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26/12/2007

[Chronique] Katalyst - What's Happening (2007)


Voici incontestablement un des albums les plus surprenants de l'année, une excellente surprise sortie de nulle part, ou presque.
Katalyst, producteur australien littéralement inconnu sur nos terres, prend ici le meilleur de la Soul, du Funk, du Hip Hop et du Rock pour un résultat des plus convaincants.

Aidé par quelques featurings de choix comme les MC's Diverse et J-Live ou le génial chanteur Soul Steve Spacek, notre homme livre un opus solide, très varié et totalement maîtrisé.

En témoigne les titres How Bout Us avec Steve Spacek justement, véritable tuerie jazzy, ou Say What, dans une vibe Funk old school définitivement très à la mode ces derniers temps (Amy Winehouse ou Nicole Willis).

Avec ce What's Hapenning, aucun doute, tout le monde y trouvera son compte.

[Chronique] Réel Carter - Contre Vents Et Marées (2007)


Rarement un titre d'album en avait autant dit sur son contenu, son histoire et son auteur. L'éminemment sympathique Réel Carter nous revient donc en ce froid mois de décembre, pour nous réchauffer de bonnes vibes, après un "Essence Du Cœur" qui avait suscité un enthousiasme mérité à son encontre.

Considéré par défaut comme un activiste de la "scène jazzy", étiquette inventée par des journalistes en manque de tiroirs, Carter est avant tout un rappeur positif dont les influences vont se nicher dans les racines du Boom Bap des 90's et dans le mouvement Native Tongues. Ainsi, l'album débute sans surprise par un hommage à Jay Dee pour s'enchaîner avec le fameux "Contre Vents Et Marées", véritable confession de foi et définition de qui est Carter aujourd'hui, en tant qu'artiste mais aussi en tant qu'homme (on se rappellera ici de son ancien titre "C'est Qui Carter?"). Le MC nous parle du quotidien avec des tracks comme "RER D", "Le Temps" ou "La Routine", nous parle de nous au travers de titres comme "L'Homme Et Ses Joyaux" ou "Des Regards" mais surtout, il choisit de toucher le cœur de l'auditeur. En effet, des morceaux comme "Lena Baker", chargé d'émotions, ou "Tu Peux Le Faire" featuring Rony, véritable message et code de conduite dédié à son fils, mais aussi à toute la nouvelle génération, ne peuvent que toucher l'auditeur. Attardons nous d'ailleurs un instant sur l'excellente voix de Rony, apport Nu Soul non négligeable à l'album puisqu'on le retrouve aussi sur le sublime "Nos Rêves", titre le plus réussi de l'album à mes yeux et que l'on retrouve ces jours-ci en écoute dans le player de Stereotree.

D'ailleurs le chant est la nouveauté véritable de cet opus, qui par ailleurs reste dans la droite lignée de ce qu'a toujours fait Carter. On y retrouvera donc la voix pétillante de Samantha Lavital sur "Libre" produit par les trop rares Fratello Beatz (Teebow & Vincenzo déjà présents sur le LP précédent ou sur le dernier Kohndo par exemple), qui fournissent d'ailleurs deux autres beats ("Le Temps" et "Sentiment Etrange"), le reste étant assuré par Réel Carter lui-même. Ce qui peut parfois apparaître comme un défaut aux oreilles de l'auditeur puisque les beats de Carter ont parfois tendance à se ressembler quelque peu. Mais peu importe, Carter nous livre son art à la manière d'un imperturbable artisan du Hip Hop, avec son propre savoir-faire, sans lorgner du côté de ce qui fait la tendance. "J'avance la tête haute sans jamais abdiquer", il le dit lui-même.

Autre nouveauté et attrait de cet album, c'est la présence de musiciens live venus pour épauler Carter sur ses sons. On croisera donc des artistes bourrés de talent tels Robin Notte et son piano, Yann Crazy Flûte et sa ... flûte ou encore le multi-instrumentiste Afro DZ (également MC à ses heures). Aucun doute, ces artistes apportent eux aussi leur empreinte à cet album qui se définirait donc comme un album de transition.

En effet, d'un côté Réel Carter joue la carte de la tradition (SA tradition) au niveau du flow et des sons, mais joue aussi celle de l'ouverture musicale, avec ces chanteurs et musiciens dont nous avons parlé plus haut. Au final, Carter nous offre un album qui lui ressemble, en accord avec lui-même, c'est à dire simple, positif, sans prétention autre que celle de nous apporter un bon moment et une envie d'aller de de l'avant, "contre vents et marées", humblement.

[News] Le doux rêveur


Le premier album de Jose James, "The Dreamer", devrait sortir fin Janvier sur le label Brownswood de Gilles Peterson.

Voilà qui devrait pleinement combler les amateurs d'un Jazz velouté et relaxant.

Promis, on en reparle.

21/12/2007

[Interview] Onra, ou les tribulations d'un beatmaker.


Le producteur français Onra, après un premier album en hommage à la Soul Music, en compagnie de Quetzal, et une collaboration avec Byron The Aquarius, jeune prodige américain du keyboard, sous le nom de The Big Payback, remet le couvert avec "Chinoiseries". Le talent étant bien présent, l’envie d’en savoir plus le concernant n’a pas tardé. Rencontre:

StereoTree: Onra, je vais tout d’abord te demander de te présenter.

