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09/03/2012

[Clip] Jeunes baigneurs

On vous l'a dit, "Sofa Musique" du trio Djunz est un grand album de rap français. Greg Frite, Rimcash et Didaï nous en donnent la preuve avec l'excellent et aquatique "Sofa", véritable perle des fonds marins. Enjoy!

05/03/2012

[Chronique] Djunz - Sofa Musique (2012)

Genre: Rap en français
Date de sortie: 27 Février 2012
Label: /
Productions: Didaï
Featurings: Grems, Kussay, Nemir, Nekfeu, Alpha Wann, Meksa, Moudjad, Kohndo, Weedy, Aélpéacha, Joy Thomas.

Après deux EP gratuits et surtout solides, portant fièrement l'étendard d'un rap en français héritier d'un certain son estampillé West Coast et d'un gouaille très hexagonale, l'éclectique trio composé de Greg Frite (Triptik), Rimcash et Didaï nous revient avec "Sofa Musique", soit le contenu des deux EPs sus-nommés enrobé de nouveaux tracks moelleux comme jamais.

Si nous ne nous attarderons pas outre-mesure ici sur les titres déjà connus, signalons tout de même la présence de featurings de renoms, soit le bouillant Grems, l'aiguisé Nemir et le bluesy Kussay pour "À Nous Les Manettes", véritable fer de lance de l'innombrable crew La Fronce. Quelques rookies donnent aussi de la rime, en la personne de Nekfeu, Alpha Wann ou encore Meksa. On notera avec un plaisir non feint la présence de vétérans remarquables sur les inédits, comme Kohndo et Moudjad, techniques à souhait, sur le rythmé et fracassant "Pendules À L'Heure" mais aussi les trop rares Weedy (Expression Direkt) et Aélpéacha (l'un des papes du son West en France) venant briller sur le laidback et groovy "Shlic", véritable réussite de l'album.

Dans le même esprit, il est difficile de ne pas mentionner l'imparable track introductif qu'est "Sofa", joyau lancinant et scintillant où les trois larrons élèvent clairement la barre très haut, musicalement et vocalement. Le ton est donné, les Fronçais ne se donnent pas de limite véritable et exploitent leurs qualités au service de l'auditeur. Comme à son habitude, Greg Frite éclabousse de son charisme chaque track, continuant d'explorer ce flow chanté qui fait désormais sa marque de fabrique et épouse chaque mélodie avec un savoir-faire rare. Rimcash, quand à lui, est moins musical, mais amène cette touche très cartésienne et sentant le bitume qui assoit le tout et assure un certain équilibre.

Enfin, Didaï est lui la véritable révélation de cet opus. En effet, le MC/Beatmaker offre un panel de beats sans équivalent véritable dans le pays et sait recycler ses influences West pour créer un son actuel, jamais désuet et surtout très efficace. Mais il ne faut point oublier les qualités vocales du bonhomme qui, bien que sous-estimé, fait ici preuve d'une réelle aisance et musicalité, certes loin des techniques à la mode, mais réellement agréable à l'écoute.

En bref, Djunz présente une identité bien à eux (chose rare!), un album solide dont aucun track ne semble réellement être de trop et qui ne singe pas les sonorités du moment tout en évoquant des thématiques simples et fédératrices (entre egotrip et storytelling). On regrettera tout de même l'absence du hit "Ce Que Veulent Les Jeunes", mais ce serait faire la fine bouche, tant le disque regorge de bangers. Être Djunz, c'est un état d'esprit...

10/11/2011

[News] Feuille morte

Déjà cité dans nos lignes comme groupe à suivre, Set&Match pointe le bout de son nez avec un EP 7 titres et gratuit qui sort aujourd'hui, intitulé "SetAutomne". Il suffit de vous rendre sur le site officiel du groupe, et d'y laisser votre adresse mail pour l'obtenir, rien de plus simple!

Au programme, des sons dans l'air du temps, efficaces et remuants, des égotrips et thèmes légers dans lesquels Bunk, Spaaz, Jiddy et Faktiss évoluent avec aisance et fraîcheur. Rayon invités, on croisera Rimcash, collègue de La Fronce, les frangins de Toulouse Dadoo (KDD) et Billy Bats, ainsi que d'autres nouvelles têtes, Alpha Wann et Joke, sur le bien nommé "Jeune Freestyle".

