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29/12/2013
[Focus] Les 30 albums qui nous ont marqué en 2013
Comme chaque fin d'année, la coutume est de mise, voici une sélection des disques qui ont marqué nos oreilles. Nuance cependant, cette fois-ci le top ne sera pas individuel mais bien collectif, ce qui au final correspond plus à la ligne rédactionnelle de votre arbre sonore...
En somme, mis en exergue par un superbe artwork signé Pierre Thyss, vous retrouverez un mélange des genres assez représentatif, beaucoup d'artistes relativement nouveaux et quelques pointures évidentes, une sélection qui favorise l'originalité au classicisme mais qui met aussi en avant l'excellence de certains artistes au sommet de leur art. Bref, si vous avez raté le train, on vous propose une sélection apte à vous faire savourer dignement ce millésime 2013, sans ordre de préférence...
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Rip Laimbeer
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Libellés : 2013, a$ap ferg, azizi gibson, drake, espiiem, focus, grems, inc, james blake, kanye west, kid cudi, machinedrum, pusha t, quadron, rhye, rome fortune, sampha, stalley, the internet, travi$ scott
05/12/2013
[Focus] Robin Hannibal - De l'Ombre à la Lumière
Lui, qui cite autant Johnny Cash, Arthur Russel que Jay Dee comme ses principales influences, est un réel touche à tout doté d'un sens du groove ultime. Où comment mélanger avec modernité 50 ans de musiques noires américaines et de Pop classieuse. Avec, en prime, une recette simple mais irrésistible faite à base de refrains catchy et de mélodies gracieuses.
Tout commence véritablement en 2005, année durant laquelle il produit le premier album éponyme du collectif Boom Clap Bachelors, véritable nébuleuse scandinave autour de laquelle gravitent tous ses proches collaborateurs, de la chanteuse Coco au producteur/chanteur Ronni Vindahl. Condensé de musique post-Jay Dee entre Soul, Hip Hop et Pop, chanté à moitié en anglais et en danois, ce long format annonce déjà clairement la couleur d'une musique libre et avant-gardiste, ainsi que les velléités "popisantes" de son auteur. Il est ensuite aperçu sur la compilation du collectif danois Nobody Beats The Beats, grâce à laquelle il rencontre un certains Philip Owusu (lui aussi auteur d'un titre sur ladite compilation), avec qui il oeuvre sur ce qui restera probablement l'un des plus beaux albums des années 2000, "Living With" (Ubiquity, 2006). Précédé par un single inclassable et jouissif ("Delirium", Ubiquity, 2005), on retrouve sur cet album une musique home-made innovante aussi sensible qu'infiniment groovy, à la modernité sans faille, mélange parfait entre les accords serrés de Prince, la fatalité de Michael Jackson, la grâce de Stevie Wonder et la folie de Sa-Ra Creative Partners. Un vrai coup de maître, en somme. Owusu & Hannibal se font ainsi remarquer par les plus fines oreilles de la planète, notamment celles de Gilles Peterson, Morgan Geist (qui a œuvré sur un superbe remix du titre "Delirium") ou encore Trevor Jackson.
Il fait ensuite un passage à Berlin, où il enregistre l'album IOU, avec la chanteuse Caroline Ekström. Jamais sorti officiellement (ce qui reste assez incompréhensible), cet opus est pourtant une petite merveille mêlant influences 80's et 70's avec une classe folle et intemporelle. Et aurait mérité un bien meilleur sort. Toujours très confidentiel au Danemark, et même en Scandinavie, c'est à l'international que Hannibal va réellement faire son chemin. Notamment via l'omnipotente Redbull Music Academy, qui l'engage en tant que professeur durant plusieurs sessions (où il enregistre notamment des morceaux avec Hudson Mohawke, Julian Gomez ou B.Bravo, alors candidats).
