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11/12/2012

[Clip] Peine perdue

Quand le vétéran de Triptik, j'ai nommé Dabaaz, s'entoure de la jeune garde en la personne de Deen Burbigo (L'Entourage) et Esso Luxueux (Cool Connexion) sur un son un brin nostalgique signé par Guillaume Brière du groupe The Shoes, ça donne "Pas La Peine", track efficace s'il en est, où chaque MC déroule son style avec aisance. Enjoy!

25/09/2012

[Event] Can I Kick It? Nancy (L'autre Canal - 5.10.12)

Désormais rendez-vous incontournable du MCing sur scène et logique continuation de la nouvelle effervence au sein du rap hexagonal, les soirées Can I Kick It? s'exportent en dehors de Paris, et nous avons le plaisir de participer à la date qui aura lieu à Nancy.

Vous pouvez y retrouvez bien évidemment Triptik, plus en forme que jamais, Deen Burbigo de L'Entourage, qui défendra son "Inception" sur scène, Nemir, le sudiste affuté et accompagné par notre Beat Hero Everydayz, le toujours grinçant Taïpan, le "local" de l'étape, et enfin le copain Artik, dont la puissance scénique n'est plus un secret... Histoire d'en rajouter, on vous annonce d'ors et déjà la présence de guests surprise, mais pour en savoir plus, il faudra vous déplacer!

Plus d'infos...












02/07/2012

[Chronique] Triptik - Depuis (2012)

Genre: Rap en français
Label: MPC Productions / Musicast.
Date de sortie: 25 Juin 2012
Production: Drixxxé.
Featurings: Deen Burbigo, 3010, DJ Pone, DJ Gero.

Trio désormais légendaire du rap français, individualités reconnues aux parcours brillants et éclectiques, le groupe Triptik n'a désormais plus grand chose à prouver. Mais dans une période de renouveau où nombre de rookies leur doivent beaucoup (en terme d'inspiration et/ou d'exposition), il était finalement logique et nécessaire de voir les auteurs des classiques comme "Microphonorama" ou "TR-303" reprendre les chemins du studio histoire de délivrer "Depuis", un EP au nom totalement adéquat.

Premier constat, le trio a retrouvé toute sa verve et son efficacité, et déroule sans mal un Hip Hop solide, massif et charismatique, s'appuyant sur les flows et voix toujours aussi efficaces d'un Dabaaz qui épure sa technique tel un basketteur vétéran pour mieux viser le titre et d'un Greg Frite toujours aussi tout terrain. Drixxxé, quand à lui, enchaîne, varie, assène des beats ciselés qui ont tous ce parfum terriblement Triptik. Bref, ils ne jamais vraiment parti, et la recette fait toujours mouche, pour notre plus grand plaisir...

Plus en détail, passés les incontournables égotrips et autres tracks de scène qui raviront les amateurs (le contagieux "Ça Fait Plaisir", l'épique et conquérant "L'Esprit Du Débutant" ou le percutant "En Haut"), on décèlera les traces d'une maturité somme toute logique, l'âge aidant, avec les morceaux "Papa" (superbe moment d'amour paternel rare et sans hypocrisie) et "La Moitié De Moi" (un autre moment d'amour... assez clairvoyant et réaliste).

Histoire de montrer qu'ils vivent avec leur temps, Triptik invitent aussi les freshmen Deen Burbigo et 3010 sur "Pas De Doute", un autre egotrip en forme de posse cut, encore une fois plutôt efficace. Dans le même ordre d'idée, "Bande De Followers" est une réflexion non dénuée d'ironie sur l'ère des réseaux sociaux, ses dérives et la vision que l'on en a du point de vue d'un artiste.

En un mot comme en cent, Triptik est bel et bien là, et sont désormais difficilement contournables lorsque l'on parle de bon rap français. Toutefois, on attend désormais un éventuel LP peut-être un peu moins léger thématiquement parlant, connaissant les bonhommes, et surtout toujours plus audacieux rapologiquement parlant! Bref, "On va ouvrir d'autres portes, notre histoire n'est pas morte, ça fait plaisir!"

25/06/2012

[Clip] Fête des pères

La nouvelle est désormais connue de tous, Triptik est revenu aux affaires! Second clip issu de "Depuis", qui sort aujourd'hui même, "Papa" est un titre intimiste et plein de nuances, démontrant une nouvelle fois la maturité (logique) de Dabaaz et Greg Frite, ainsi que la versatilité musicale de Drixxxé. On reparle du EP très bientôt... Enjoy!

07/06/2012

[Clip] Plaisirs en trio...

Nous y sommes, enfin. Dabaaz ou Greg Frite nous en avait parlé, Triptik est enfin de retour avec "Ça Fait Plaisir", dont le beat naturellement signé Drixxxé ne sera pas inconnu aux amateurs de nos soirées Anything But Noise. Le EP "Depuis" sera dispo le 29 Juin... Enjoy!

03/02/2012

[Event] Anything But Noise #1 (Photos)

La première Anything But Noise a été un véritable succès, où Triptik, A2HArtik, Dasuun & Rhum G ont mis le feu dans une ambiance de folie! Afin de garder quelques souvenirs de la soirée, et en attendant les vidéos, voilà donc les photos effectuées par les talentueux Rétine Mécanique et Hanamatsuri.

Merci à tous ceux qui sont venus, on vous attend encore plus nombreux pour la prochaine session!

Lien: Anything But Noise sur Facebook

24/01/2012

[Interview] Dabaaz - Textes & textiles (2ème Partie)

Après une rétrospective détaillée sur son parcours dans la 1ère partie de cette interview, Dabaaz nous parle de son écriture, de ses influences, de ses coups de coeur et surtout de l'avenir!

STEREOTREE: Donc, 2012 semble être celle du véritable retour aux affaires avec la sortie d'un nouvel opus de Triptik. Peux tu nous en dire plus?...

DABAAZ: Exactement, on sort notre premier clip tous les trois, après 9 ans d'absence. On sort un EP en totale indépendance qu'on va tenter d'accompagner d'une tournée et d'un maximum de vidéos. Si on y arrive, alors ça sera déjà très bien, on va pousser ce projet du mieux possible malgré nos emplois du temps chargés. On continue les soirées Can I Kick It? avec MPC Prod. J'ai quelques morceaux solo à lâcher, j'ai fait aussi un titre avec Deen Burbigo et Esso (Cool Connexion) sur une prod. de Guillaume du groupe The Shoes, je suis assez content du mélange, le clip devrait arriver à la fin de l'hiver.

STEREOTREE: Peux-tu nous expliquer la façon dont vous travaillez à trois et en quoi vos parcours solo à chacun nourrissent la formule Triptik?...

DABAAZ: Pour l'instant on a avancé en pointillets, chacun faisait ses projets perso et on se retrouvait tous les mois pour avancer sur Triptik. Ça risque de foutre un peu le bordel si Triptik nous prend plus de temps une fois la tournée lancée, on composera, pour moi c'est une priorité. Chaque projet extérieur à Triptik élargit notre réseau et notre champ d'action, que ce soit les autres projets musicaux, les soirées ou les sapes. Tout va dans le même sens. C'est très nourrissant!

STEREOTREE: Concernant ton approche de l'écriture, on peut remarquer que tu ne cesses d'évoluer et, supposément, de te remettre en question, tant dans la forme que dans le fond. Tout d'abord, Peux-tu nous parler de ton flow et de ta technique, qui semblent tout les deux s'orienter vers une certaine épure?

DABAAZ: C'est vrai que je suis passé par pas mal de phases, et aujourd'hui j'essaye vraiment d'aller le plus loin possible dans les textes et d'épurer au maximum la forme. J'essaye d'être le plus précis et compréhensible possible, j'essaye d'aérer mon flow. Je m'autorise des petites fantaisies de temps en temps mais je préfère me concentrer sur un truc naturel, plus intemporel. J'ai besoin de faire un truc qui me ressemble, de dire des choses, j'essaye de me débarrasser de tous les artifices derrière lesquels on a souvent tendance à se cacher. J'écoute du rap tout le temps, je suis toujours fourré sur les sites cainri (Nahright, etc), Jay-Z est une source d'inspiration au même titre que Kendrick Lamar, j'écoute un peu de rap français, soit des classiques, soit des trucs du moment, ça m'influence aussi.

