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15/12/2007
[Chronique] Dizzee Rascal - Maths+English (2007)

Rentrez donc les gamins et sortez couverts, l’enfant terrible du Grime Sound décide enfin de refaire surface en cette année 2007. Dizzee Rascal nous fait en effet le plaisir de revenir en force avec un nouvel album, Maths & English.
Alors qu’il lui avait fallu à peine un an pour boucler son 2eme album, Dizzee a ici pris son temps, trois ans, et n’a pas fait les choses à moitié.
L’album débute en trombe. L’enchaînement du solennel "WorldOutside" (écrite à l'intention de Wiley, son ex compère et parrain au sein du Roll Deep Crew) et des explosifs "Pussy’Ole" et "Sirens" en met plein les oreilles. Ces deux titres sont d'ailleurs produits sur une construction musicale purement Old School, ce qui se fait plutôt rare.
"Where's Da G's", (avec la participation de Bun B et Pimp C (R.I.P)), ensuite, dans un style très Gangsta Rap Made In Atlanta, est une petite bombe qui ferait presque penser à du Outkast.
Mais là où Dizzee surprend, c’est bien avec la suite de l’album, beaucoup plus diversifiée, calme et accessible. Le léger et joyeux "Da Feelin’" étonne agréablement avec un style Drum'N'Bass à l’anglaise, produit par le légendaire Shy Fx.
Le délicat "Excuse Me Please" est quant à lui un petit régal à la mélodie entêtante.
On est également surpris et content de voir ses compatriotes Lily Allen, sur l’excellent et potentiel single "Wanna Be", et Alex Turner, chanteur des Arctic Monkeys, samplé sur le refrain de "Temptation".
Ce mélange de brutalité et de délicatesse tape en plein dans le mille. Maths & English, parfaite équation entre rimes et instrumentales, déballe toute l’étendue du talent de Mister Rascal. Et ce, malgré quelques déchets, comme les plutôt médiocres "Suck My Dick" et "Bubbles", qui ne parviennent pas à capter l'attention et lassent rapidement.
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[Chronique] Flying Lotus - Reset EP (2007)

Producteur en provenance de L.A et proche parent du défunt couple John&Alice Coltrane, Flying Lotus est une de ces nouvelles têtes ultra talentueuse de la nouvelle génération de Beatmakers sur qui l'on compte beaucoup.
Ayant fait ses armes avec une première mise en bouche de qualité, "1983" sorti sur Plug Research l'année dernière, et après divers apparitions, avec John Robinson notamment, il n'a pas fallut longtemps au prestigieux label anglais Warp (qui accueil déjà un des maîtres de la fusion HipHop/Electro, Prefuse 73) pour le repérer et le signer sur le champ .
Voici donc la première livraison conserver à cette signature, nommée « Reset EP » .
Avec un style toujours aussi singulier entre un Electro brut et un Hip Hop expérimentale , clairement influencé par J Dilla et par les Jeux Vidéo des années 80 (d’ou le titre « Reset »), Flying Lotus prend le meilleur de ses influences pour créer une ambiance qui lui est propre, le tout avec une maîtrise surprenante, compte tenu de son jeune age .
Cet EP, en prévision d’un album prochain , séduit dés les premières mesures, avec un envoûtant « Tea Leaf Dancers » (déjà remarquée par Gilles Peterson, qui a inclut le titre dan sa récente compilation « Brownswood Bubblers 2) , en compagnie de la délicate chanteuse Andreya Triana, qui démontre à quel point ses productions peuvent être sublimées par le chant .Mais notre homme excelle bel et bien dans l’instrumentale, et ce n’est pas la suite de cet EP qui va nous contredire . On assiste a un enchainement de 5 titres tous aussi ravageurs les uns que les autres . « Massage Situation », véritable petite perle saccadée et aérienne, fait office de chef d’œuvre inclassable. Toute la maîtrise et l’originalité du bonhomme sont mis en lumière . « Spicy Sammich » et « Dancefloor Stalkers », ne sont pas en reste, et dévoilent une autre palette du Beatmakers, plus sombre, plus dérangée mais tout aussi géniale.
Inutile de s’étendre d’avantage, voici clairement la preuve que Flying Lotus est un de ces producteurs sur qui il va falloir compté pour les années avenirs . Nul doute en effet que cette signature sur Warp va vite se révéler propice à l’explosion de son talent pour toutes les oreilles averties.
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[Chronique] Gilles Peterson Presents Brownswood Bubblers Two (2007)