Entre 2007 et 2009, alors qu'il se réinstalle au Danemark, il enregistre un autre album jamais paru, l'excellentissime "Sounds Of Chance" du trio Non + (qu'il forme avec ses amis Vindahl et Tuco), parfait melting pot Pop/Funk raffiné, qui aurait pourtant conquis les esprits et les ondes sans grande difficulté. Malgré ces quelques déceptions, il s’atèle sans sourciller à quelques productions pour le second album du collectif Boom Clap Bachelors (le magnifique "Kort For Dine Laeber", Music For Dreams, 2008) ainsi qu'à son projet Quadron, duo avec la pulpeuse et gracieuse Coco, qu'il annonce alors comme du Womack & Womack des années 2000. Leur premier titre, "Come You Can Go" (Compilation "New Worlds", Circulations, 2008), sonne comme l'un des plus beaux morceaux beat post-Jay Dee jamais entendu. Leur album éponyme, un temps sorti uniquement au Danemark en 2009 puis réédité quelques mois plus tard chez Plug Research, est quant à lui une leçon de Soul Music aux textes sensibles et à la production extrêmement soignée qui obtient aussi une belle reconnaissance.Grâce notamment à un parfait croisement entre sonorités old school et plus modernes. Il se lie ensuite à une autre Coco, la néo-zélandaise Coco Solid, pour le projet Parallel Dance Ensemble, où il laisse libre court à ses velléités discoïdes et remuantes, entre Disco, Freestyle et Funk, comme en témoignent les excellents EP's "Pizza Turtle Cadillac" (ISM, 2009) et "Possessions & Obsessions" (Permanent Vacation, 2011).
Toujours habitué à travailler pour des voix différentes de la sienne, il livre en 2010, alors qu'il navigue entre Copenhague et Los Angeles, son premier EP solo sous le nom de Bobby. Un temps sorti par le label japonais Circulations, puis réédité également par les californiens de Plug Research un an plus tard, cet opus audacieux dévoile une musique plus personnelle et inventive, mais toujours aussi accrocheuse et atypique, servie par sa voix, gracile et touchante, et un song-writting délicat .
Alors que ses productions gagnent toujours en richesse et en finesse, il s'installe par la suite à Los Angeles, ville qui semble être le lieu de toutes les rencontres pour lui. Outre le fait d'établir ses quartiers dans le mythique Paramount Studio (où enregistre la crème de la crème des musiciens américains), il enchaîne en effet depuis les projets et duo, notamment une rencontre de haut vole avec l'éminent Leon Ware ( mythique producteur de Marvin Gaye et Michael Jackson et auteur du classique "Musical Massage" en 1976). En résulte un EP sorti sur le label de Mathieu Schreyer, Quieres Chicle, "Orchids For The Sun", apologie de la Soul sensuelle et ensoleillée. Toujours sur ledit label, il fait équipe avec Orféo, troublant chanteur à la formation classique et à la voix angélique, pour un EP grisant, "S/T". Il rencontre également le lumineux duo The Internet le temps de quelques morceaux parus sur le Bonus EP de leur album "Purple Naked Ladies" et produit un irrésistible single pour Szjerdene ("Lead The Way", Plug Research, 2011), sans oublier de faire chanter sa petite amie de l'époque, la belle Louie, pour deux titres succulents ("Dirty Secrets" et "Female Sensitivity") l'an passé. Et, enfin, crée le duo Rhye en compagnie du fascinant et vibrant chanteur Milosh, à la voix androgyne et prodigieuse, pour un premier EP, "Open", chez Innovative Leisure.
"J'aime les chansons à la fois bien écrites et bien produites. Il y a énormément de possibilités quand tu veux composer un morceau, mais c'est cet équilibre entre les deux qui m'inspire le plus et qui est le plus important à mon sens. Quelque soit le style de musique."
