qui fera se noyer dans l'Hudson le moindre imposteur qui se risquerait à croiser le chemin de Mighty Joseph.
Bref, lachez la bête de l'Est, gare au gorille, le rap de N.Y. est toujours vivant, en voici la preuve! On attend la suite du côté de Vast Aire, avec un éventuel LP courant de cette année, épaulé par des beatmakers comme Pete Rock, les Beatminerz ou Oh No. Wait & see...
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01/03/2008
[News] 75 rimes, le chargeur est surchargé...
Alors voici donc le 1er extrait du prochain album ("Rising Down") de The Roots, "75 Bars (Black's Reconstruction)", qui est un véritable missile pour les cervicales, je vous laisse apprécier sans plus tarder...
Quand à nous, on vous retrouve lundi pour des chroniques toutes fraîches (Erykah Badu, Fat Ray, Guilty Simpson, Muhsinah et j'en passe!), Peace!
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27/02/2008
[News] Il le sait...
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[News] Le garçon américain...
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26/02/2008
[Chronique] Dabrye - Get Dirt EP (2008)
Dabrye aka Tadd Mullinix, est un homme discret qui aime prendre son temps. Deux ans après avoir livré un 3eme album mémorable, Two/Three sur Ghostly International, et imposer définitivement une véritable identité sonore, notre homme sort enfin de l’ombre avec un nouvel EP, toujours sur ledit label.
Morceau inédit provenant des sessions d’enregistrement de son dernier opus datant de 2006, l’éponyme "Get Dirty", qui se retrouve par ailleurs rappée par A.G, constitue ainsi l’atout majeur de cette nouvelle livraison. Les fans du son Dabryeesque seront aux anges, tant cette track possède une véritable puissance qui percute littéralement l’auditeur dés les premières mesures. Sonorités sombres et effrayantes, samples vocaux inquiétants, basse crade et agressive et drums au rythme irrégulier, pas de doute, "Get Dirty" est une véritable claque sonore made in Detroit dont seul Dabrye a le secret.
Autre atout de cet EP, le remix de l’immuable "Game Over", en compagnie de Jay Dee et Phat Kat, par le jeune et fringuant Flying Lotus (même si les fans assidus du bonhomme connaitront déjà le titre). Exercice assez délicat ("Game Over" possède en effet une rythmique assez particulière) dont le producteur de L.A. sort avec les honneurs, en livrant une production puissante parfaitement adaptée au flow des MC’s, sans pour autant faire oublier l’originale.
Le remix de "Air" par Kode 9 est lui un peu plus dispensable, hormis pour les fans de sonorités Dubset made in England.
Malgré le côté un peu réchauffé de ce Get Dirty EP, nul doute que ce dernier saura combler les fans, tout en attisant sévèremment leur impatience quand à un projet véritablement nouveau.
[Chronique] Daru & Reggie B - Future Music (2008)
Nous vous en parlions le mois dernier, "Future Music" s’avère être une union musicale terriblement excitante, réunissant le producteur Daru (batteur pour Slum Village, entre autre) et le chanteur/producteur Reggie B (dont vous pourrez d’ailleurs trouver la chronique de son excellent album "GO" dans nos archives) sur le label hollandais 4Lux.
De cette collaboration (précisons que Reggie B, en plus de chanter sur chacun des titres, en produit deux et co-produit tout le reste) découle album au style Soul futuriste inédit et réjouissant, comme l’avait laisser présager le précèdent EP sorti le mois dernier.
Le duo joue cependant la carte de variété, et passe d’une Soul avant-gardiste riche en synthés, basses rondes et effets sonores divers à une musique Soul un peu plus conventionnelle (voir un peu trop, sur "Anywhere You Go" notamment, seul morceaux plutôt moyen de ce "Future Music").
Pour aller dans le détail, on notera que "It’s Not a Game" (avec sa mélodie en reverse et ses synthés cosmiques du meilleur goût) et l’éponyme et terriblement enjouée "Future Music" (qui porte définitivement bien son nom) charment l’oreille d’entrée avec un style futuriste des plus accrocheur.
Soucieux d’éviter toute redondance, Daru et Reggie B alignent ensuite des ambiances différentes en dosant habilement la chose. Ainsi, "I Was Wrong", "PLay House" et "Stay Free", séduisent tout autant avec une Soul moderne inspiré du son de Detroit, en alliant judicieusement audace et conformisme, que tous les chanteurs/producteurs RnB frôlant le trou noir créatif feront bien de jalouser. Citons également "A Ways To Go", au croisement des ambitions musicales de cet album, avec une production clappée ponctuée de synthés à l’efficacité redoutables et enrobée d’une basse terriblement envoûtante. Idem pour "Junis Revenge", au style tout aussi atypique.
Ce LP termine en trombe avec l’énorme "Good Love", dont la bondissante production semble tout droit sortie des machines d’un DJ Premier en pleine possession de ses moyens, l’intéressante mais trop courte "Junis Revenge part2" ainsi qu’avec une version rallongée de "Future Music", qui permet d’apprécier pleinement la qualité de la production.
Vous l’aurez compris, difficile de bouder son plaisir face à un opus aussi carrossé, évitant les répétitions avec une durée relativement (trop?) courte. On reprochera cependant que l’aspect avant-gardiste ne soit pas plus mis en avant, compte tenu du titre du projet, car c’est vraiment là que nos deux bonhommes fournissent un son à la hauteur de leur talent.
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Onelight
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