Apres un premier volet d'une grande qualité, notre compileur favori Gilles Peterson continue de gratifier son nouveau label Brownswood, ainsi que nos oreilles par la même occasion, d’une deuxième compilation de nouveaux talents. Sir Gilles joue ici la carte de la douceur et de la relaxation, avec une sélection de titres rares ou inédits d’une délicatesse imparable .
On retrouve ici des gens comme Flying Lotus, avec son sublime Tea Leaf Dancer (en compagnie de la douce Andreya Triana) qui confirme tout le bien que l’on pense de lui, les danois de Boom Clap Bachelors, crew de Robin Hannibale du très talentueux duo Owusu&Hannibale, NMS, avec le sacré banger qu’est« The Hype », et toute une pléiade de nouvelles têtes qu’il serait inutile d’énumérer tant elles sont toutes aussi rafraichissantes les unes que les autres .
Comme dans le précèdent volet, rien n’est à jeter, et chaque morceaux est une petite pépite qui suffirait à faire un bon album .
Sans se répéter, et avec toujours autant d’inventivité et de musicalité, Gilles Peterson démontre encore une fois son bon goût et son parti prit pour la musique de qualité .
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[Chronique] Peanut Butter Wolf - 2K8 B-Ball Zombie War (2007)

Quand la meilleure simulation de basket-ball sur console de salon s’associe au meilleur des Label Hip Hop indépendant, cela donne B-Ball Zombie War .
Apres Dan The Automator l’année dernière, et une compile regroupant des morceaux exclusif d’artistes comme Little Brother ou Common il y a deux ans, c’est au tour de Peanut Butter Wolf, boss du Label indépendant californien Stones Throw, de mettre en musique le meilleur jeux vidéo de Basket-Ball annuel de la plus belle des manières.
Tous les artistes phares du Label sont bien évidemment présents, du défunt J Dilla à Aloe Blacc ou Madlib et son fréro Oh No en passant par les dernières recrues comme Guilty Simpson. Et ils sont accompagnés pour l’occasion de guests de choix comme Q-Tip ou Talib Kweli .
Comme à son habitude, PBW signe une sélection d’inédits très variée et sans fioritures. On notera principalement la délicieuse Soul de Aloe Blacc sur « Find A Way », la nouvelle collaboration ultime entre Madlib et Karriem Riggins, qui fait des étincelles sur « See », le massif « Break It Down » de M.E.D produit par Just Blaze, ou le trop court remix de « Hydrant Game » de Quasimoto par Jay Dee. Mention spéciale également pour le P Funk cosmique de Dam-Funk, dont le Funkmosphere EP devrait débarquer cette année.
Les 3 pépites 80’s en fin d’album sont également très appréciables, bien qu’assez déconcertantes.
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[Chronique] Phat Kat - Carte Blanche (2007)

Artiste hautement emblématique de la scène Hip Hop de Detroit , ayant collaboré à de très nombreuses reprises avec Jay Dee ,notamment sur leur premier groupe 1st Down ,ou encore avec Dabrye sur le Banger ultime "Game Over" , Phat Kat aka Ronnie Cash nous revient enfin , sur Look Record , après un bon opus en 2004 sur Barak Records . Soyons clair, cet album est de qualité, et il ne fait aucun doute qu'il saura pleinement combler les fans du Hip Hop Made in Detroit.
Ce "Carte Blanche" contient en effet tout ce que l’on peut espérer venant de ce charismatique MC collaborant avec les pointures de la production locale. Les Fans de bon Boom Bap seront eux aussi conquit par cet album qui ne manque définitivement pas d’arguments de poids .
Brillant majoritairement par les productions du regretté Jay Dee aka J Dilla , (Nasty Ain ‘t It,Cold Steel,My Old Label et Game Time sont toutes 4 des véritables brise nuques en puissance ) , le reste de l’album n’est pas en reste et on en prend plein ls oreilles . Black Milk nous régal avec « Get It Started » et « Danger » ( déjà sur son précédents EP Broken Wax) et son compère au sein de BRGunna , Young Rj ,est loin de faire de la figuration et signe aussi 2 perles ,le délicat « Lovely » et le très bon « True Story part 2 » .
Homogène et captivant de bout en bout , « Carte Blache « est un album solide et accrocheur qu’aucune fautes de goût ne vient gâcher . Vous voilà prévenu .
A noté en bonus le gros classique "Don't Nobody Care About Us " ;
TURN IT UP !
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[Chronique] Outlines - Our Lives Are Too Short (2007)