2013 est quant à elle une année extrêmement chargée pour l'exigeant néo-californien, et pour l'heure le point culminent de sa jeune mais remarquable carrière. Il s'est ainsi permis le luxe de produire deux des plus beaux albums que l'on ait pu entendre en 12 mois; "Avalanche", de Quadron, et "Woman" de Rhye. Pépites de Pop/Soul sophistiquée et envoûtante, ces deux opus reflètent toute l'évolution du producteur, qui déclare à ce sujet; "Ces deux albums sont assez différents, car je m'adapte toujours à la voix du chanteur ou de la chanteuse avec qui je travaille. Ils se rejoignent cependant dans le sens où j'ai voulu y inclure plus de musicalité et des arrangements plus complexes et avancés, en me préoccupant moins de la programmation. Même si je n'aime pas forcément les productions trop riches et démonstratives. J'ai donc également cherché une simplicité et une légèreté musicale qui me tient à cœur. D'autant plus que je les ai enregistré avec les mêmes musiciens." Avec, à la clé, une reconnaissance et un engouement médiatique bien mérités. Il sort également dans la foulé, l'air de rien, deux sublimes singles chez Quieres Chicle, "More Than Just a Friend" (titre à l'origine présent sur une compilation de la RBMA sous le nom de "Rocking All Night" parue 2010) en et surtout "Tame The Shrew". Ce qui n'arrête en rien sa productivité, car même si on ne sait pas encore de quoi son avenir sera fait, le principal intéressé nous dit en souriant; "Ces derniers mois, j'ai travaillé avec une tonne d'artistes différents pour des projets qui devraient voir le jour rapidement. Mais pour ne pas porter la poisse, je ne citerais pas de nom".
Outre le fait d’apparaître clairement comme l'un des meilleurs producteurs de sa génération et accessoirement comme l'homme de cette année 2013, il est le parfait exemple du talent brut passant de la production faite-maison aux plus prestigieux studios américains. Hannibal est ainsi l’archétype de l'artiste moderne, ouvert et sans limite, s'émancipant de tout carcan. Un temps mésestimé puis finalement adulé. De l'ombre à la lumière.
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Libellés : boom clap bachelors, focus, iou, non+, onelight, owusu hannibal, parallel dance ensemble, pierre thyss, quadron, rhye, robin hannibal
23/10/2013
[Focus] Jimmy Edgar, Mad Kid Mad City
Pourquoi Jimmy Edgar est-il l'un des plus grands artistes de la musique électronique contemporaine? Héritier de Kraftwerk, Prince et Aphex Twin. Enfant de Detroit, du Funk, de la Techno et du R'n'B. Continuité de la Motown, Dance Mania et Underground Resistance. Personnalité hautement spirituelle et déroutante. Ultra proflique. Technologique et Sexy. Jimmy Edgar, c'est tout ça...
Depuis ses débuts sur le label Warp, celui que l'on a eu la chance d'interviewer en 2010 ne cesse de nous fasciner. A l'heure où il crée son propre label, Ultramajic, il nous parait d'autant plus nécessaire de retracer dans les grandes lignes le parcours de celui qui n'a pas son pareil pour délivrer une musique cosmico-érotico-robotique tirée d'une B.O d'un film de Paul Verhoeven. Avec, pour l'occasion, un visuel signé par le très talentueux Pierre Thyss. Ainsi qu'un mix spécial conçu par mes soins, accès sur les diverses facettes de sa musique (en écoute plus bas). Une démarche de focus que nous ferons dorénavant plus souvent.
