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29/12/2010

[Chronique] Ghostface Killah - Apollo Kids (2010)

Genre: Hip Hop
Label: Def Jam
Date de sortie: 21 Décembre 2010
Production: Pete Rock, Jake One, Frank Dukes, Scram Jones, Shroom, Yakub, Chino Maurice, Sean C & LV,  Big Mizza, Anthony Acid.
Featurings: Busta Rhymes, Killah Priest, GZA, Cappadonna, Trife Diesel, Joell Ortiz, The Game, Black Thought, Jim Jones, Sheek Louch, Raekwon, U-God, Redman, Method Man, Shawn Wiggs, Sun God.



Si ce n'est pas un scoop que de dire du vénérable Wu-Tang Clan qu'il est en déclin depuis plusieurs années, il est encore moins audacieux d'avancer que Ghostface Killah en est le seul membre à encore tenir l'étendard avec fierté, exception faîte du dernier album de Raekwon. Ainsi, une fois encore, le MC à la face de fantôme rapplique avec un album solide qui saura faire se remuer les nuques même récalcitrantes avec un Hip Hop puissant aux saveurs résolument rétro et tout à fait en adéquation avec son univers.

"Apollo Kids" est simplement et sûrement l'album désiré par tout fan du Iron Man, qui n'a sans doute pas été autant en forme depuis son glorieux "Fishscale". Et si la liste des producteurs ne fait pas bander outre-mesure, il n'en reste pas moins que Ghostface dispose ici de beats regorgeant de Soul poussiéreuse à souhait aptes à lui offrir le meilleur écrin possible! "2getha Baby" en est le meilleur exemple avec son sample addictif de The Intruders collant à merveille au flow acéré du MC, nous rapellant les grandes heures du Clan. A ce titre, "Troublemakers" (où Raekwon, Method Man et Redman viennent croiser le fer sur un beat de Jake One) ou encore "Ghetto" (feat. Raekwon, Cappadonna et U-God) devraient aussi ravir les fans de la première heure sans aucun problème!

Ghostface Killah fait partie de ces MC's qui n'hésitent pas à se frotter aux meilleurs, et cet album ne déroge pas à la règle, puisque le guerrier Shaolin convie Busta Rhymes sur l'excellent "Superstar" et son sample de Roy Ayers, mais aussi Joell Ortiz et The Game sur le plus posé "Drama" ou encore l'excellent Black Thought sur l'énorme "In Tha Park", impeccable banger guerrier et conquérant qui s'avère l'une des pièces maîtresses de ce disque. On citera aussi le prenant "Street Bullies" avec notamment Sheek Louch ou encore le solo "How You Like Me Baby" doté d'une prod' signée Pete Rock pas forcément des plus fines mais qui convient à l'ambiance générale...

En résumé, l'ami Tony Starks nous offre là un album furieusement complet et réussi où il étalé son storytelling et sa criminologie avec l'éclat qu'on lui a toujours connu, perpétuant ainsi la tradition de son Clan. "Apollo Kids" arrive tard mais sera néanmoins l'un des albums purement Hip Hop de l'année 2010, le plaisir immédiat et un brin nostalgique qui procure n'y étant pas pour rien...

16/11/2010

[News] Physique d'Apollon

Le meilleur soliste du Wu-Tang Clan, j'ai nommé l'inimitable Ghostface Killah, ne laissera pas cette année 2010 se dérouler sans lui. En effet, Tony Starks compte sortir un nouvel opus, "Apollo Kids", le 14 Décembre prochain et a déjà mis le feu aux poudres avec un premier single de haut vol, "Together Baby".

Sur le LP a proprement parler, outre les évidents GZA, Killah Priest, Method Man, Cappadonna, Raekwon et autre U-God, nous retrouverons quelques poids lourds tels Redman, Busta Rhymes, Joell Ortiz, The Game, Black Thought, Jim Jones, Sheek Louch ou encore Fabolous. Bref, ça sent la testostérone à plein nez, et on en redemande!