STEREOTREE: Ensuite, après des thèmes finalement assez "Hip Hop" abordés en groupe, et des thématiques plus éclectiques, personnelles et parfois légères sur ton solo, tu sembles aussi te diriger vers une nouvelle maturité dans tes textes, qui semblent emprunts d'un certain recul sur le milieu musical et la vie en général. Qu'est-ce qui te pousse à écrire aujourd'hui?

DABAAZ: Ce qui m'intéresse dans le fait de continuer le rap à 35 ans, c'est de raconter mon quotidien, c'est un truc qui manque dans le rap français: des gars de mon âge qui parle de paternité, de couple, de fonsdé, de tentations, etc. J'essaye de me débarrasser des thématiques de base du rap pour aller vers quelque chose de plus personnel, de plus vrai. Ma vie ne ressemble plus du tout à celle d'un rappeur. Je ne suis pas sur la route, je ne passe pas mes nuits en studio, je ne vais pas voir beaucoup de concerts. Effectivement je préfère rester en recul, j'ai passé l'âge de traîner en bande. J'ai la chance de bosser avec mes potes et de pouvoir me lâcher une ou deux fois par mois, rencontrer les gens qui m'écoutent dans nos teufs ou nos concerts, c'est déjà très bien.

STEREOTREE: J'aimerais revenir sur ton track "Ça Fait Un Bail". Très remarqué, il est pour moi un véritable ovni dans le paysage, la maturité et le recul dont tu fais preuve sont rares, mais au delà de ça, le fait d'assumer tes failles et faiblesses relève d'une posture qui se situe aux antipodes de l'attitude plutôt arrogante du MC en général. Et pourtant ce track fait l'unanimité ou presque, t'y attendais-tu en l'écrivant? Comment considères-tu ce morceau?

DABAAZ: Je savais que j'étais allé le plus loin possible pour moi. C'est cliché de dire ça, mais je devais m'affronter. Je n'ai réussi à finir ce texte que quand ça allait mieux, je ne pouvais pas finir sans une note d'espoir. Le deux premiers couplets racontent exactement l'état d'esprit et l'état des lieux en 2009. J'ai été le plus clair et le plus franc possible, je me suis débarrassé des artifices "rap" dans l'image, et ça a plu, les gens se sont reconnus. Maintenant, ça m'a ouvert l'esprit, c'est dans cette démarche que je me sens le mieux quand je suis en solo. Raconter ma vie.

STEREOTREE: Peux-tu nous évoquer un peu les artistes qui t'ont influencé "à l'époque" et ceux qui te font vibrer en ce moment et pourquoi?

DABAAZ: Alors, en français, il y a NTM, Akhenaton, les Sages Po', La Cliqua, Time Bomb, Moudjad... Et en rap cainri, Jay Z, Wu-Tang, Boot Camp Click, Dip Set... En ce moment, je suis de près des nouveaux comme Kendrick Lamar, Smoke DZA, Action Bronson, Jay Electronica et toujours les anciens comme Jay-Z, Slick Rick ou Clipse (enfin Pusha T). J'aime aussi les gars plus actuels comme les Cool Kids, Pac Div, A$AP et compagnie...

STEREOTREE: Tu as été à la fois un acteur et un spectateur privilégié de la renaissance du rap français observée en 2011, quel est ton regard là-dessus et en quoi celà nourrit-il ou non ton processus créatif? Quels artistes semblent les plus prometteurs à tes yeux?...

DABAAZ: C'est vrai que depuis que je travaille Chez QHUIT, je recommence à croiser des rappeurs (nouveaux et anciens). Ça me fait du bien parce qu'entre 2007 et 2010, je ne croisais plus grand monde (trop de taf, plus le temps de trainer dans les open mic et les radios) et surtout tout le monde s'en branlait du rap français! Depuis que je suis aux Abbesses, on organise des apéros, des évènements et j'ai donc revu pleins de têtes. Avec Poyz&Pirlz, on avait déjà commencé les soirées depuis 2008, j'y ai vu débarquer une nouvelle génération de rappeurs. Les premiers que j'ai rencontré c'était Cool Connexion, j'étais choqué! Ahah! Je découvrais des gars qui avaient plus de 10 ans de moins que moi et qui rappaient dans un style encore plus old school que lorsqu'on a commençé à rapper y'a plus de 15 ans. La boucle était bouclée, j'étais ému, c'était beau de voir qu'en France, notre génération avait laissé un héritage. A l'époque, j'étais assez blasé par le rap jeu, j'avais vu tout ce qu'on avait construit fin des 90's/début 2000 s'effondrer. Le fait de revoir l'engouement des plus jeunes, d'abord pour Sexion d'Assaut, puis Rap Contenders, puis 1995, puis à toute l'histoire du rap français m'a redonné de l'espoir. Ça m'influence forcément mais je suis vraiment rivé sur le rap américain, voire légèrement bloqué, ahah!
La nouvelle scène est surproductive, je ne peux pas vivre comme eux, je n'ai plus 20 ans. Par contre, je kiffe les regarder évoluer, un peu comme si c'était mes ptits cousins, mes fils, ahah! Je suis fan en vrai. Je pense que Cool Connexion, 1995, 3010, A2H, Bon Gamin, Deen Burbigo on les armes pour aller très loin. Y'a aussi des anciens qui ne sont jamais partis ou qui reviennent lourd: JL, Oxmo, Seär, Rocé, etc...

STEREOTREE: Pour rester dans le sujet, peux-tu nous parler un peu plus du concept Can I Kick It? et de ton rôle là-dedans?

J'ai eu l'initiative de faire un concert géant de rap français (5h de show) à notre sauce, après avoir croisé et recroisé toutes ces têtes du rap français, après avoir organisé avec David de MPC Prod. des dizaines de soirées Poyz&Pirlz, je me suis dit que ça serait beau que les nouveaux et les anciens partagent la scène dans une ambiance un peu différente de ce qui s'était fait dans le genre jusqu'à présent. J'ai un rôle de directeur artistique et d'organisateur (que je partage avec Greg, Drixxxé, David de MPC Prod. et Sam Rixon).
Avec Sam, on a mis en place la charte graphique et le système de freestyles video teasers (on n'a rien inventé d'ailleurs, j'ai été directement influencé par ce que faisaient Creative Control ou des magazines comme XXL aux Etats-Unis.)
Le jeu des vidéos teasers à bien marché, la première soirée a été un succès. On l'a fait au bon moment je pense, tout le monde était prêt, les jeunes, les vieux et le public. On en a fait une autre six mois après, gros succès mais trop de groupes, trop de monde, trop petite salle. On réfléchit pour améliorer ça à la prochaine. Je continue à guetter les nouveautés rap français, je découvre pas mal de bons trucs. On essaye de faire des plateaux cohérents. Mélanger au maximum les générations, les styles et les niveaux de notoriété dans une certaine harmonie. Ça fait toujours plaisir de se réunir entre artistes qui s'apprécient devant une audience bouillante!

STEREOTREE: D'un point de vue extérieur, Triptik et donc toi par extension, était un représentant solide d'un certain Boom Bap, héritier du son indé New-Yorkais par excellence. Aujourd'hui, après vos escapades solo, force est de constater que c'est finalement loin d'être le cas. Comment vis-tu et arrives-tu à faire la passerelle entre tes différents publics?

DABAAZ: LeTriptik cuvée 2012 ressemble beaucoup à Triptik en 2003. Tout ce qu'on a pu faire avant en solo ou en feat. est très différent de ce que Triptik est en train de faire. Les gens sont assez ouverts, plus qu'il y a dix ans, je trouve. On aura le public qu'on méritera. Mais on a toujours fait des passerelles en terme de public, je pense qu'il sera de plus en plus mélangé avec ce qu'on s'apprête à sortir.