Influencé principalement, comme il le dit lui même, par la Techno de la Motor City, de Juan Atkins à Derrick May en passant bien évidemment par Carl Craig, Edgar est toujours à mi-chemin entre ladite musique technologique dans toutes ses largeurs et des sonorités plus funky et délurées. Avec une spiritualité intense, tout son travail étant inspiré par diverses visions cosmiques, comme en atteste son premier album schizophrénique "Kristuit Salu Vs. Morris Nightingale", sorti en 2002 (alors qu'il n'a même pas encore vingt ans), réunissant deux de ses alias de l'époque (l'autre étant Michaux), et signé sur le défunt label de Miami Merck (où il rencontre son alter-égo Travis Stewart alias Machinedrum). Un condensé d'Electronica glitchée et expérimentale assistée par ordinateur qui l'amène à être repéré rapidement par l'éminent label de Sheffield, meilleur tête chercheuse de ses vingt dernières années, cela dit en passant. S'en suivent deux EP's en 2004 et 2005, "Access Rhytm" et surtout l'immense "Bounce Make Model", mélange toujours inégalé entre Prefuse 73 sous acide, Timbaland et Squarepusher. Avec, en tête, l'obsédant "I Wanna Be Your STD" (sélectionné pour les 20 ans de Warp comme un des dix meilleurs morceaux publié par le label). Et un album en 2006, "Color Strip", manifeste personnel Pop et futuriste se permettant presque toutes les audaces, de la House à l'Electronica, mais resté assez incompris.
Ces trois sorties affirment également les obsessions visuelles du jeune homme au look androgyne et crépusculaire, qui signe lui même la plupart de ses pochettes et photos de presse, entre autres travaux photographiques à l'esthétique lynchienne qu'il réalise alors pour diverses revues de modes (le cinéaste américain étant une de ses autres influences majeures). Lui qui reste cet enfant du Michigan traumatisé par le personnage mystérieux et sexuellement troublant de Audrey Horne dans Twin Peaks.
Annoncé à l'époque comme le futur petit génie de sa génération, il passe ceci dit l'autre moitié des années 2000 hors des radars, après son départ de Warp pour cause de divergences artistiques. Il alterne ainsi side-projects souvent (très) inspirés, comme le funky et robotique Her Bad Habit ("I Don't Know (What You're Doing To Me))", 2008, Citinite), les plus sombres Noir Friction et Creepy Autograph ou encore X District ("Color Correction", 2007, Playhouse). Il effectue également des morceaux singuliers et quelques remix, mais pas toujours du meilleur goût (comme cet affligeant rework de Michael Jackson qu'on préfère oublier).
Fervent amateur de synthétiseurs, modular et autres sonorités analogiques, dont il possède une jolie collection (voir son interview pour KOMA Elektronik), il fait son retour en grâce via le LP "XXX", sorti en 2010 chez !K7. Riche en vocaux susurrés et en nappes de synthétiseur sentant bon la sueur, ce dernier est un sommet de musiques lubriques et technologiques inspiré par les tensions sexuelles (à l'image du single "Hot Raw Sex"). Et qui (ré)affirme au passage son affection pour le R'n'B (on y entend pour la première fois une certaine Azealia Banks, désormais en roue libre). L'album renoue ainsi avec toute la maestria du presque trentenaire désormais installé à Berlin. Un détachement à sa ville natale qui n’entame en rien son art, et qui semble même être un nouveau départ. Il produit également en amont quelques morceaux pour le crooner Theophilus London sur son EP "This Charming Man" en 2009. Passée assez inaperçue, cette réunion hautement pertinente s'avère pourtant très efficace mais jamais rééditée pour l'heure, hélas, surtout quand on connait la suite de la carrière du new-yorkais, plus terne et relativement putassière. Le potentiel tubesque des productions de Jimmy étant évidente, son désir de travailler avec des artistes de haut rangs du type Ciara ou Cassie n'est pas un mystère non plus, pour lui qui a grandi avec les clips R'n'B de MTV dans les années 90.
Ce batteur et pianiste d'origine (douze ans de pratique) signe également en parallèle quelques EP's de choix et plus orientés binaire, comme celui sorti sur Glass Table, "Hush", merveille absolue de Techno lente et outrageusement sexuée. On notera aussi des collaborations avortées, comme celle avec le magicien de la 808 Egyptian Lover, une autre de ses influences majeures, n'en ressortent malheureusement que trois morceaux épiques diffusés sur le tas via Soundcloud.