18/09/2009

[Chronique] M.O.P. - The Foundation (2009)

Genre: Hip Hop New-Yorkais
Label: G-Unit
Date de sortie: Septembre 2009
Productions: DJ Premier, Nottz, Fizzy Womack, DR Period, DJ Green Lantern, M-Phazes, Statik Selektah, Taylor Made, Ron G.
Featurings: Termanology, Styles P, Redman, Rell, Demarco.

Il est agréable de constater qu'en cette période où la musique en général, et le Hip Hop en particulier ne cesse de muter et d'évoluer (bien souvent pour notre plus grand plaisir), certaines constantes restent à l'épreuve du temps. Et c'est ainsi qu'après une longue traversée dans le gouffre de l'underground (concrètement, depuis le tonitruant et classique "Warriorz"), le duo de mastards issu de Brownsville fait son retour en fanfare avec "The Foundation" conquérant à souhait. Point de surprise dans cet opus qui sent la poudre, mais une certaine recette efficace et éprouvée qui ravira les fans en quête de tracks guerriers.

Les deux premiers morceaux, "I'm A Brownsvillian" (excellent beat du trop rare Nottz) et "Blow The Horns" résument à eux seuls ce qu'est et a toujours été l'entité M.O.P., à savoir deux MC's dotés d'une énérgie monstrueuse, doublée d'une complémentarité exemplaire et d'un sens de l'efficacité immédiate. Qui aujourd'hui peut décemment tester leur puissance vocale et leur talent rare de pouvoir kicker un beat banal et d'en faire un banger puant le bitume et la bierre bon marché? C'est somme toute, d'ailleurs, ce qui va se passer tout au long de ce "Foundation", à quelques exceptions près...

Le duo New-Yorkais n'a plus la côte d'antan, et n'a plus forcément accès à ce qu'on pourrait désigner comme le haut du panier des beatmakers actuels. Malgré tout, le fidèle DJ Premier est bien présent pour un track en demi-mesure "What I Wanna Be" (featuring le dispensable Rell), on retrouve aussi le DJ Statik Selektah pour deux tracks, le très bon "Crazy" squatté par le tout aussi bon Termanology, et le moins mémorable "Forever & Always". M-Phazes vient aussi fournir le duo en munition avec un "Foundation" éponyme et théatral, mais clairement daté dans son intention. On n'oubliera pas de citer DR Period, responsable de deux tracks, à savoir le carnassier "Sharks In The Water" et le plus moyen "Salute AG".

Fizzy Womack, alias de Lil Fame lorsqu'il passe de l'autre côté de la MPC, offre tout de même à Billy Danz et lui-même de quoi sustenter leur appétit féroce de bouffeurs de mics. On retiendra notamment le très Primo-esque "Stop Pushin", qui n'aurait pas dépareillé sur "Warriorz", ou encore le donc très belliqueux "Blow The Horns" et le plutôt foireux "Street Life" (on en reparle plus tard...).

En termes de featurings, les deux guerilleros ont fait appel à des mercenaires à même d'assurer la même intensité. J'en veut pour preuve la présence du toujours remuant Redman sur le funky mais banal "Riding Through", du dangereux Styles P sur le bien nommé "Bang Time" (beat de DJ Green Lantern) ou encore de Termanology comme vu plus haut. On citera aussi avec dépit le méconnu (et on n'a pas envie que ça change) Demarco, responsable d'un cover de "Streetlife" à l'autotune à jeter aux oubliettes.

En somme, c'est album est un réel condensé de ce qu'on peut attendre d'un groupe tel que M.O.P. aujourd'hui. Un minimum syndical qui touche néanmoins son but grâce à l'archi-présence vocale des MC's, mais qui pêche totalement au niveau de la direction artistique. On applique un recette éprouvée sans prendre de risques, ce qui est dommageable, mais il y a fort à parier que la plupart des aficionados du Mash Out Posse y trouve leur comptant de cacahouètes.