STEREOTREE: Hormis Triptik, peut-on s'attendre à plus de Dabaaz sur disque cette année, peut-être même un solo?

DABAAZ: Oui, mais la priorité étant Triptik, les sorties solo seront plus espacées, un clip solo tous les deux mois serait parfait. Je pense que je vais y arriver, ahah! Mais pas de disque prévu pour l'instant...

STEREOTREE: Depuis le temps, tu as pu collaboré avec un certain nombre d'artistes, mais y a t'il des noms avec lesquels tu aimerais réellement bosser, et pourquoi?

DABAAZ: Je penserais aux collaborations plus tard, j'ai beaucoup à faire avec Triptik et en solo!

STEREOTREE: Tu es connu pour ton travail en tant que cover artist (Onra & Byron, Bunzen, Triptik...), graphiste et créateur (Poyz&Pirlz). Je suis assez curieux de connaître ton point de vue sur l'importance du visuel et des pochettes dans la musique et peut-être celles qui t'ont le plus marqué?

DABAAZ: C'est très important le visuel ! Ça fait parti de ce que montre en premier un artiste: sa gueule ou un artwork. Donc, en vrac: les pochettes de labels comme BBE, Rawkus, Stones Throw, Espionnage, des artistes comme Akroe, So Me, Alex Wise, Arthur King & 360. Enfin y'en a tellement, c'est difficile...

STEREOTREE: Le mot de la fin?...

DABAAZ: "On va s'éclater !" Ahahah!

23/01/2012

[Interview] Dabaaz - Textes & textiles (1ère Partie)

Quelques jours avant d'inaugurer le concept Anything But Noise et de s'éclater en sa compagnie, posons nous donc avec Dabaaz, éminent MC de Triptik et activiste vétéran, histoire de revenir un peu sur son parcours dans cette première partie avant de creuser un peu plus le personnage et son actualité...


STEREOTREE: Même si un certain nombre de personnes doivent avoir entendu parler de toi, que ce soit à l'époque ou récemment, peux-tu nous retracer ton parcours et les quelques moments forts qui l'ont jalonné jusqu'ici?

DABAAZ: 1995, Avec Drixxxé qui n'avait qu'un clavier et un pote batteur (Chassaone), j'ai rappé mes premiers textes un peu "aboutis".

1996, Greg alias Black Boul' ou Greg Frite et NJ se sont joint à nous, on était donc 3 rappeurs, Drixxxé s'est acheté son premier sampleur, on s'est dit qu'on s'appellerait Triptik, on a fait notre premier concert en première partie des Derniers Messagés (le seul groupe qu'on connaissait à l'époque ahah) et on a enregistré notre première démo tape (5/6 morceaux avec des interludes) dans la cave de Drixxxé. On a aussi enregistré notre premier titre "La France Avance" en studio pro et participé à la compilation Hip Hop Vibes 3, "Je Sais Que La Haine", qui sortait Night & Day. C'était notre premier contact avec la scène rap française, on était en studio avec Rohff, 113, DJ Noise qui était le DJ de 2Bal 2Neg avait posé des scratchs sur notre morceau, on a croisé Afro Jazz, DJ Spank, La Cliqua, etc...

1997, ça s'accélère, on avait prévu de sortir un maxi mais le D.A. Rap de Night & Day, Patrick Colleony, nous a proposé de faire directement un album. On avait pas mal de titres en stock alors on a monté notre propre label (Concilium Production) avec notre manager Sam et on a produit notre premier album "L’Ébauche" en licence chez N&D, on a eu une avance de 30 000 francs et on a enregistré/mixé 15 titres en 15 jours, pressé des vinyls, fait des stickers (c'était tout nouveau à l'époque en France). On a fait la première partie de La Cliqua, nos premiers freestyles sur Générations dans l'émission On Inonde Les Ondes (de Zoxea et Melopheelo des Sages Po')

1998, On sort donc notre premier album "L’Ébauche" et notre premier clip "La Cavalcade" réalisé par Skwal chez Fokal Production. Ce clip était une opportunité dingue pour nous à l'époque, Skwal avait le matos d'un autre tournage et nous a fait un clip en 16mm gratis juste parce qu'il avait accroché sur la pochette et l'esprit de l'album. On est alors passé à la TV, fait des émissions sur MCM, c'était fou pour nous qui étions inconnus, sans budget. C'est l'année des rencontres, on fait la tournée des disquaires et des DJs pour promouvoir notre album, on squatte Générations FM et toutes les radios spé possible, on commence à être invités sur les mixtapes cools de l'époque (DJ Poska, DJ James, Cut Killer, Néochrome…). On commence aussi les concerts Paris/banlieues/province.

1999, Les connexions se font, Movez' Lang, Salif, Rocé, La Ménagerie, Le Sept, D'Oz, etc. On sort donc notre deuxième disque, un E.P éponyme, sur lequel on retrouve beaucoup d'invités issus de toutes nos rencontres depuis "L’Ébauche". On commence à faire un peu plus de scènes, à l'époque on tournait avec DJ Fresh et on commençait à mettre de plus en plus en avant la place du DJ et des scratchs dans notre musique. J'insiste là dessus parce que je pense que sans le vinyle et les DJs, Triptik n'aurait pas eu ce genre de développement. Du coup, Cut Killer nous propose de faire une mixtape "Special Triptik", c'était un grand honneur pour nous à l'époque. Il nous a aussi invité à faire un titre avec Blahzay Blahzay qui a bien amplifié notre buzz.

2000, on signe en édition avec Cut Killer (Eastory/BMG publishing), du coup on a plus facilement accès au studio, on devient plus productif. On croise beaucoup d'artistes français et américains parce que les studios sont mitoyens aux émissions radio de Cut (Bumrush, Cut Killer Show). C'est la belle époque! On enregistre "Microphonorama", on participe à des plus grosses compilations (Homecore, Cut Killer, etc). On sort le maxi "Star System" et on rencontre DJ Pone avec qui c'est le coup de foudre.

2001, on sort notre deuxième album "Microphonorama", avec le single "Bouge Tes Cheveux" qui sera notre plus gros succès. Squattage de radios, Générations FM, Sky B.O.S.S , une semaine sur Planet Rap, tournée des radios spé de province et surtout de plus en plus de concerts, de mixtapes, de collabs avec l'underground comme avec des gars en place à l'époque.

2002, on officialise notre travail sur scène avec DJ Pone, nos lives commencent à avoir de la gueule. On se professionnalise. On prend même des bureaux pour notre label Concilium. On sort notre 4ème disque "Fondations" qui est un best-of mixé par Pone. A la même période on commence les enregistrement de "TR-303" (notre dernier album).

2003, on est dans une impasse, les revenus des ventes de disques et des concerts ne sont pas suffisants pour payer le loyer, la prod', le pressage des disques, etc. Malgré pas mal d'efforts (on bossait tous aussi à côté), on commençait à suffoquer financièrement. A titre personnel, ça devenait compliqué puisqu'on avait tous des appart, des meufs, des enfants. On avait engagé beaucoup de frais pour la prod de "TR-303" (studios, feats, musiciens additionnels, etc). On attendait une licence en major, un chèque providentiel, qui n'est bien sur pas arrivé au moment où il aurait du. Du coup, suite à de longues tergiversations, on s'est séparé à contre coeur de notre manager Sam et on a essayé de sauver les meubles grâce à Matt' Primeur (du label Disque Primeur) qui est venu nous aider pour faire le taf que faisait Sam et réussir à sortir l'album, à faire un clip et une tournée avec Oxmo Puccino qui s'est achevée au Bataclan, durant l'été 2004. On a été obligé de revendre tout notre catalogue de vinyle (plus de 15 références). On était ruiné! Les résultats n'étant pas à la hauteur des attentes on a décidé d'arrêter l'activité de Triptik et du label Concilium pour se consacrer à nos vies privées et nos projets solo.

