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29/07/2010

[Interview] Jimmy Edgar - Classé X


Méconnu mais terriblement talentueux, Jimmy Edgar est de ces artistes hyper-actifs et toujours en marge proposant systématiquement un son innovant et métissé.
Depuis ses débuts sur Warp, avec le EP "Access Rythme", ce jeune artiste de Detroit a suscité un enthousiasme des plus débridés auprès des amateurs de sonorités décomplexées, grâce à une musique mélangeant habilement House, Funk, Bass Music et Électronica.
Alors que son excellent album "XXX" vient de paraitre sur le label !K7, et qu’il enchaine les dates dans les plus gros festivals estivaux, il a eu l’extrême bienveillance de nous accorder une interview. Alors qu’il s’est f
ait très rare dans cet exercice, surtout en France, le producteur se confie et parle de sa musique, de la ville Detroit, du sexe, du cosmos et de ses projets à venir...

STEREOTREE : Salut, Jimmy! Alors, ton album “XXX” vient tout juste de sortir sur le label !K7. Je dois bien t’avouer qu’en l’écoutant, j’ai immédiatement eu le sentiment que c’était la parfaite continuité de ton EP "Bounce, Make Model" sorti en 2004, avec ce mélange assez unique entre Funk, Electro et House. Du coup, pourquoi as-tu mis autant de temps avant de refaire ce genre de sons?

JIMMY EDGAR : C’est sorti il y a quelques jours, et je suis vraiment hyper excité. Les gens me renvoient une telle énergie, je la sens carrément couler dans mes veines, c’est un peu comme la drogue ultime, en fait. C’est incroyable !
J’ai toujours fait ce genre de son, en fait. Tous mes tracks sortis sur Warp à l’époque étaient juste une partie de ce tout que j’avais pu faire depuis mes débuts. Et toutes les chansons qui se trouvent sur "XXX" sont et forment juste un ensemble qui me paraissait homogène et cohérent. Par exemple, "Sleep Connexion Date RP", le bonus track, a été fait il y a à peu près 5 ans, et juste une semaine avant la sortie de l'album, j’en ai terminé une edit. Je voulais absolument le faire sonner comme quelque chose d’outrageusement sexuel et enflammé.

STEREOTREE : Tu as commencé par faire une musique purement électronique sur le label Warp et même avant sous le pseudo de Kristuit Salu. Après tu t’es plutôt orienté vers la House avec ton album "Color Strip", entre autre. Est-ce que c'était important pour toi de varier autant tes productions?

JIMMY EDGAR :Ce n’est pas vraiment comme ça que je le ressens."Colostrip" n’est pas un album House, c’était plutôt la vision que j’avais de la Pop music à l’époque.
Ma musique puise principalement ses racines dans la techno de Detroit, et cette ville a eu énormément d’impact sur moi. Mais ce que je fais ne répond pas à un genre en particulier, mais sonne plutôt comme un vaste mélange de différents styles. Je pense que rien n’est véritablement unique, et que le génie musical ne peut se manifester au travers d’un seul individu. On doit tirer sa créativité de quelque chose de plus global, voir même de complètement cosmique, et je viens à peine de l’envisager. Je suis un vrai touche-à-tout, et c’est vraiment ça qui me plait ! C’est pour cette raison que je ne fais pas uniquement de la musique mais aussi de la photo, c’est quelque chose que j’ai toujours travaillé, car je voyage énormément. Ça aide !

STEREOTREE : Le Sexe a toujours semblé être une de tes principales sources d’inspiration. Est-ce exact ?

