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12/02/2009

[Chronique] D3CCPT - The Movement LP (2009)

Genre: Hip Hop décomplexé
Label: Cubeform
Date de sortie: 16 Février 2009
Production: Tayreeb, Kap10 Zebon, Fulgeance, Barrio Masta, Everydayz, Siroj (Slum Gullion), Pursuit Grooves, Green.
Featurings: Guilty Simpson, Black Milk, Sly Johnson, Dal-Gren, Arken, Offmike.

Faire la chronique d'un groupe que l'on met en avant depuis plus d'un an n'est pas chose aisée et remettre notre objectivité en doute serait légitime pour tout lecteur parcourant ces lignes. Néanmoins, si nous avons parlé à de nombreuses reprises de D3CCPT, c'est bel et bien parce que l'on est convaincu de leur talent et non par copinage. Qui plus est, notre exigeance en terme d'écoute n'est plus à remettre en cause. Ceci étant dit, attelons-nous à l'analyse de "The Movement" qui a su pour le moins se faire attendre...

En effet, la sortie de cet album intervient plus d'un an après celle du maxi "Psycho" qui avait créé une certaine attente (ce dernier avait déjà été précédé d'une mixtape de fort bon aloi en Novembre 2007). Et suite à de nombreuses annonces et teasers, c'est avec un réel plaisir que nous accueillons enfn cet opus qui, ne faisons point de suspense, s'avère très lourd. Les trois vétérans du rap français (mais bien souvent dans l'ombre) que sont Kwame, Vestat et Gea nous ont concocté une oeuvre dense, puissante et plus versatile que ce à quoi nous aurions pu nous attendre.

Evidemment, la spécialité du crew D3 reste les bangers, indubitablement. Le démantelement en règle de cervicales est la profession de foi de ces messieurs, en attestent l'énorme et guerrier "We Keep It On" signé Kap10 Zebon (où Black Milk himself vient croiser le mic avec les français), le donc déjà connu "Psycho", lourd et dangereux comme son invité Guilty Simpson ou encore la déflagration sonore qu'est "Hot Shit", egotrip bodybuildé et electronisant visité par l'iconoclaste Dal-Gren et produit par le méconnu et surprenant Everydayz (jeune lyonnais à suivre!). Et quitte à aller dans l'electro, les MC's n'ont pas froid aux yeux et s'y frottent carrément en posant sur l'explosif "Absolut Belta" signé Fulgeance avec une aisance déconcertante, le tout en anglais.

Mais définir notre trio aux seuls bangers serait une erreur. En effet, nos hommes nous prennent par surprise avec l'un des joyaux de l'albums, "U & I", track soulful, amoureux et mature produit d'une main de maître par le hollandais Siroj (du trio Slum Gullion) et magnifié par le bien trop rare Sly Johnson (anciennement The Mic Buddah du Saïan Supa Crew) qui pose un refrain que n'a rien à envier à un Bilal. A noter aussi le très aérien et lumineux "Elevation" où D3CCPT accompagné d'Arken viennent nous parler de leur spiritualité dans une ambiance intimiste sur un beat très réussi de Barrio Masta. Sur ces deux tracks, on ressent bien que les rappeurs ne sont pas des gamins mais bien des hommes avec un réel vécu et des émotions à partager.

On pourra finalement noter la capacité du groupe à donner dans les vibes moins sombres et/ou sérieuses à l'image du "Sa-Ra-esque" "Feel Tha Funk", de l'excellent et salace interlude "I Ain't Shit", ou du morceau-titre "The Movement" carrément positif et un brin old-school dans la forme, impression renforcée par les flows, le beat de la brooklynite Pursuit Grooves et les cuts incisifs de DJ Skeezo. Seul bémol, le groupe ne parvient parfois pas à éviter une légère redite dans les couleurs sonores ("Control", "Galaxy", Pressure"), mais celà ne gêne en rien le plaisir d'écoute. En sus, nous pourrons remarquer que Tayreeb ne cesse de s'installer comme l'un des tous meilleurs sur le sol français et même ailleurs, le beatmaker chevelu pondant pas moins de cinq solides compositions.

Mais ce qui fait aussi la force de ce projet, ce sont bien les MC's. La trinité affichant une totale complémentarité et versatilité au fil des tracks. Kwame est le ciment du projet, solide dans la forme et le fond, adaptant son flow technique aux beats, aussi bien en français qu'en anglais. Gea, lui, est le véritable fou sur l'échiquier, l'ego gonflé à bloc, le flow nonchalant et arrogant nous rappelant par fois Ill des X-Men. Enfin, Vestat est le col-bleu et la plume du groupe, doté d'un sens de la formule sans faille et d'un débit incisif, il apporte son expérience et un certain crédit old-school, l'homme ayant marqué l'histoire de l'underground français avec son groupe Basic il y a de ça plus de dix ans maintenant. Bref, on tient là un big three comme il en manque dans le rap français.

Car, oui, après écoute, on en vient à oublier que cet album est un album de rap français, tant il fait "tache" dans le décor morose offert par le hip hop hexagonal depuis déjà de trop nombreuses années. C'est bien simple, "The Movement" est un album comme on en a rarement entendu depuis l'émergence de Time Bomb ou le premier LP d'Afro Jazz il y a de ça plus d'une décennie, c'est à dire sans complexe et hors des carcans imposés par les différentes écoles tricolores. Gageons tout de même que l'album, qui est, vous l'aurez compris, une tuerie, trouvera malheureusement plus de résonnances hors de nos frontières qu'à l'intérieur, comme ce fut le cas pour les maxis. Allez comprendre...

1 commentaire:

Pierre Richard a dit…

le peu que j'ai pu ecouté,j ai ultra kiffé! comme vous dites c'est bien dommage que le marché en france soit si niquée.