En pleine lancée, l'an passé, "Majenta" (2012, Hotflush), et sa pochette en hommage à Stanislaw Fernandes (artiste responsable d'artworks pour le groupe de Funk Enchantement ou le magazine scientifique Omni) synthétise merveilleusement toute l'étendue de ses talents, et comprends quelques grands morceaux électroniques, comme l'épique "In Deep" , le troublant "Heartkey" ou le single post-princien "This One Is For The Chuldren". Il apparaît également aux côtés de la chanteuse Emika, le temps d'un superbe morceau de Pop/Funk sadomasochiste ("Hit Me", 2012, Ninja Tune). Sa proximité avec le new-yorkais Machinedrum fait également des merveilles. Leur projet commun, JETS, marque la quintessence de leur créativité. Avec un EP signé chez Leisure System et un mix épique pour le magazine FACT. Les deux complices arrivent en effet à mixer toutes leurs influences respectives pour un résultat merveilleusement bien senti et en avance sur son temps, forcément.
2013 est, pour l'heure, une année très chargée pour le néo Berlinois, qui signe de nombreux remix, domaine où il excelle plus que jamais. Notons, par exemple celui réalisé pour le duo Letherette ("Restless", Ninja Tune), dont l'absolue et jouissive modernité illustre parfaitement toute la maestria de ce golden boy touche-à-tout. Ou celui pour Skream ("Rollercoaster", Ammunition), implacable relecture vocodée et riche en basse. Ou bien encore "Interacial Booty Call" de Jesse Perez, remanié à la manière d'un DJ Deeon surexcité. Enfin, son propre label, Ultramajic, crée il y a quelques mois, fortement orienté Techno et à l'esthétique ésotérique, est ainsi un juste retour à ses premiers amours. Les premières sorties, dantesques et terriblement musclées, de Aden ( l’énorme"Whip") et Jimmy himself (avec l'imparable dancefloor anthem"Strike"), et celles, promises, de Machinedrum, nous font déjà transpirer comme jamais.
Fort d'une réputation scénique hyper solide et inaltérable, autant en DJ Set (son dernier passage enregistré lors d'une Boiler Room à Montréal est assez démentiel) qu'en Live (muni de synthétiseurs et autre talk-box), le kid de Detroit délivre systématiquement des sets extrêmement puissants et atypiques capables d’ensorceler les foules partout autour du globe. Résumant raisonnablement 20 ans de Dance Music bigarrée, de la noirceur de Dopplereffekt au groove fou de Parliament.
Insaisissable et unique, affinant son art de plus en plus (parfaite synthèse entre le digital et l'analogique), Edgar semble continuer son chemin de la meilleur des manières possibles. A l'heure où cet artiste complet loue les vertus de la méditation en évaluant la portée chamanique de son travail de DJ (propos d'une grande lucidité), et où les grands médias préfèrent encenser des artistes fluets et dénués de talents, son oeuvre, encore naissante mais déjà bien fournie, mérite donc les unes les plus unanimes. Au delà de notre théorie initiale sur le génie de cet artiste, n'est-ce pas, finalement, le sort le plus logique de toutes musiques dites underground d'être un temps oubliées mais finalement adulées? Lentement mais surement...
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04/02/2013
[News] Toujours dirty...
Les années passent et l'entité Slum Village continue d'exister, bon an mal an, malgré les décès et les scissions... C'est donc avec un sourcil levé de circonspection que nous accueillons ce "Dirty Slums 2", toujours mixé par Mick Boogie, qui permettra aux irréductibles fans du plus légendaire groupe de Detroit de se reprendre une dose.Au delà du fantôme de SV, c'est bien de la scène (étendue) de Detroit dont il s'agit ici, tant les invités locaux (Guilty Simpson, Fat Ray, Clear Soul Forces) et les amis d'ailleurs (Rapper Big Pooh, Focus, Joe Scudda) sont présents. Alors, certes le flow toujours affuté de T3 fait plaisir à entendre, Illa J semble enfin avoir upgradé sa technique, Young RJ fait le boulot et on peut même entendre avec un immense plaisir feu Baatin dès le premier track, mais l'absence du génial Elzhi laisse considérablement à désirer, quoiqu'on en dise.