Citons aussi les beatmakers mis à contribution, puisqu'on retrouve l'ami Everydayz, UM, Didaï, Nightdrugs, Bunk lui-même, ainsi que des faces B de Hudson Mohawke et NewBoyz... Bref, il ne vous reste plus qu'à goûter à l'Automne Montpelliérain...

24/09/2011

[Clip] Joysticks

Quand DjunZ, soit Greg Frite, Rimcash & Didaï, invitent le chaotique Grems, le tranchant Nemir et le bluesy Kussay, ça donne le track "À Nous Les Manettes", sympathiquement clippé ici. Enjoy!


23/06/2011

[News] 2 of Paname Most Wanted

À peine essoufflés par l'aventure DjunZ, les infatigables Rimcash & Didaï reviennent donc avec la suite de leur premier EP, "MothaFuckaMook Vol.02", ici sous-titré "Adieu Paname". Ici, le style musical est plus marqué et moins éclectique que le précédent puisque les deux compères se sont orientés vers une ambiance clairement West Coast, où basses bondissantes et sirènes entêtantes prédominent.

Didaï produit encore une fois entièrement l'affaire, commençant ainsi à clairement s'installer comme l'un des beatmakers qui compte dans le paysage, sans oublier de poser avec un côté laidback et précieux bien à lui. Rimcash fait quand à lui toujours preuve de son charisme ghetto et l'alchimie entre les deux gaillards est encore un fois bien réelle. Quand aux invités, on croise Bunk (Set&Match), MaM, Naï et Joy Thomas. En un mot comme en cent, c'est gratuit, alors téléchargez donc cette sortie on ne peut plus estivale!

17/06/2011

[News] Jeunisme rapologique

Nous vous en avions déjà parlé, aujourd'hui sort le premier EP du collectif DjunZ, "DjunZ Musique", réunissant Greg Frite (Triptik) et Rimcash & Didaï. Et non seulement le projet est alléchant, mais en plus il a l'incroyable culot d'être gratuit malgré la qualité des tracks.

Sept morceaux garnissent le projet, tous avec Didaï "à la prod", et voient un certain nombre d'invités prendre le micro. En effet, on aura le plaisir de retrouver Nekfeu & Alpha Wann (1995/L'Entourage), Grems, Nemir, Kussay ou encore le jeune Meksa. On regrettera juste l'absence du single "C'est ça Que Veulent Les Jeunes" feat. Dabaaz... Mais ne boudons pas notre plaisir, le EP est téléchargeable directement ici-même!

09/05/2011

[Interview] Greg Frite - Antithèse d'un homme-sandwich (2nde partie)

Et il revient en deuxième semaine après une première partie d'interview fort bien reçue, nous parlons de l'ami Greg Frite bien sûr! Si l'homme sait ce que veulent les jeunes, il n'en oublie pas ses racines et porte un regard éclairé sur le milieu de la musique, et du Hip Hop en particulier...

STEREOTREE: Tout d'abord, revenons un peu en arrière. J'aimerais beaucoup connaître les artistes qui t'ont inspiré, influencé et qui continuent peut-être de le faire... Mais surtout, en quoi ont ils été importants à tes yeux?