Une Bande de pote, de la bonne humeur, de l'énergie et du gros son , voilà ce que propose les Outlines .
Formé entre 2001 et 2002, le groupe est composé d’ Irfane, architecte musical et chanteur, Jérome Hadey, qui co-produis la musique avec Irfane et s'occupe de la production exécutive, et de Jay One, véritable légende du graff, qui s'occupe de tout l'univers visuel du groupe. Cela fait maintenant plus de 5 ans que les 3 garçons travaillent ensemble, afin de concentrer toute leur expérience au sein d'une même vision. Ce Our Lives Are Too Short en est la première illustration.
Après un Maxi très remarqué, "Just a Little Lovin’" en 2003, (le morceau fut découvert en 2002 lors d’une soirée ou ce dernier fut playlisté par Gilles Peterson et Jazzanova), et une signature sur le prestigieux Label Sonar Kollektiv, l'impatience est de rigueur quand à la découverte de ce premier long format.
Le moins que l'on puisse en dire après une simple écoute, c’est qu'ici le talent se veut débordant. Les tubes et interludes groovy s'enchainent sans l’ombre d’une faute de gout , et on en prend plein les mirettes.
La ou on attendait un album résolument Broken Beat , on a finalement un opus varié et décomplexé . En témoignent les track avec RZA, Abd Al Maik et Beat Assaillant , accessibles et soignées au maximum .
Les singles "Just a Little Lovin’" et "Listen To The Drum" , ici dans une version alternative, font toujours autant d’effet . Et des titres comme "A Matter Of Time", »Show Me » ou “Waiting In Line” ,avec Beat Assaillant, deviennent ,eux , très vite addictif .L’album s’écoute du début à la fin avec un plaisir certain .
Aucun doute, tout le monde y trouvera son compte, aussi bien les amateurs Broken Beat Nu-Soul que les fans de Hip Hop .
On appel ça une réussite.
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[News] Dabrye Sort de l'ombre

Producteur sombre, avant-gardiste et totalement génial, Tadd Mullinix aka Dabrye sort de l'ombre en 2008 le temps d'un EP, toujours sur le Label Ghostly, en compagnie de AG.Les plus curieux connaitront déjà ce Track (datant des sessions d'enregistrement de Two/Three), qui est assez renversant. Egalement au programme, un énorme remix de Flying Lotus et un autre de Kode 9. Miam, comme on dit.
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[Chronique] Yesterday's New Quintet - UNIVERS (2007)

Madlib , Otis Jackson Jr dans le civil , l’homme aux mille visages, n’est pas seulement la tête pensante cachée derrière des projets tel que Quasimoto, Lootpack ou Madvillain , c’est aussi Yesterday’s New Quintet .Groupe ayant donné la migraine à tous les puristes du genre, l’homme y explore les terres du Jazz, en étant seul derrière chaque instrument joué.
Et le producteur californien va encore plus loin avec cet UNIVERS , démultipliant son esprit créatif, en inventant pour chaque chanson un nom de groupe différent .On a ici le droit à des noms aussi délicieux que Kamala Walker and The Soul Tribe ou encore The Eddie Prince Fusion Band .
Pour le coup, notre homme n’est pas tout à fait seul . Karriem Riggins,batteur attitré de Common ou de Diana Krall et complice de longue date du défunt Jay Dee, fait une apparition , l’espace d’un titre sublime ,Umoja, qu’on croirait tout droit sorti d’une Session des années 1970 .
Alors que les derniers projets Jazz de Madlib , sous le pseudo de YNQ ou de Sound Directions , que l’on retrouve d’ailleurs ici, sonnait parfois mou et ennuyeux en raison d’une certaine facilité et d’un manque d’inspiration certains, UNIVERS paraît nettement plus soigné et nous offre un pur moment de bonheur .
Offrant un Jazz tantôt déstructuré à l’extrême, « Slave Riot », tantôt plus traditionnel rappelant les grandes heures du Jazz d’en temps , » Barumba » et son ambiance bresilienne ou « One For The Monica Lingas Band », ce dernier opus est une petite perle . Autant les novices que les connaisseurs seront séduit .
Voici un univers décalé et intemporelle , tel une capsule spatiale évadée d’une dimension parallèle , ou Jazz et Hip Hop ne font qu’un .
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[Chronique] Yann Kesz - Break Captures (2007)