2004, J'ai eu une fille. Je me suis donc consacré à mon activité de graphiste. J'ai du faire un peu d'alimentaire pour remonter la pente financièrement. A l'époque je continuait à écrire, à participer à quelques mixtapes, faire quelques feats...

2005, je sors mon premier maxi solo "Open Bar" et je fais mes premiers lives solo avec Pone. Je reprends espoir, je suis super motivé et j'ai plus trop de problèmes de thunes. Même si je bosse toujours avec Drixxxé, je bosse aussi avec d'autres producteurs, dont Pilooski qui a fait la prod d'"Open Bar". J'ai envie d'essayer pleins de choses nouvelles, de me tester sur toutes sortes de beats. A l'époque, on voit la scène électro européenne arriver en force, de l'autre côté la vague Dirty South commence à arriver en France avec les synthés, les boites à rythme qui avait été oubliées pendant les années samples/Boom Bap.

2006, j'enregistre mon album solo et je sors le deuxième maxi "Explose" produit par Drixxxé et Paraone. Je constate que le public se détourne du rap français, c'est devenu has been on dirait. L'émulation pour mes projets solo est plus mitigée, je sens que je perds une partie du public de Triptik en même temps que je gagne un public plus pointu ou plus jeune. Je ne lâche pas le morceau, j'y crois à fond et je commence à défendre mes nouveaux titres sur scène avec DJ Géro (coup de foudre!)

2007, je sors (chez Disque Primeur) mon premier album solo "Moi, Ma Gueule & Ma Propre Personne". La scène électro explose, excite la nouvelle génération tandis que le rap français déprime, les magazines ferment les uns après les autres, les émissions spé de Skyrock s'arrêtent, Générations devient une radio commerciale. De mon côté j'aime le challenge, repartir à zéro me plaît, j'y crois. On commence à faire plus de dates avec Géro. Mais le paysage a changé: je passe de tournées et festivals HH à des showcases en club, des plateaux où je partage plus la scène avec des DJs électro que des rappeurs. Je découvre un public plus jeune, plus mixte, plus ouvert, plus festif et ça me plait! J'ai aussi la chance de pouvoir faire un clip avec Arthur King qui a reçu un très bon accueil, qui a tourné en TV et qui a attiré un public féminin (fait assez rare dans le rap français!).

2008, les résultats de l'album sont décevants, je suis fauché, dettes, expulsion, etc... J'ai du mal à refaire des titres, j'ai plus trop envie. Par contre, j'ai besoin de thunes et j'en ai vraiment marre de faire de l'alimentaire avec des clients qui payent mal ou avec six mois de retard. Je fais pas assez de concerts, les ventes de disques s'écroulent, tout le monde s'en branle du rap que je fais. Je me dis que je devrais pouvoir gagner ma vie en faisant ce que je sais faire, ce qui me plait. Je repense à un vieux projet que j'avais abandonné faute de moyen en 2003, je voulais créer une marque de tee shirts, faire des affiches. J'ai donc parlé de ça à Jérôme de Qhuit (qui avait déjà des fournisseurs, un onlinestore, ...) et on a fait un premier tee shirt, c'était pour mon album solo "Moi, Ma Gueule & Ma Propre Personne", j'ai essayé de faire un visuel qui ne fasse pas trop promo/merchandising et on les a très bien vendus.
A la même période on avait trouvé ce nom avec DJ Gero: Poyz & Pirlz, enfin c'était plus "on est trop des poyz!", donc "les meufs, c'est des pirlz!". On partageait cet amour pour la bonne bouffe du terroir, il est d'origine auvergnate et moi lyonnaise. On aimait faire la fête, se bourrer la gueule mais on était dans le game des sneakers, des sapes et des gros sons. On poyzait quoi ! On voulait faire une grande communauté un peu hippy avec ce genre de lifestyle, ahah! On jouissait du bon mix entre DJ set HH/Electro et MC/Host, on avait un publique jeune et mixte ultra chaud et les potes de notre génération qui commençaient à se remettre à vouloir écouter du rap, du rap d'abord club ou classique, puis du rap français. On s'est dit qu'on devait se réunir pour faire des grosses fêtes 100% rap avec cet esprit festif et ce mixe de générations. Du rap, des potes, des meufs, de l'alcool et du style. On a décidé avec Arthur King, Drixxxé , Géro, Matt'Primeur et Kazey qu'on appellerait ça les "POYZ'N'PIRLZ Parties". En parallèle, j'ai créé avec Jérôme la marque de sapes du même nom POYZ&PIRLZ® et tout a commencé! Cette année-là, j'ai enregistré et sorti deux titres: "Il Est Où ?" et "Mes Potes" qui était un texte très important pour moi, j'ai réussi à dire des choses que je n'aurais pas osé dire avant, j'avais pris beaucoup de recul et le rap game était mort pour moi.

2009, les soirées et les tee-shirts marchent de mieux en mieux, mais ça rapporte pas assez, obligé de faire du freelance relou, j'ai pas trop d'inspi pour le son... C'était une mauvaise année, trop de soirées, trop de fonsdé, trop de dettes... J'ai donc commencé à écrire "Ça Fait Un Bail",sans but précis.

2010, on a repris sérieusement contact avec Greg et décidé de refaire des trucs ensemble. Pour fêter et officialiser cette bonne nouvelle, on a fait notre premier concert au Nouveau Casino, à l'ancienne avec DJ Pone aux platines. On a été surpris et émus de voir comme les gens nous attendaient. Avec Jérôme de Qhuit, on a ouvert la boutique Chez Qhuit, P&P continue à progresser, on sort plus de choses, de plus en plus de soirées aussi. J'ai fini de rembourser mes dettes! Le clip de "Ça Fait Un Bail" sort, on fait quelques dates avec Triptik (cette fois sans Pone, mais avec Drixxxé aux platines) et avec des morceaux solo de Greg et moi en plus de l'ancien répertoire, mais toujours pas de titre estampillé Triptik.

2011, On s'est dit que pour patienter, on attendant d'avoir assez de nouveaux titres, on pourrait faire un concert avec les potes et la nouvelle génération avec qui on commençait à collaborer. On a décidé que ça s'appellerait Can I Kick It ? et que ça ne serait surement pas la seule date du genre. C'était vraiment cool de voir Oxmo, Dany Dan avec l'Entourage, Orelsan, des gars de 18 ans comme Loveni avec des gars presque quadra! On a bien avancé sur les nouveaux morceaux, en même temps que Greg faisait beaucoup de projets en solo ou avec son autre groupe Djunz (avec Rimcash & Didaï), et que Drixxxé commençait ses premiers live avec McLuvin. Moi, j'étais très pris par la marque P&P et la boutique, j'ai donc pas fait grand chose, à part  des tracks pour Triptik et quelques feats.

2012, on est prêts! Enfin très bientôt, ahah !

La suite de l'interview, c'est par ICI...

21/01/2012

[Event] Anything But Noise #1 (28/01/12 @ Nancy)

Le 28 Janvier prochain se tiendra donc le premier épisode de nos soirées Anything But Noise à L'Autre Canal de Nancy. Sous le thème d'une Qhuit Partizzz seront réunis Dabaaz, Greg Frite, Drixxxé, A2H, Artik, Dasuun et Rhum G pendant 5h de live, de mix et de convivialité à la française!

Pendant l'après-midi, de 15h à 18h, se tiendra, à l'espace My.Monkey, un pop-up shop avec les marques Qhuit et Poyz&Pirlz, de quoi garnir sa penderie entre fraîches nouveautés et bons plans à petits prix!

Pour la peine, 3 places sont à gagner. Pour ce faire, c'est assez simple, envoyez-nous un petit mail à anythingbutnoise@gmail.com en nous disant quels artistes (français, si possible) vous aimeriez pour la prochaine fois, sans oublier vos noms et prénoms! Les 3 gagnants seront tirés au sort une fois la deadline passée, fixée au 25/01 à minuit!