GREG FRITE: Aaah tu veux encore du "name dropping" hein? Bah tu vas être servi haha! Franchement j'avoue: "je suis un enfant du Top 50"!!!  Chaque soir après l'école, quand Marc Toesca commençait par son célèbre "Salut les p'tits clous", c'était à moi qu'il parlait; j'étais littéralement cloué devant. Je suis même intoxiqué au point que, selon moi, on ne peut rien faire contre le groove de certains morceaux de Richard Gotainer, des Rita Mitsouko ou même de Niagara! Sinon mes deux parents étant de la Martinique, j'ai quasiment toujours connu la biguine, Malavoi, Kassav et Dédé St Prix. Plus tard, j'ai un peu plus creusé dans cette musique avec Marius Cultier, Eugène Mona, Ti Raoul Grivalliers ou Ti Emile (dont mon père m'a appris récemment qu'il était un ami d'enfance de mon grand-père). La Martinique étant géographiquement "collée" à l'Amérique du sud, mes parents m'ont aussi transmis une sensibilité particulière à la salsa, au merengue, à la rumba, au boogaloo, à la musique brésilienne et au jazz caribéen. J'ai bien évidemment aussi eu droit aux incontournables de la musique noire (nord) américaine de Charly Parker à Michael Jackson en passant par James Brown, Herbie Hancock, Stevie Wonder, les maisons Stax ou Motown. Il y a eu aussi les Beatles, les Stones et Supertramp. Côté français c'était Serge Gainsbourg, Claude Nougaro et Georges Brassens. De toute façon, le dimanche matin dès 10h, mon père mettait systématiquement la musique à fond (à 6 ans c'était "cool", à 15 ans nettement moins).
Puis arriva ce fameux dimanche où un renoi du nom de Sydney est apparu sur tf1 (je crois) et a balancé "Salut les Frères et Soeurs". Un gros tremblement de tête s'ensuivit pour mon frère et moi! Après ça, rendez-vous était pris et mes parents poussaient les meubles du salon pour nous regarder suer. C'est de là que me vient cette imitation pétée du robot que je place, sans même le vouloir, dans mes clips ou sur scène (haha). Puis: Adolescence, premiers bédos donc reggae (Bob, LKJ, Culture, Gladiators, Gregory Isaac...), The Doors, Jimi Hendrix, Janis Joplin (tiens, que des gens morts à 27 ans; bizarre) ou Led Zeppelin entre autres. Tout ça en écoutant aussi Public Enemy, NWA, LL Cool J, Ice T, NTM, les Little ou MC Solaar (bah ouais).  A partir de 95, il y avait nettement plus de Hip Hop dans mon "baladeur autoreverse" mais j'en suis revenu juste après Microphonorama.
En vrai, longtemps avant l'arrivée des mp3, je zappais déjà comme un ouf, je me faisais mes propres compils (K7 puis MD). J'ai toujours eu du mal à n'écouter qu'un seul style de musique, à aimer un album entier ou toute la discographie d'un artiste. Aujourd'hui encore, je bloque uniquement sur des morceaux. Dernièrement, côté Hip Hop US, j'ai apprécié Fly Union, Meek Mill, Kendrick Lamar et Pac Div mais depuis 7-8 ans, allez savoir pourquoi, je nourris une grande passion pour la chanson française des années 20 et 30 (Maurice Chevalier, Fréhel, Arletty, Damia...).

photo by Guillaume Landry
STEREOTREE: Peux-tu me parler de ton processus de création? Ta façon d'écrire et de poser, mais aussi les thématiques que tu abordes et l'univers que tu souhaites amener? Sans oublier bien sûr la façon dont tu choisis les beats...

GREG FRITE: Avant les smartphones, j'avais toujours un calepin sur moi parce que j'ai appris (à mes dépends) que l'inspiration ne prévenait pas et surtout qu'elle ne restait jamais!.. Sinon, je n'ai pas de "protocole de création" à proprement parler. Il peut m'arriver d'écrire un texte entier sans musique ("Français"), ou d'écrire une seule et unique mesure que j'enregistre puis que je réécoute pour trouver la suivante et ainsi de suite ("Freestyle Saoul Brotherz"). Il m'arrive aussi compiler plusieurs combos de rimes que j'ai en stock pour faire un couplet ("C'est ça que veulent les Jeunes"). Mes thématiques c'est la vie; parfois tu ris, parfois tu pleures, parfois t'es véner, parfois tu veux du sexe... En gros, l'univers que je souhaite amener c'est la "variété" au sens noble du terme; varier les plaisirs, les ambiances, les thèmes, les flows. Greg Frite c'est comme le sandwich du même nom, on ne sait jamais vraiment ce qu'il y a dedans (haha)! Quant au choix des sons, c'est un processus simple, voire épidermique; si ça me met "les poils" et/ou que ça m'inspire tout de suite un flow, ou une vibe: je prends!

STEREOTREE: En parlant de style, on sent une véritable volonté, qui ne date d'ailleurs pas d'hier, d'amener un côté chanté qui donne une facette "crooner groovy" au personnage Greg Frite. Qu'en est-il concrètement?

GREG FRITE: C'est de toi "crooner groovy"? (haha) En même temps c'est à peu près ça. Plus sérieusement, au-delà d'une "véritable volonté", c'est avant tout un besoin viscéral que j'ai de pousser la chansonnette quand bon me semble. La contre-partie c'est que, n'étant pas chanteur de formation, c'est parfois assez "casse-gueule"... Mon disque dur contient d'ailleurs quelques "pépites" que je ne ferai "jamais" écouter, même sous la torture...

STEREOTREE: J'aimerais revenir sur ton track et clip "Français", qui a précédé, avec un remarquable sens du timing involontaire, le fameux mais infâme débat sur l'identité française. Quel était ta démarche à l'époque et comment vois-tu le fait que l'actualité, même très récente, rend malheureusement ce morceau indémodable?