JIMMY EDGAR : Oui, en partie. Mais ce n’est pas vraiment le sexe en lui-même. C’est plus la tension qui précède l’acte, tout le mystère qu’il peut y avoir dans les relations humaines. Et le simple fait de s’en inspirer représente pour moi un certains challenge. A part mon single "Hot Raw Sex", aucune autre chanson n’en parle explicitement, mais en revanche elles ont toutes une atmosphère très sexuelle.
Je tiens vraiment à faire une musique qui te donne envie de te trouver sexy, cool et sûr de toi. Ceux qui aiment ma musique m’ont toujours dis que cela fonctionnait bien. Pour moi, c’est vraiment un aboutissement qu’on puisse le ressentir ainsi, que cela soit parfaitement communicatif. Car, lorsque je conçois ma musique, je suis justement très sûr de moi. Je pense d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle les mannequins et actrices aiment la musique, car elles peuvent en ressentir toute l’énergie et s’en servir à bon escient pour leur travail.

STEREOTREE : Tu es originaire de Detroit, qui est vraiment une ville à part pour tous les amoureux de musique. A quel point a-t-elle été une source d’inspiration pour toi?

JIMMY EDGAR : Oui, tout à fait ! Je viens de Detroit et j’y ais vécu pendant 20 ans. Aujourd’hui j’en ais 26 et j’ai depuis vécu à New York et Berlin, là où je suis aujourd’hui.
Detroit est vraiment différente de toutes les autres villes. C’est un endroit vraiment dur, brut, voir même très négatif. Mais les gens sont toujours en train lutter pour une vie meilleure, et vont de l’avant, tout le temps. En fait, tu as ce complexe industriel qui entoure toute la ville, en contraste avec tous les gens qui sont en difficultés et qui meurent de faims à l’intérieur. Tu peux imaginer à quel point cela a pu inspirer la musique électronique en général. Et, en allant plus loin, tu peux voir à quel point cela peut donner aux gens une envie de changer le monde, d’élever leur conscience pour avoir la capacité de voir au-delà des apparences, jusqu’à la vérité même de l’art, de la connaissance. Leur donner envie d’aller plus loin, tout simplement. Et ça explique aussi toutes les visions complètement cosmiques que j’ai pu avoir au cours de ma vie.

STEREOTREE : Selon moi, ta musique sonne comme le parfait mélange entre Prince, Egyptian Lover, Kraftwerk et Timbaland. Et je pense très sérieusement qu’une collaboration entre toi et un artiste R’n’B serait un des projets les plus excitants qui soit. J’avais même entendu que Justin Timberlake t’avais contacté. Mais est ce que c’est quelque chose qui t’intéressait, en fait ?

JIMMY EDGAR : Absolument! J’ai d’ailleurs pas mal de projets qui vont dans ce sens là! Dans "XXX", tu peux entendre une chanteuse très prometteuse qui s’appelle Azealia Banks. Elle devrait signer sur Downtown Records ou XL, un label de ce genre là. Je suis vraiment fan, elle se débrouille super bien, et je pense carrément lui produire un album. En ce qui concerne d’autres artistes Pop, la plupart savent où me joindre, et j’espère bien qu’ils le feront, car j’ai un tas de beats bien moites qui les feront suer bien comme il faut, crois moi !

STEREOTREE : Et y’aurait il un artiste en particulier avec lequel tu aimerais travailler?

JIMMY EDGAR : Il y en a même plusieurs. Là, comme ça, je dirais des artistes comme Busta Rhymes, Missy Elliot, Aaliyah (si seulement elle était encore là…) ou Ciara.

STEREOTREE : Tu as toujours eu pas mal de projets musicaux dans des styles assez différents (Her Bad habit, X District entre autres). Est ce que, en tant qu’artiste, il te parait nécessaire d’être toujours productif ?

JIMMY EDGAR : Oui et parfois je préfère rester anonyme, en fait. Même si, au finale, les gens pourront éventuellement finir par s’apercevoir que je suis derrière, comme ce fut le cas pour mes projets Plus Decive et Creepy Autograph. C’est plus une question de remise en cause personnelle, de savoir se réinventer, finalement. C’est indispensable. Au départ, je pensais que ce n’était pas une bonne solution, comme si ça rendait un projet quelque peu irréelle et finalement sans d’identité propre. Mais maintenant je m’aperçois que je peux réellement être un caméléon qui navigue entre musique et mode, et surprendre les gens grâce à ça.
Un artiste qui ne se réinvente pas doit forcément avoir quelque chose en plus pour compenser. Regardes Roy Orbison, il a eu le même style et le même look pendant des années, mais ça lui a plutôt réussi finalement. Mais si tu regardes quelqu’un comme David Bowie, tu te rends compte assez rapidement que tu ne peux pas vraiment le critiquer, car il l’a toujours su innover et changer, et ce, d’une manière incroyable.