Bref, une sortie à se procurer pour tous les fans du son de la Motor City, mais rien qui n'inverse le déclin global de cette scène...
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07/01/2013
[Focus] 2013 et ses espérances...
Haleek Maul
Le jeune MC dans le vent a tout d’abord fait très fort avec son "Oxyconteen", ce qui ne l’a pas empêché de revenir plus tard dans l’année avec le duo de producteur Supreme Cuts. Un brin Odd Future, un brin Cloud Rap, un jeune dans le vent qu'il ne faut pas perdre du regard!
Matthias Zimmermann (Sound Pellegrino)
Auteur de quelques EP's aussi excitants qu'atypiques, le producteur allemand prépare son premier album chez Sound Pellegrino. Génie à l'horizon.
Dominic Lord (Dominic Lord Recordings)
Ex-A$AP Dom et agé même pas de la vingtaine, le jeune MC sait clairement ce qu'il veut comme il l'a démontré avec son "Fashion Show" en s'entourant de noms tels que Hudson Mohawke, Chad Hugo ou encore Pusha T. Gros potentiel.
Children of the Night
Aux cotés de Flatbush Zombies ou The Underachievers, NY semble reprendre gout aux groupes avec plusiers MC's. Après des années de galère, on y va mollo en proposant un Hip Hop bien comme il faut, dans la tradition mais avec une certaine fraîcheur, ce qui est déjà très bien. À suivre...
Noble Espiiem
Seul représentant du Rap Français dans cette sélection, le lyriciste parisien a tous les atouts pour devenir un très grand: flow incroyable, lyrics de grande classe, charisme indéniable et excellents choix artistiques. Après l'expérience The Hop et le très bon "L’Été à Paris", on attend énormément de lui.
Cashmere Cat (Pelican Fly)
Un jeune norvégien au talent évident. Entre l'euphorique son de Glasgow et le sens de l'épure scandinave. Foutrement excitant.
Travi$ Scott (G.O.O.D. Music)
Natif de Houston et mis en lumière sur "Cruel Summer", le jeune MC et beatmaker a des allures de futur Kanye, même si son "Owl Pharaoh" prévu en 2012 n'est toujours pas sorti. Quoiqu'il en soit, l’intéressé a tout de même sorti quelques tracks définissant n univers pour le moins intriguant. Futur star?
Rhye (Innovative Leisure)
Nouveau duo du toujours génial Robin Hannibal, Rhye nous a réellement impressionné en l'espace d'un EP et d'un single qui touchent au sublime. L'album est à venir pour Février... Frissons.
Deniro Farrar
Trois projets cette année, dont son “DESTINY. altered” qui nous a permis de découvrir le producteur Ryan Hemsworth, son association avec Shady Blaze et un projet avec Blue Sky Black Death en prime. À garder en ligne de mire!
Inc. (4AD)
Véritable orfèvre et auteur d'une Soul blanche ultra moderne et entraînante, le duo Inc. devrait mettre tout le monde d'accord avec un premier album prévu pour Février.
SpaceGhostPurrp
Malgré son lot de news foireuses, on constate que le RVIDXR KLVN (avec notament Key Nyata ou Etherlwulf) a plutôt bien su faire du bruit avec leur son rendant hommage à l’age d’or South/West.
Jaye
Lui aussi bien parti avec un "Fiat Lvx" très convaincant, le natif de Chicago va devoir se faire sa place dans un secteur qui s'est très vite rempli et où la concurrence est féroce. Mais il a le talent pour marquer les esprits.
Bonnie Banane (Weirdata)
Après un premier EP terriblement sexy et fascinant, la nouvelle muse de notre ami Walter Mecca, avec qui elle prépare donc un album, devrait nous secouer les sens bien comme il faut.
Joey Bada$$ (Cinematic Music Group)
Le p'tit jeune que tout le monde aime encenser. Un rap retro bien fichu et un crew, Pro Era, prêt à prendre son envol en 2013.