GREG FRITE: Le populisme, qu'il soit clairement affiché ou affublé du masque de la sécurité intérieure, a toujours été un fond de commerce politique; de tout temps et dans toutes les société! Moralité, cette actualité nauséabonde (re)partira comme elle est (re)venue; pour réapparaître plus tard sous un nouveau visage. C'est comme pour la musique, la mode, la cuisine ou la chimie: "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" (Lavoisier). Qui sait, ça permettra peut-être à ce morceau de me survivre. Perso, ça fait longtemps que ça m'empêche plus de dormir étant donné que je n'attends rien de personne pour avancer; même s'il a parfois fallu feinter... Pour en revenir à la genèse du-dit "Français", mon postulat de départ était: "Je suis noir et français mais il y en a que ça dérange. Bon bah tant pis pour eux!" Après ça, le texte est quasiment sorti d'une traite, mon pote Camille (alias Tom Fire) m'a sorti cet instru et Mathias Finqueltin (que je connais depuis le lycée) l'a clippé.

STEREOTREE: Tu as été un spectateur "privilégié" du changement brutal qu'a subi l'industrie musicale, avec, comme tu l'as mentionné, l'arrivée du téléchargement, illégal ou non, mais aussi, plus positif, des réseaux sociaux, des EP gratuits, de la vidéo démocratisée... Quelle est ta vision des choses par rapport à tout ça et plus personnellement, cela a t'il un impact sur ta démarche?

GREG FRITE: Aaaah ouais, fondamentalement! Aujourd'hui la musique se regarde beaucoup plus qu'elle ne s'écoute et je trouve ça plutôt cool, dans le sens où ça augmente la possibilité de se démarquer, d'affirmer sa différence, sa sensibilité. Et puis les moyens de promotion et de diffusion n'ont jamais été aussi accessibles. A l'époque, quand on a commencé, pour avoir accès à une radio ou à un magazine (les 2 principaux médias), c'était beaucoup de patience et beaucoup de chance. Par les temps qui courent, ton nombre de vues sur les plateformes vidéos peut être multiplié par 10 ou 100 du jour au lendemain. Du coup il s'agit d'avoir préparé une "vraie" stratégie pour durer... Aujourd'hui, la diffusion comme la promotion sont gratuites grâce aux réseaux sociaux. Moralité, quand t'es bon et persévérant, les gens sont rapidement au courant...

STEREOTREE: J'aimerais avoir ton opinion sur une branche de la scène Hip Hop française, dont on parle d'ailleurs beaucoup dans notre webzine, il s'agit des beatmakers et surtout des nombreux albums instrumentaux qui fleurissent et s'exportent admirablement bien. Est-ce que cette scène, t'es familière? Que penses-tu de l'arrivée au pouvoir des beatmakers, justement, alors même que Drixxxé fut l'un des premiers à être réellement reconnu? Ton point de vue de MC vétéran m'interesse!

GREG FRITE: En réalité, avant d'être invité par mon pote Enock pour être jury lors du Beatmaker Contest 7 en Février dernier, je n'étais pas au courant du niveau général français; étant déjà assez bien entouré entre Drixxxé, Didaï et Jean Pal. Fatalement, j'ai pris une grosse claque! Si bien que l'épreuve a rapidement viré au supplice pour moi tant les mecs que je contribuais à évincer avait un niveau de dingue!!! Et puis tout était nouveau, l'organisation, le public détendu mais enthousiaste et connaisseur, la fraternité réelle entre les concurrents. Franchement il faut voir ça au moins une fois, c'est réellement rafraîchissant pour le Hip Hop en France!...

STEREOTREE: Peut-être un mot de la fin pour nos lecteurs?

GREG FRITE: "Quoi que tu fasses, il y a toujours un public pour ce que tu fais; mais faut se taper!.." Peace.

Interview réalisée par Rip Laimbeer

05/05/2011

[Clip] Desiderata juvénile

Si l'ami Greg Frite se confie dans nos branchages, il n'en oublie certainement pas la musique et on le retrouve avec son frère d'armes de Triptik, Dabaaz, et le duo Rimcash & Didaï dans un nouveau track on ne peut plus frais et addictif. "C'est Ça Que Veulent Les Jeunes"... Enjoy!