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13/01/2012

[Event] Anything But Noise #1 @ L'Autre Canal (Nancy) - 28/01

Oyez, oyez, Lorrains et autres gens du Nord Est de la France! Nous organisons, le 28 Janvier prochain, la première Anything But Noise, destinée à être un event récurrent dans la ville de Nancy. Le programme est dans le teaser ci-dessous, plus d'infos et des places à gagner très bientôt...

30/12/2011

[Focus] 2012 et ses espérances...

Une fois le bilan 2011 dressé, nos regards se portent vers l'horizon, à savoir, en ce qui nous concerne ici, l'année musicale qui se profile. L'industrie et les moyens d'exister ont bien changés et de nouvelles têtes ne cessent d'éclore ou, mieux, d'exploser, tandis que des talents confirmés peuvent surprendre ou se réinventer... Voici donc une liste non exhaustive des artistes sur lesquels nous allons garder un oeil.

Redinho (Numbers)
Auteur de quelques maxis discrets sur le label Numbers, l'écossais s'apprête à littéralement exploser cette année. Son surpuissant single "Stay Together" en est la preuve!
(site)

Rashad (Elev8tor Music)
L'architecte sonore qui se cache derrière le "Lincoln Way Nights", c'est lui. MC, chanteur, et beatmaker, l'artiste de Columbus, Ohio risque de frapper fort avec son futur LP, "Museum".
(site)

Baron Retif & Concepcion Perez (Musique Large)
Atypiques, punks et délicieusement désaxés, les BRxCP font figure d'ovnis véritables et préparent un nouvel EP chez Musique Large, attendu de pied ferme.
(soundcloud)

Kris Mars
Feutré et arty, le jeune californien a récemment collaboré avec, entre autres, Robin Hannibal. Il devrait sortir sous peu son projet "Cure Orbit", permettant de dévoiler un peu plus de son univers très personnel...
(site) - (bandcamp)

Azealia Banks (XL Records)
Au rayon des MC's chevauchant l'internet avec fougue, cette proche de Lunice, Machinedrum et Jimmy Edgar promet d'être la prochaine sensation du genre...
(site)

Mister Bibal (Trueflav Records/Bunker Sounds)
Le jeune parisien, membre de nos Beat Heroes, continue son chemin avec une classe et prévoit de sortir sous peu un intriguant "Failure", où figure un joli panel d'invités...
(site) - (bandcamp)

Krystal Klear (All City)
Avec un passage à la dernière RBMA et un maxi programmé début Janvier, le son 90's et groovy de Krystal Klear devrait être plus que jamais d'actualité.
(soundcloud)

Bon Gamin (Bon Gamin Ent.)
Le jeune trio parisien risque fort d'être la sensation hexagonale de 2012. Le beatmaker, Myth Syzer, multiplie les projets (dont des connexions US comme Perrion, le crew ASAP, etc), tandis que les jeunes MC's, Loveni et Yann Ichon, se démarquent de la tendance avec une certaine maturité artistique. Espoir!
(facebook) - (soundcloud)

Aquarius Heaven (Wolf+Lamb)
Deux maxis foudroyants en 2011, un album prévu en 2012, le lubrique combo germano-français va faire du bruit!
(site)

Les trentenaires du rap français...
Avec Triptik enfin de retour aux affaires et un EP en préparation, l'arrogant et talentueux Taïpan signé et prêt à punchliner à foison, le montpelliérain Ahmad qui affûte sa plume déjà bien aiguisée en vue d'un projet solo et enfin l'ami Artik qui devrait délivrer sous peu et avec les formes son "Soyez Sympas, Téléchargez 2",  l'année risque d'être chargée pour ces trentenaires qui n'ont jamais été aussi frais et alertes!
Triptik: (facebook) - (clip)
Taïpan: (facebook)(bandcamp)
Ahmad: (facebook) - (site)
Artik: (facebook) - (youtube) - (soundcloud)

09/05/2011

[Interview] Greg Frite - Antithèse d'un homme-sandwich (2nde partie)

Et il revient en deuxième semaine après une première partie d'interview fort bien reçue, nous parlons de l'ami Greg Frite bien sûr! Si l'homme sait ce que veulent les jeunes, il n'en oublie pas ses racines et porte un regard éclairé sur le milieu de la musique, et du Hip Hop en particulier...

STEREOTREE: Tout d'abord, revenons un peu en arrière. J'aimerais beaucoup connaître les artistes qui t'ont inspiré, influencé et qui continuent peut-être de le faire... Mais surtout, en quoi ont ils été importants à tes yeux?

GREG FRITE: Aaah tu veux encore du "name dropping" hein? Bah tu vas être servi haha! Franchement j'avoue: "je suis un enfant du Top 50"!!!  Chaque soir après l'école, quand Marc Toesca commençait par son célèbre "Salut les p'tits clous", c'était à moi qu'il parlait; j'étais littéralement cloué devant. Je suis même intoxiqué au point que, selon moi, on ne peut rien faire contre le groove de certains morceaux de Richard Gotainer, des Rita Mitsouko ou même de Niagara! Sinon mes deux parents étant de la Martinique, j'ai quasiment toujours connu la biguine, Malavoi, Kassav et Dédé St Prix. Plus tard, j'ai un peu plus creusé dans cette musique avec Marius Cultier, Eugène Mona, Ti Raoul Grivalliers ou Ti Emile (dont mon père m'a appris récemment qu'il était un ami d'enfance de mon grand-père). La Martinique étant géographiquement "collée" à l'Amérique du sud, mes parents m'ont aussi transmis une sensibilité particulière à la salsa, au merengue, à la rumba, au boogaloo, à la musique brésilienne et au jazz caribéen. J'ai bien évidemment aussi eu droit aux incontournables de la musique noire (nord) américaine de Charly Parker à Michael Jackson en passant par James Brown, Herbie Hancock, Stevie Wonder, les maisons Stax ou Motown. Il y a eu aussi les Beatles, les Stones et Supertramp. Côté français c'était Serge Gainsbourg, Claude Nougaro et Georges Brassens. De toute façon, le dimanche matin dès 10h, mon père mettait systématiquement la musique à fond (à 6 ans c'était "cool", à 15 ans nettement moins).
Puis arriva ce fameux dimanche où un renoi du nom de Sydney est apparu sur tf1 (je crois) et a balancé "Salut les Frères et Soeurs". Un gros tremblement de tête s'ensuivit pour mon frère et moi! Après ça, rendez-vous était pris et mes parents poussaient les meubles du salon pour nous regarder suer. C'est de là que me vient cette imitation pétée du robot que je place, sans même le vouloir, dans mes clips ou sur scène (haha). Puis: Adolescence, premiers bédos donc reggae (Bob, LKJ, Culture, Gladiators, Gregory Isaac...), The Doors, Jimi Hendrix, Janis Joplin (tiens, que des gens morts à 27 ans; bizarre) ou Led Zeppelin entre autres. Tout ça en écoutant aussi Public Enemy, NWA, LL Cool J, Ice T, NTM, les Little ou MC Solaar (bah ouais).  A partir de 95, il y avait nettement plus de Hip Hop dans mon "baladeur autoreverse" mais j'en suis revenu juste après Microphonorama.
En vrai, longtemps avant l'arrivée des mp3, je zappais déjà comme un ouf, je me faisais mes propres compils (K7 puis MD). J'ai toujours eu du mal à n'écouter qu'un seul style de musique, à aimer un album entier ou toute la discographie d'un artiste. Aujourd'hui encore, je bloque uniquement sur des morceaux. Dernièrement, côté Hip Hop US, j'ai apprécié Fly Union, Meek Mill, Kendrick Lamar et Pac Div mais depuis 7-8 ans, allez savoir pourquoi, je nourris une grande passion pour la chanson française des années 20 et 30 (Maurice Chevalier, Fréhel, Arletty, Damia...).

photo by Guillaume Landry
STEREOTREE: Peux-tu me parler de ton processus de création? Ta façon d'écrire et de poser, mais aussi les thématiques que tu abordes et l'univers que tu souhaites amener? Sans oublier bien sûr la façon dont tu choisis les beats...