STEREOTREE : Tu es en contact avec le producteur Machinedrum et le MC New Yorkais Theophilus London, qui sont à nos yeux deux des artistes les plus prometteurs à l’heure actuelle. Qu’est ce que tu pourrais nous dire à leurs sujets ? Et, surtout, est ce que vous avez des projets en commun ?

JIMMY EDGAR : Machinderum est vraiment un de mes meilleurs amis, en fait, et je suis toujours en contact avec Theo pour bosser sur des nouveaux morceaux. On verra bien ce que ça donne. J’avais produit deux titres pour lui, "Blindfolded" et "Higher", qui avaient vraiment très bien marché, donc qui sait ! Puis, Machinedrum est surtout un de mes musiciens préférés. On s’entend super bien et du coup on s’inspire mutuellement depuis quelques temps. C’est vraiment intéressant. C’est un plaisir de travailler avec lui, et on est d’ailleurs en train de bosser sur un EP tous les deux. Pour l’instant nous avons un single qui s’appelle "Sin Love With You" qui me plait vraiment, On devrait terminer ça rapidement !

STEREOTREE : Qu’est ce que tu écoutes le plus en ce moment? Est-ce que tu pourrais nous faire un petite playlist ?

JIMMY EDGAR : Oui, pas de problème! Je peux te donner une playlist que je viens de faire pour Groove Magazine :

1- Dj Rashad "Girls Busta Down"
2- Waxmaster “Footwork”
3- Jimmy Edgar “Midnight Fone Call” from XXX
4- Addisson Groove “Footcrab”
5- Tiger and Woods “Come Down”
6- Virgo “Take me Higher”
7- Seth Troxler “Aphrika”
8- Prince “Lady Cab Driver”
9- Shalamar ” Over and Over” (Creepy Autograph remix)
10- Motor City Drum Ensemble “Raw Cuts 2”

STEREOTREE : Tu es aussi photographe de mode, donc. Est ce que pour toi la musique et la mode sont justement deux choses complémentaires, au final?


JIMMY EDGAR : Oui, ça peut l’être. La musique est un style, tout comme la mode, et je suis quelqu’un de finalement très visuel. C’est un aspect que j’aime beaucoup et dans lequel j’aime bien me perdre. Tout le monde pense que je suis une personne qui se donne tout le temps à fond dans la musique et qui évolue dans un univers très sonore. Mais, en fait, je n’entends presque plus d’une oreille, et l’autre n’est pas forcement en meilleur forme. J’entends bien quand on me parle, mais pour écouter de la musique, c’est une autre histoire. C’est d’ailleurs pour ça que mes prod’ sont si riches en grosses basses et en hautes fréquences.

STEREOTREE : Aurais-tu, pour finir, un petit mot sur notre belle France?

JIMMY EDGAR : Je vous aime beaucoup, vraiment! Je t’avoue que ce qui me manque le plus, et que je préfère en France, c’est toute la communauté noire. La dernière fois que j’ai joué au Batofar (Paris), j’étais vraiment comblé, c’est le moins que l’on puisse dire! D’ailleurs, j’envisage vraiment de m’installer à Paris pour un moment. Et ça fera surement rapidement, car j’aimerais beaucoup y travailler en tant que photographe.
Merci beaucoup!!!!!!!

STEREOTREE : Merci à toi, cher Jimmy !


Interview réalisée par Onelight

1 commentaire:

ilan a dit…

bravo pour l'interview!