02/05/2011

[Interview] Greg Frite - Antithèse d'un homme-sandwich (1ère partie)


Nous avons l'immense plaisir de recevoir dans nos branchages le sémillant Greg Frite, plus connu pour certains comme Blackboul du groupe Triptik. Fort de quatre opus passés à la postérité, l'homme revient avec nous sur sa carrière et surtout porte un regard plus qu'intéressant sur le présent et l'avenir...


photo by Guillaume Landry
STEREOTREE: Tout d'abord, de Black Boul' à Greg Frite, peux-tu revenir sur ton parcours, de la naissance de Triptik à l'effervescence actuelle qui entoure tes projets, en passant bien évidemment par ta semi-retraite...

GREG FRITE: Dabaaz et moi nous sommes rencontrés en vacances vers 1991 et direct, on s'est retrouvé à parler Rap US et Français. A l'époque, on ne se voyait pas pendant l'année scolaire, lui était dans les Hauts-de-Seine et moi dans les Yvelines. Et puis y avait ni internet, ni portable, ni réseaux sociaux... Du coup chaque été, quand on se retrouvait, le jeu consistait à se faire découvrir l'un l'autre nos coups de coeur musicaux du moment. Puis arriva ce fameux mercredi de 1995 (pas le groupe mais l'année!) où l'on se croisa par hasard à Châtelet et où il me proposa de venir "rapper" chez un de ses anciens potes de lycée (Drixxxé). Je griffonnais un truc pété pour le samedi et c'était parti!! La formation effective de Triptik n'arriva qu'en 1996/97, puis ce fut ce "tourbillon artistique" aussi improbable que fabuleux à vivre... Mais en 2004, à la suite de pas mal de galères (départ de notre manager des débuts, crise du disque due au téléchargement illégal et fatalement gros soucis de trésorerie pour notre propre label Concilium Production, envie d'évoluer en solo, etc...), on a finalement décidé de "prendre l'air"... 
C'est à ce moment-là que j'ai acheté mon matos pour faire mon son et m'enregistrer. Par conséquent ma "semi-retraite" n'en était pas une puisque ça m'a permis d'apprendre, d'essayer des trucs et de définir précisément mes forces comme mes faiblesses. 

STEREOTREE: Triptik a eu un impact considérable au sein d'un certain public, de part vos flows, vos beats et votre démarche foncièrement indépendante (dans la forme comme dans le fond), et vous restez une influence de poids pour de nombreux jeunes artistes dans l'hexagone. Comment appréhendes-tu ce statut?

GREG FRITE: A vrai dire je ne vois pas le truc comme ça. Pour moi ce qui est fait est fait! J'ai toujours été fondamentalement tourné vers l'avenir, vers le morceau ou le jour d'après. J'aime trop ce concept de remettre les compteurs à zéro tout en restant soi-même, d'où "Greg Frite". Moralité: inconsciemment, je me fixe toujours des objectifs à court, moyen et long terme, ce qui m'empêche de regarder en arrière ou de me mettre une pression par rapport à ce qu'on attend de moi. Je crois que je garderai toujours cet "esprit du débutant", je me dis toujours que ce sera encore mieux demain. C'est mon paradoxe, je suis à la fois complètement optimiste par rapport à ce que je peux fournir plus tard, grâce à l'expérience que j'acquiers chaque jour, et en même temps je suis un éternel insatisfait à la recherche d'une perfection qui n'existe pas. Selon moi, c'est d'ailleurs précisément là que se trouve la vraie beauté de la musique et des arts en général, on y recherche la perfection toute sa vie; c'est une quête sans fin. 

STEREOTREE: Comment vois-tu l'évolution du Hip Hop en général et du rap français ces dernières années, et dans quoi te retrouves-tu aujourd'hui?

GREG FRITE: Je dois avouer que mes connaissances en Danse, en Graffiti comme en Deejaying 
sont assez limitées, même si j'ai toujours eu une réelle admiration pour ces disciplines lorsqu'elles sont "incarnées" par de véritables talents. La faute à ma passion pour le rap, quoique je ne me définisse pas non plus comme un "historien" en la matière, haha!! Bref, il y a encore un an le rap français était mort, mais depuis peu un nouvel élan s'est amorcé. Alors bon, je préfère ne citer personne parce que je risquerai d'en oublier, mais des talents émergent partout en France et même en Belgique, en Suisse ou au Québec. L'époque actuelle est juste folle tant les mecs et les filles arrivent avec des packs complets: le fond, la forme et un univers. En ce moment, je découvre au moins un MC/groupe "plus que valable" chaque semaine; du jamais vu auparavant! A croire que la chute du "rap français" a permis l'avènement du "rap en français". À suivre...