GREG FRITE: Avant les smartphones, j'avais toujours un calepin sur moi parce que j'ai appris (à mes dépends) que l'inspiration ne prévenait pas et surtout qu'elle ne restait jamais!.. Sinon, je n'ai pas de "protocole de création" à proprement parler. Il peut m'arriver d'écrire un texte entier sans musique ("Français"), ou d'écrire une seule et unique mesure que j'enregistre puis que je réécoute pour trouver la suivante et ainsi de suite ("Freestyle Saoul Brotherz"). Il m'arrive aussi compiler plusieurs combos de rimes que j'ai en stock pour faire un couplet ("C'est ça que veulent les Jeunes"). Mes thématiques c'est la vie; parfois tu ris, parfois tu pleures, parfois t'es véner, parfois tu veux du sexe... En gros, l'univers que je souhaite amener c'est la "variété" au sens noble du terme; varier les plaisirs, les ambiances, les thèmes, les flows. Greg Frite c'est comme le sandwich du même nom, on ne sait jamais vraiment ce qu'il y a dedans (haha)! Quant au choix des sons, c'est un processus simple, voire épidermique; si ça me met "les poils" et/ou que ça m'inspire tout de suite un flow, ou une vibe: je prends!

STEREOTREE: En parlant de style, on sent une véritable volonté, qui ne date d'ailleurs pas d'hier, d'amener un côté chanté qui donne une facette "crooner groovy" au personnage Greg Frite. Qu'en est-il concrètement?

GREG FRITE: C'est de toi "crooner groovy"? (haha) En même temps c'est à peu près ça. Plus sérieusement, au-delà d'une "véritable volonté", c'est avant tout un besoin viscéral que j'ai de pousser la chansonnette quand bon me semble. La contre-partie c'est que, n'étant pas chanteur de formation, c'est parfois assez "casse-gueule"... Mon disque dur contient d'ailleurs quelques "pépites" que je ne ferai "jamais" écouter, même sous la torture...

STEREOTREE: J'aimerais revenir sur ton track et clip "Français", qui a précédé, avec un remarquable sens du timing involontaire, le fameux mais infâme débat sur l'identité française. Quel était ta démarche à l'époque et comment vois-tu le fait que l'actualité, même très récente, rend malheureusement ce morceau indémodable?

GREG FRITE: Le populisme, qu'il soit clairement affiché ou affublé du masque de la sécurité intérieure, a toujours été un fond de commerce politique; de tout temps et dans toutes les société! Moralité, cette actualité nauséabonde (re)partira comme elle est (re)venue; pour réapparaître plus tard sous un nouveau visage. C'est comme pour la musique, la mode, la cuisine ou la chimie: "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme" (Lavoisier). Qui sait, ça permettra peut-être à ce morceau de me survivre. Perso, ça fait longtemps que ça m'empêche plus de dormir étant donné que je n'attends rien de personne pour avancer; même s'il a parfois fallu feinter... Pour en revenir à la genèse du-dit "Français", mon postulat de départ était: "Je suis noir et français mais il y en a que ça dérange. Bon bah tant pis pour eux!" Après ça, le texte est quasiment sorti d'une traite, mon pote Camille (alias Tom Fire) m'a sorti cet instru et Mathias Finqueltin (que je connais depuis le lycée) l'a clippé.

STEREOTREE: Tu as été un spectateur "privilégié" du changement brutal qu'a subi l'industrie musicale, avec, comme tu l'as mentionné, l'arrivée du téléchargement, illégal ou non, mais aussi, plus positif, des réseaux sociaux, des EP gratuits, de la vidéo démocratisée... Quelle est ta vision des choses par rapport à tout ça et plus personnellement, cela a t'il un impact sur ta démarche?

GREG FRITE: Aaaah ouais, fondamentalement! Aujourd'hui la musique se regarde beaucoup plus qu'elle ne s'écoute et je trouve ça plutôt cool, dans le sens où ça augmente la possibilité de se démarquer, d'affirmer sa différence, sa sensibilité. Et puis les moyens de promotion et de diffusion n'ont jamais été aussi accessibles. A l'époque, quand on a commencé, pour avoir accès à une radio ou à un magazine (les 2 principaux médias), c'était beaucoup de patience et beaucoup de chance. Par les temps qui courent, ton nombre de vues sur les plateformes vidéos peut être multiplié par 10 ou 100 du jour au lendemain. Du coup il s'agit d'avoir préparé une "vraie" stratégie pour durer... Aujourd'hui, la diffusion comme la promotion sont gratuites grâce aux réseaux sociaux. Moralité, quand t'es bon et persévérant, les gens sont rapidement au courant...

STEREOTREE: J'aimerais avoir ton opinion sur une branche de la scène Hip Hop française, dont on parle d'ailleurs beaucoup dans notre webzine, il s'agit des beatmakers et surtout des nombreux albums instrumentaux qui fleurissent et s'exportent admirablement bien. Est-ce que cette scène, t'es familière? Que penses-tu de l'arrivée au pouvoir des beatmakers, justement, alors même que Drixxxé fut l'un des premiers à être réellement reconnu? Ton point de vue de MC vétéran m'interesse!

GREG FRITE: En réalité, avant d'être invité par mon pote Enock pour être jury lors du Beatmaker Contest 7 en Février dernier, je n'étais pas au courant du niveau général français; étant déjà assez bien entouré entre Drixxxé, Didaï et Jean Pal. Fatalement, j'ai pris une grosse claque! Si bien que l'épreuve a rapidement viré au supplice pour moi tant les mecs que je contribuais à évincer avait un niveau de dingue!!! Et puis tout était nouveau, l'organisation, le public détendu mais enthousiaste et connaisseur, la fraternité réelle entre les concurrents. Franchement il faut voir ça au moins une fois, c'est réellement rafraîchissant pour le Hip Hop en France!...

STEREOTREE: Peut-être un mot de la fin pour nos lecteurs?

GREG FRITE: "Quoi que tu fasses, il y a toujours un public pour ce que tu fais; mais faut se taper!.." Peace.

Interview réalisée par Rip Laimbeer

05/05/2011

[Clip] Desiderata juvénile

Si l'ami Greg Frite se confie dans nos branchages, il n'en oublie certainement pas la musique et on le retrouve avec son frère d'armes de Triptik, Dabaaz, et le duo Rimcash & Didaï dans un nouveau track on ne peut plus frais et addictif. "C'est Ça Que Veulent Les Jeunes"... Enjoy!


02/05/2011

[Interview] Greg Frite - Antithèse d'un homme-sandwich (1ère partie)


Nous avons l'immense plaisir de recevoir dans nos branchages le sémillant Greg Frite, plus connu pour certains comme Blackboul du groupe Triptik. Fort de quatre opus passés à la postérité, l'homme revient avec nous sur sa carrière et surtout porte un regard plus qu'intéressant sur le présent et l'avenir...


photo by Guillaume Landry
STEREOTREE: Tout d'abord, de Black Boul' à Greg Frite, peux-tu revenir sur ton parcours, de la naissance de Triptik à l'effervescence actuelle qui entoure tes projets, en passant bien évidemment par ta semi-retraite...