Asaad
Originaire de Philadelphie et affilié au Re-Up Gang de Pusha T, le MC a marqué les oreilles avec son "#Troy EP", qui ne demande qu'à être suivi d'un nouveau projet ambitieux!
Et voilà, une petite liste non-exhaustive pour ne pas paraître totalement largué en cette année à venir. Vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous en a pas parlé! Meilleurs voeux...
Article Rédigé et Publié par
Rip Laimbeer
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Libellés : asaad, bonnie banane, cashmere cat, children of the night, deniro farrar, dominic lord, focus, haleek maul, inc, jaye, joey badass, matthias zimmermann, noble espiiem, rhye, spaceghostpurrp, travi$ scott
30/12/2012
[Focus] Les opus de 2012 par El Cabrown
Ab-Soul "Control System" (TDE)
Le Black Hippy, avec un monumental “Therrorist Threat” en compagnie d’un Danny Brown au sommet de son art, un album fou, politique et qui contient les tous meilleurs combos Rap/R&B de l’année.
C-Plus x Lee Bannon "Young Champions"
Un MC et un producteur, sans featuring pour un projet d’une efficacité redoutable...
Captain Murphy "Duality"
En parallèle de la sortie de son "Until The Quiet Comes", Flying Lotus fait le buzz avec son alter ego digne de Quasimoto. En bout de chemin, on retrouve une tape plutôt ahurissante....
Clear Soul Forces “Detroit Revolution(s)”
Après quelques années de présentation, le quatuor de Detroit nous livre un condensé Hip Hop qui confirme tout le talent du groupe.

Killer Mike “R.A.P. Music” (Adult Swim)
Ses clips déjantés, son poids politique et cette envergure sonore, bien évidemment accompagné de El-P à la production, qui a d'ailleurs livré un "Cancer 4 Cure" de très bonne facture également...
Heems "Nehru Jacket"
Avec deux tapes de bonnes factures dont celle-ci, et une ribambelle de featurings, Himanshu s’est définitivement installé dans la liste des MC's qui tournent bien... R.I.P. Das Racist!
Ka "Grief Pedigree"
Avec Roc Marciano, les gros représentants du rap street made in NY. Un rap sobre, des clips noir & blanc, cet opusest l'un des indispensables de 2012.

Kendrick Lamar “Good Kid m.A.A.d City” (Interscope/TDE)
l’année de la consécration pour le nouveau phénomène rap US avec un “good Kid m.A.A.d city” qui se permet de faire très peu de concession aux requis mainstream.
Oddisee "People Hear What They See" (Mello Music Group)
Représentant la force vive du Hip Hop sans fioritures qui nous procure le sentiment d'être bien dans ses baskets à chaque sortie et notamment sur cet excellent projet un brin crossover.
Schoolboy Q "Habits & Contradictions" (TDE)
Surement l'une des plus grosses progressions. Un peu à la traîne lors de l’éclosion du crew TDE, il y a deux ans, Schoolboy Q a su se réinventer. Le fait de "succomber" à la tentation du beat dark aura fait de son projet l'un des albums les plus kiffants de l’année.
Mentions spéciales au EP de H.I.S.D. "The Hue A.D.", et aux Hawthorne Headhunters pour "Myriad of Now".
Une année où finalement tout le monde a pu y trouver son compte. Quelques interrogations quand à la pertinence à long terme de la vague rap vintage et de grosses questions quand à l'érosion ou la stagnation de pas mal d'artistes qui semblaient promis à de plus grandes choses : Blu , Pac Div, Curren$y, Dom Kennedy... Il semblerait que l'on peut se faire connaitre sans structure mais qu'une structure à la TDE (ces producteurs maisons, son Ali...) soit quand même requise si on veut réellement s'installer et perdurer. 2012 aura ainsi été l'année où la perte des labels s'est fait le plus sentir...
Article Rédigé et Publié par
Rip Laimbeer
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