STEREOTREE: Peux-tu m'en dire plus sur tes projets à venir? Un album de Triptik? Le projet DjunZ? un éventuel solo?...

GREG FRITE: Triptik va revenir gentiment avec un premier morceau pour cet été mais 4 autres sont déjà sérieusement avancés. Dans un premier temps, on va privilégier la scène parce que c'est notre moteur et que maintenant Drixxxé est avec nous sur scène. DJ Pone fini l'album de Birdy Nam Nam (qui tue!!) et va sortir un side project surprenant. Sinon on peut raisonnablement tabler sur un prochain album de Triptik en 2012.
Avec DjunZ (Rimcash, Didaï et moi), on a déjà une quinzaine de titres en boîte mais ça arrivera par vagues successives à partir de cet été avec des featurings savoureux...
Côté solo, 
dans mon disque dur externe, j'ai une sélection d'une trentaine de morceaux que j'estime défendables. J'en ai composé une bonne partie et mon DJ Jean Pal a produit l'autre. Mais comme je me suis beaucoup trop enfermé pour enregistrer tout ça, pour l'instant je privilégie l'ouverture et les collabs avec des artistes que j'apprécie ou que je découvre.

STEREOTREE: On sent une véritable famille artistique derrière ces projets, entre Dabaaz, Drixxé, Grems, Rimcash & Didaï, Frer200, A2H, et j'en passe... Peux-tu nous raconter un peu comment ça se trame?
photo by Guillaume Landry

GREG FRITE: Y a aussi Set & Match, Nemir, Kussay, Ockney, 1995/L'Entourage, Aelpéacha, Gérard Baste, Welsh Recordz, Gero, Veerus, Noir Fluo, Artik, Weedy, 3010, Kacem Wapalek, Tismé, Meksa, Machinist et bien d'autres... Aaargh, j'avais dit que je ne citerai personne! Bah ouais, aujourd'hui c'est juste fou! O
n se connait tous et on fait tous du son ensemble! Grâce à internet et aux réseaux sociaux, les affinités humaines comme artistiques n'ont jamais aussi évidentes et les collaborations n'ont jamais été aussi simples à mettre en place. A ce propos, faudrait qu'on finisse notre morceau Monsieur Ripklaw!... Le plus dingue c'est que cette émulation ne se cantonne pas uniquement à la musique, j'ai des potes opés dans tous les arts comme Thomas Ngijol, Alexis Peskine, Guillaume Landry, Franck Jessueld, John Waxxx, les Busyest, Mega, etc... A noter qu'avec Dabaaz et David MPC, le 25 juin prochain, on va organiser un concert au Nouveau Casino à Paris où l'on verra se "mélanger" Triptik, Rimcash & Didaï, DjunZ, 1995, A2H, Cool Connexion et Charly Greane donc restez câblés... Bon, c'était la minute "name dropping", hein. Haha!!

STEREOTREE: Peu le savent, mais tu a récemment fait l'acteur dans "Les Anges S'Habillent Caillera", c'est quelque chose qui t'attire, que tu comptes creuser?

GREG FRITE: Alors déjà, c'était juste un des teasers vidéos réalisés par Domy Prod pour le lancement du roman de Rachid Santaki. Et puis je n'avais qu'une vingtaine de lignes à apprendre donc on peut pas encore parler de métier d'acteur. Mais bon, pourquoi pas. J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de similitudes avec le Pera au niveau du mécanisme d'interprétation; le souci de justesse est sensiblement le même. Moralité: on verra bien!..


Interview réalisée par Rip Laimbeer

29/12/2010

[News] Gros mots

Le rap français a clairement besoin d'un bon bol d'air frais, nous ne sommes pas les derniers à le dire. Alors quoi de plus naturel que de relayer le projet du duo Rimcash & Didaï, "MothaFuckaMoock Vol.1", une mixtape qui n'en porte que le nom puisqu'il s'agit en fait d'un EP gratuit et garni de dix tracks.

Au menu, un Hip Hop fun et remuant, parfois groovy, parfois dirty, mais clairement maîtrisé, même si les MC's ne sont pas non plus monstrueux. On appréciera la palette large dont le binôme fait montre, privilégiant un storytelling décomplexé... En tout cas, la découverte se fait sur leur blog.

On vous reparlera sans aucun doute de ces gaillards puisqu'ils nous prépare maintes collaborations avec notamment Greg Frite (aka Blackboul) et Dabaaz de Triptik ainsi que Grems. A suivre!