GREG FRITE: Dabaaz et moi nous sommes rencontrés en vacances vers 1991 et direct, on s'est retrouvé à parler Rap US et Français. A l'époque, on ne se voyait pas pendant l'année scolaire, lui était dans les Hauts-de-Seine et moi dans les Yvelines. Et puis y avait ni internet, ni portable, ni réseaux sociaux... Du coup chaque été, quand on se retrouvait, le jeu consistait à se faire découvrir l'un l'autre nos coups de coeur musicaux du moment. Puis arriva ce fameux mercredi de 1995 (pas le groupe mais l'année!) où l'on se croisa par hasard à Châtelet et où il me proposa de venir "rapper" chez un de ses anciens potes de lycée (Drixxxé). Je griffonnais un truc pété pour le samedi et c'était parti!! La formation effective de Triptik n'arriva qu'en 1996/97, puis ce fut ce "tourbillon artistique" aussi improbable que fabuleux à vivre... Mais en 2004, à la suite de pas mal de galères (départ de notre manager des débuts, crise du disque due au téléchargement illégal et fatalement gros soucis de trésorerie pour notre propre label Concilium Production, envie d'évoluer en solo, etc...), on a finalement décidé de "prendre l'air"... 
C'est à ce moment-là que j'ai acheté mon matos pour faire mon son et m'enregistrer. Par conséquent ma "semi-retraite" n'en était pas une puisque ça m'a permis d'apprendre, d'essayer des trucs et de définir précisément mes forces comme mes faiblesses. 

STEREOTREE: Triptik a eu un impact considérable au sein d'un certain public, de part vos flows, vos beats et votre démarche foncièrement indépendante (dans la forme comme dans le fond), et vous restez une influence de poids pour de nombreux jeunes artistes dans l'hexagone. Comment appréhendes-tu ce statut?

GREG FRITE: A vrai dire je ne vois pas le truc comme ça. Pour moi ce qui est fait est fait! J'ai toujours été fondamentalement tourné vers l'avenir, vers le morceau ou le jour d'après. J'aime trop ce concept de remettre les compteurs à zéro tout en restant soi-même, d'où "Greg Frite". Moralité: inconsciemment, je me fixe toujours des objectifs à court, moyen et long terme, ce qui m'empêche de regarder en arrière ou de me mettre une pression par rapport à ce qu'on attend de moi. Je crois que je garderai toujours cet "esprit du débutant", je me dis toujours que ce sera encore mieux demain. C'est mon paradoxe, je suis à la fois complètement optimiste par rapport à ce que je peux fournir plus tard, grâce à l'expérience que j'acquiers chaque jour, et en même temps je suis un éternel insatisfait à la recherche d'une perfection qui n'existe pas. Selon moi, c'est d'ailleurs précisément là que se trouve la vraie beauté de la musique et des arts en général, on y recherche la perfection toute sa vie; c'est une quête sans fin. 

STEREOTREE: Comment vois-tu l'évolution du Hip Hop en général et du rap français ces dernières années, et dans quoi te retrouves-tu aujourd'hui?

GREG FRITE: Je dois avouer que mes connaissances en Danse, en Graffiti comme en Deejaying 
sont assez limitées, même si j'ai toujours eu une réelle admiration pour ces disciplines lorsqu'elles sont "incarnées" par de véritables talents. La faute à ma passion pour le rap, quoique je ne me définisse pas non plus comme un "historien" en la matière, haha!! Bref, il y a encore un an le rap français était mort, mais depuis peu un nouvel élan s'est amorcé. Alors bon, je préfère ne citer personne parce que je risquerai d'en oublier, mais des talents émergent partout en France et même en Belgique, en Suisse ou au Québec. L'époque actuelle est juste folle tant les mecs et les filles arrivent avec des packs complets: le fond, la forme et un univers. En ce moment, je découvre au moins un MC/groupe "plus que valable" chaque semaine; du jamais vu auparavant! A croire que la chute du "rap français" a permis l'avènement du "rap en français". À suivre...

STEREOTREE: Peux-tu m'en dire plus sur tes projets à venir? Un album de Triptik? Le projet DjunZ? un éventuel solo?...

GREG FRITE: Triptik va revenir gentiment avec un premier morceau pour cet été mais 4 autres sont déjà sérieusement avancés. Dans un premier temps, on va privilégier la scène parce que c'est notre moteur et que maintenant Drixxxé est avec nous sur scène. DJ Pone fini l'album de Birdy Nam Nam (qui tue!!) et va sortir un side project surprenant. Sinon on peut raisonnablement tabler sur un prochain album de Triptik en 2012.
Avec DjunZ (Rimcash, Didaï et moi), on a déjà une quinzaine de titres en boîte mais ça arrivera par vagues successives à partir de cet été avec des featurings savoureux...
Côté solo, 
dans mon disque dur externe, j'ai une sélection d'une trentaine de morceaux que j'estime défendables. J'en ai composé une bonne partie et mon DJ Jean Pal a produit l'autre. Mais comme je me suis beaucoup trop enfermé pour enregistrer tout ça, pour l'instant je privilégie l'ouverture et les collabs avec des artistes que j'apprécie ou que je découvre.

STEREOTREE: On sent une véritable famille artistique derrière ces projets, entre Dabaaz, Drixxé, Grems, Rimcash & Didaï, Frer200, A2H, et j'en passe... Peux-tu nous raconter un peu comment ça se trame?
photo by Guillaume Landry

GREG FRITE: Y a aussi Set & Match, Nemir, Kussay, Ockney, 1995/L'Entourage, Aelpéacha, Gérard Baste, Welsh Recordz, Gero, Veerus, Noir Fluo, Artik, Weedy, 3010, Kacem Wapalek, Tismé, Meksa, Machinist et bien d'autres... Aaargh, j'avais dit que je ne citerai personne! Bah ouais, aujourd'hui c'est juste fou! O
n se connait tous et on fait tous du son ensemble! Grâce à internet et aux réseaux sociaux, les affinités humaines comme artistiques n'ont jamais aussi évidentes et les collaborations n'ont jamais été aussi simples à mettre en place. A ce propos, faudrait qu'on finisse notre morceau Monsieur Ripklaw!... Le plus dingue c'est que cette émulation ne se cantonne pas uniquement à la musique, j'ai des potes opés dans tous les arts comme Thomas Ngijol, Alexis Peskine, Guillaume Landry, Franck Jessueld, John Waxxx, les Busyest, Mega, etc... A noter qu'avec Dabaaz et David MPC, le 25 juin prochain, on va organiser un concert au Nouveau Casino à Paris où l'on verra se "mélanger" Triptik, Rimcash & Didaï, DjunZ, 1995, A2H, Cool Connexion et Charly Greane donc restez câblés... Bon, c'était la minute "name dropping", hein. Haha!!

STEREOTREE: Peu le savent, mais tu a récemment fait l'acteur dans "Les Anges S'Habillent Caillera", c'est quelque chose qui t'attire, que tu comptes creuser?

GREG FRITE: Alors déjà, c'était juste un des teasers vidéos réalisés par Domy Prod pour le lancement du roman de Rachid Santaki. Et puis je n'avais qu'une vingtaine de lignes à apprendre donc on peut pas encore parler de métier d'acteur. Mais bon, pourquoi pas. J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de similitudes avec le Pera au niveau du mécanisme d'interprétation; le souci de justesse est sensiblement le même. Moralité: on verra bien!..


Interview réalisée par Rip Laimbeer

13/04/2011

[Focus] Hexagone exsangue?

Depuis un certain nombre d'années, voire une décennie, il est coutume de dire que la scène Hip Hop française est mourante, en déclin voire simplement inexistante pour certains. Ceux qui parcourent nos branchages depuis plus de trois ans savent qu'il n'en est rien et que notre fier pays cache en on sein des talents n'attendant que la lumière des spotlights. Au moyen de notre série "Beat Heroes Collection" ou encore de nombreux articles, nous avons tenté, humblement, de mettre notamment en avant la scène du beatmaking, particulièrement en forme depuis une demi-douzaine d'années. Des noms comme Tayreeb, Onra, Dal-Gren, Fulgeance, Le 4Romain, La Fine Equipe, Débruit, et j'en passe de nombreux, ont tous démontrés, à leur façon, que le beat made in France n'avait rien à envier au reste du monde. Mais là n'est pas le sujet, aujourd'hui.