Soyons direct, pour peu que vous soyez réceptif à la musique de gens comme Jay Dee, Dabrye ou Sa-Ra, ce 45t est à acquérir absolument. En l’espace d’à peu près 13 minutes, Yann Kesz s’impose directement comme étant l'un des beatmakers français les plus doués qu’on ait entendus depuis pas mal de temps.
Construit à base de 13 chansons très courtes, la plus longue atteignant à peu prés 2 minutes, et réunies en deux phases, ce premier Seven Inch impressionne par une variété et une maîtrise indéniable.
Même si la durée frustrante des morceaux peut surprendre et énerver, cet exercice de style pour le moins original se révèle être un tour d’horizon très réussi des multiples influences du beatmaker.
Passant d’une Nu-Soul très inspirée, ("Wonder" ou l’entraînant "You Let Me Down") à un Hip Hop sombre, puissant et mélodieux,( "Art Perdu", qui reprend le sample très courtisé d’Arthur Verocai,"Electric Nose" ou Cocaine), Yann Kesz donne un avant-goût électrisant de son talent . On retrouve ici quelques têtes plus ou moins connus comme le MC LMNO des Visionaries, le talentueux Buddy Sativa ou DJ Suspect .
Les deux phases sont assez homogènes et proposent toutes deux une alternances de chansons rappées, chantées et instrumentales, le tout étant judicieusement entrecoupé de petits samples ambiants. Une équivalence qui vaut aussi pour la qualité des titres proposés, qui sont tous aussi excellents les uns que les autres.
Break Capture est donc bien plus qu’une bonne surprise, en attendant les futures projets de ce jeune français, que l’on guettera avec intérêt.
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[Chronique] Shapes Of A Broad Mind - Craft Of The Lost Art (2007)

Derrière ce titre étrange et cet artwork fascinant se cache Jneiro Jarel, , producteur Hip Hop ultra doué maniant la démultiplication de pseudonymes à la perfection, à l’instar d’artistes comme Madlib ou MF Doom (d’ailleurs présent ici) .
Après un dernier opus instrumental, Beat Journey sous le nom de Dr Who Dat, notre homme pousse ici le principe de la schizophrénie musicale à son paroxysme en regroupant ses multiples pseudos (hormis le MC Jawaad, bien réel) autour d’un même groupe, Shape Of A Broad Minds . On retrouve donc, outre Jneiro Jarel, Dr Who Dat?, Panama Black, et Rocque Wun, le tout toujours sur Lex Records .
Une ambiance étrange parcoure ce Craft Of The Lost Art. Jneiro et sa troupe d’acolytes imaginaires semble se balancer entre un Hip Hop musicalement cérébrale et alambiqué, et des inspirations lorgnant plus vers la Soul et le Jazz. Une démarche et un univers qui fera un peu penser au sublime Madvillain .
L’album opère une parfaite fusion de ces deux formes musicales pour créer une musique riche et profonde. Des chansons comme l’impressionnante "Electric Blue", (qui rappelle la rythmique de "E=MC²" de J Dilla) ou la très réussie "Changes", sont une bonne imagerie de cette ambiance si particulière.
De sombres ballades mélancoliques et jazzy, ("Buzz Around Town", "They Don’t Know" ou l’aquatique "Solo (Underwater )", s'alternent avec morceaux Hip Hop sombres et rugueux, ("So Much Chaos", "Beast From Da East"), et étranges envolées chantées aux sonorités Rock, (" OPR8TR" ou "12C ").
Un ensemble qui peut laisser circonspect aux premières écoutes, mais qui se révèlent vite littéralement géniale.
Jneiro maitrise en effet complètement son sujet, jusqu’à la moindre petite interlude instrumentale. Il s’amuse même à faire redémarrer son album en plein milieu, ( "Mermaid (outro)" et "It Ain’t Dead "), le tout avec une facilité déconcertante.
Alors, certes, ceux qui attendaient un album proche de son précèdent Three Piece Puzzle, œuvre véritablement mésestimée compte tenu de sa foudroyante qualité, seront probablement déçus par le coté cérébrale et touche à tout de ce Craft Of The Lost Art.
Cependant, difficile de bouder son plaisir face à un tel talent et une telle créativité. Car il ne faut pas se tromper, voici clairement un des albums les plus réussis, riches et intéressants qu’on ait entendu cette année. Jneiro Jarel dépasse donc le stade de la confirmation avec ce véritable coup de maitre, qui se révèlera probablement être un classique du genre .
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