Concrètement, ces derniers temps, combien de projets estampillés Rap Français (avec un ou plusieurs MCs, donc) et sortis récemment, méritent réellement une considération à long terme? Combien de classiques? Combien d'incontournables? La proportion par rapport aux années 90, alors qu'il y avait à priori moins de groupes et de moyens, fait peur à voir. Alors, certes, on pourra arguer que la médiatisation a forcément nuit à qualité des sorties, on pourra pointer du doigt les radios, les majors, l'air du temps, quoiqu'il en soit le résultat est là. Et si l'on retiendra quelques opus joliment carrossés, le Rap en France semble tout de même malade, victime d'un niveau général de MCing plutôt médiocre et bien souvent d'un manque de direction artistique affligeant.

Triste constat si ne nous grattions pas un peu la couche de crasse en profondeur, comme nous l'avons fait depuis nos débuts. Nous avons tenté de mettre en avant, parfois contre vents et marées, des entités telles que D3CCPT, Artik ou encore Beatease Concept. Et nous tentons, au jour le jour, de donner un peu d'éclairage à des acteurs doués mais parfois trop en décalage avec ce que le grand public semble aujourd'hui appeler Rap.

TRIPTIK
La liste est longue, mais non, le Rap Français n'est pas mort. Nombre de vétérans affutés arpentent encore le champ de bataille, plus alertes que jamais. Mentionnons Dabaaz et Greg Frite de Triptik, on ne peut plus frais et innovateurs malgré les années, ce tant dans le fond que dans la forme, et continuant d'influencer la jeunesse rapologique. Citons aussi l'iconoclaste Disiz ou et l'hyperactif Grems, dont les aventures crossovers, à l'un comme à l'autre, contribuent à paver la voie. Toujours dans la "vieille garde", parlons de Zoxea et Dany Dan, de Specta (Saïan Supa Crew), Vestat (Basic, D3CCPT), Kohndo, Kamnouze et consorts, continuant tous à leur façon de brandir le mic et la bannière du MCing avec talent, quand bien même les regards ne sont pas ou plus braqués sur eux. On attend leurs prochaines alves de pied ferme! Et n'oublions pas 20Syl ou Oxmo Puccino qui, malgré des sorties décevantes, ont largement contribué, encore aujourd'hui, à l'élargissement de l'horizon rapologique dans nos frontières.

ARTIK
Mais, la question qui se pose réellement reste la même: existe-il une relève à la hauteur? Et bien nous répondrons positivement, sans sourciller un seul instant. Oui, la relève est bel et bien présente, et 2011 sera même potentiellement son âge d'or. En premier lieu, la volonté de mettre Artik en avant n'était pas innocente et ne tenait pas du copinage mal placé. Non, l'homme est, tout simplement, l'un des tous meilleurs MCs en exercice aujourd'hui et l'on attend plus qu'un véritable album pour réellement apprécier l'étendue de ses talents. L'exercice du LP, dont la difficulté est bien connue pour un MC ayant acquis un statut via la scène freestyle sera donc la véritable épreuve de force pour celui qui a déjà convaincu son monde avec "Soyez Sympas, Téléchargez".

Taïpan, charismatique, arrogant et clairement en marge du milieu, tient aussi le haut du panier, mais devra prouver, après un premier album réussi ("Je Vous Aime") mais resté dans l'ombre, qu'il peut faire la différence sur un prochain projet. L'homme est un punchlineur hors-norme, mais possède aussi cette gouaille si particulière qui passe ou qui casse. Quoiqu'il en soit, qu'on aime ou qu'on déteste, Taïpan est indéniablement au-dessus du lot.

Bien trop discret et rare, Ahmad n'en est pas moins un lyriciste de haut vol, dont le sens de la formule reste sans égal. Et si le MC a déjà sorti quelques projets et est donc loin du statut de rookie, le peu de reconnaissance dont il jouit fait qu'il reste à découvrir pour la plupart. Doté d'un univers mature et intelligent, gageons que son prochain projet chapeauté par Le 4romain lui rendra justice. Dans le même ordre d'idée, Fisto a démontré l'an dernier les qualités de sa plume sur son premier LP solo (malgré les années au compteur) et l'on compte sur lui pour continuer à occuper l'espace avec l'art et la manière...

1995
Ensuite, cette nouvelle année voit emerger de nombreuses nouvelles têtes bourrées de talent et prêtes à dynamiser, voire dynamiter, le paysage actuel. Le nom de 1995/L'Entourage est le premier à sortir du lot, notamment mis en avant grâce à leurs passages au Rap Contenders, mais aussi et surtout à leurs nombreuses vidéos assurant un buzz exponentiel et effervescent, du moins sur la toile. L'Entourage est un collectif tentaculaire qui, tel un Wu-Tang parisien, regorge de MC's aux dents longues. De Nekfeu à Alpha Wann, en passant par Eff Gee, Deen Burbigo, Guizmo ou encore Sneazzy, la team offre un panel varié de MC's mêlant technique, punchlines, nonchalance et une vibe un brin old-school mais jamais désuète. En somme, 2011 s'annonce comme l'année phare pour ce crew, on attend donc d'eux qu'il dépassent le stade des faces B et des égotrips sur vidéos et qu'ils nous pondent des sorties lourdes tout en gardant tout ce qui fait leur renommée.

Toujours sur la capitale, le jeune Wilow Amsgood propose un univers à part et coloré, apportant un vent de fraîcheur bienvenu, notamment avec son récent EP gratuit "Marchand De Rêves". Citons aussi le redoutable A2H qui, lentement mais sûrement, fédère à coup de vidéos convaincantes et risque d'en froisser plus d'un avec sa street tape "Downtown", à sortir prochainement.

La province n'est pas en reste côté freshmen, puisque Libre Penseur (Lyon, Trueflav Records) est aussi un réel espoir, alliant une certaine fraîcheur, du bon goût et une écriture à lui. Son récent "Projet Flowbeat" a démontré l'écelectisme du MC, on l'attend dorénavant sur long format. Nemir ne peut être ignoré, son flow incisif et tranchant, allié à un charisme singulier lui permettant de marquer l'auditeur dès la première écoute. Là encore, on attend un projet solide de la part du jeune homme. Dans un autre style, Set & Match est un quatuor aventureux et plus alternatif dont la fraîcheur entrevue sur leur "Street Album" risque de contaminer un grand nombre si leur confidentialité vient à s'estomper, ce dont on ne doute point!

Evidemment, il est difficile de parler de tout le monde ici, vu le foisonnement actuel de talents, mais l'idée première de ce focus est de mettre en avant les chefs de file de ce que l'on peut clairement appeller la Nouvelle Vague du Rap Français qui, toutes proportions gardées, n'est pas sans rappeller l'avènement de Time Bomb il y a de ça presque quinze années... Remballez vos t-shirts nostalgiques, éteignez la radio, le bon rap français se vit au présent, on vous aura prévenu.

14/01/2011

[News] Tendancieux

Ha oui, si tu aimes les Neptunes, l'autotune, l'auto-dérision, le parisianisme et un certain grain de folie, en qu'en plus de ça, tu aimerais un truc différent en rap français, tu risques d'être conquis par le groupe Frer200. Gystère, Fibo et Kombo nous préparent un album, "Action Ou Vérité" pour le mois de Février, mais tu peux les découvrir sur leur mixtape "Le Groupe Du Moment", mixé par DJ Gero.

Au menu, les présences hétéroclites de Dabaaz et Greg Frite (Triptik), Gerard Baste (Svinkels), China Moses, Quinze, McLuvin, Aelpeacha, Doris mais aussi Clara Morgane, Laura Satana ou Thomas Ngijol! A découvrir en envoyant un mail à frer200@gmail.com, réponse avec lien de téléchargement dans la foulée! Plus d'info sur frer200.com.

15/11/2010

[Clip] Lendemain de Qhuit

Dans l'hexagone, peu sont aptes à rivaliser au micro avec le vétéran Dabaaz (membre de Triptik) et quand l'homme fait son retour attendu avec un premier track intimiste, "Ça Fait Un Bail", le tout prend des accents intimistes de vérités dures à avaler et de fêlures assumées. On attend la suite avec impatience, enjoy!