Onra: Véritablement beatmaker depuis 2002. J’habite dans le 13eme arrondissement de Paris, je suis d’origine Vietnamienne. Collectionneur de vinyls, je taffe sur MPC 1000, MicroKorg et Cubase. Premier album «Tribute» en Novembre 2006 en collaboration avec Quetzal, deuxième album avec le pianiste Byron The Aquarius sous le nom de The Big Payback, sorti en Juillet 2007, et mon premier album solo «Chinoiseries» vient de sortir.

StereoTree: Le 16 Juillet dernier, l’album The Big Payback, ton projet avec Byron The Aquarius est sorti. La première question qui vient à l’esprit est: Comment vous êtes vous rencontré ?

Onra: On s’est rencontrés sur Myspace en décembre 2005. Byron a cliqué sur ma page, a écouté les beats, et j’ai fait de même juste après qu’il ait laissé un commentaire en disant qu’il aimait ce que je faisais. Quand j’ai entendu qu’il jouait du Fender Rhodes, je lui ai proposé qu’on fasse un morceau ensemble… Je lui ai donc envoyé une batterie et lui, quelques accords. Ca a commencé comme çà. Trois semaines plus tard, on avait déjà presque une dizaine de morceaux et on s’était crée une page Myspace en tant que duo. Quatre mois plus tard, on avait une trentaine de morceaux, dont tous ceux de l’album.

StereoTree: Comment est ce que vous procédez à distance, comment répartissez vous le travail ?

Onra: La plupart du temps, tous les morceaux commencent à partir du beat que je programme sur la MPC. On est aussi parti du Rhodes de temps en temps, pour compléter par la suite. Byron s’occupe des parties mélodiques, et moi des parties rythmiques. Nous sommes complémentaires.

StereoTree: Est ce que ça ne fait pas trop bizarre de bosser avec un mec qu’on n’a jamais vu, finalement?

Onra: C’est bizarre de sortir un album avec quelqu’un qu’on n’a jamais vu. Mais travailler sur un ou quelques morceaux, il n’y a rien d’étonnant à çà. D’ailleurs je pense que The Big Payback est pour l’instant un projet isolé, mais ce genre de collaboration virtuelle est vouée à se pratiquer de plus en plus.

StereoTree: On remarque qu’il y a véritablement une alchimie musicale entre vous, la collaboration va t elle donc continuer et quelles sont par conséquent vos futures projets ?

Onra: Il y a une alchimie entre nous, car nous avions des rôles bien définis, et nous nous sommes concentrés sur ce qu’on avait à faire chacun de notre coté. Cette alchimie est également due au fait que nous avons exactement les mêmes inspirations musicales.

On espère forcément travailler sur un autre projet tous les deux, et ce qu’on espère encore plus, c’est de se voir et faire du live, en Europe ou au Japon.

Ce premier album servira peut-être à attirer l’attention de certaines maisons de disques qui ont du budget. Ce qui nous permettrait de nous rencontrer, et de taffer enfin ensemble dans le même studio. On verra bien…

StereoTree: Pour en revenir à l’album en lui même, que pensez-vous apporter avec celui ci ?

Onra: Sans prétention, nous pensons apporter notre propre identité sonore. Et nous pensons aussi que cet album est représentatif d’une génération dans laquelle Internet a pris une place énorme, qui nous ouvre à des perspectives de travail qu’on n’imaginait pas il y a encore quelques années.

StereoTree: L’album est en partie chanté, mais quand on écoute la chanson avec Dal-G, qui est une petite perle, on peut se demander pourquoi est ce que vous n’avez pas fait appel à plus de MC ?

Onra: On a fait appel à des MC’s, mais les morceaux qui nous ont été renvoyés nous ont moyennement convaincus. A un certain moment, on s’est même forcés de faire des morceaux plus "rapables" parce que notre style était plus instrumental ou convenait plus à du chant. Pour ne pas faire d’erreur, on a voulu se restreindre à 13 morceaux, et un seul rappé. J’ai demandé à Dal-Gren de poser car j’adore son style, aussi bien en beatmaker qu’en MC. Pour un album destiné à l’international, j’ai trouvé çà cool de mettre un titre de rap français. Comme çà on représente, et on fait découvrir aux autres ce qui se passe un peu chez nous depuis MC Solaar.

StereoTree: On remarque un certain soin apporté aux pochettes, est-ce que c'est quelque chose qui t'intéresse et auquel tu donnes de l'importance?

Onra: Evidemment. Sortir un CD aujourd’hui, c’est déjà prendre un risque, alors il faut soigner la présentation, et essayer de trouver des concepts originaux à chaque fois. La pochette qu’on a utilisée pour The Big Payback a été validée après avoir reçu plusieurs idées de divers graphistes. On garde finalement celle de Djala One (aka Dabaaz de Triptik), car c’est celle qui était le plus facilement déclinable. Avec les CD’s et les vinyls, français et japonais, au final, il y aura 6 pochettes de couleurs différentes.

StereoTree: Quelles sont tes influences musicales en général ?

Onra: J’ai commencé à écouter du rap en 1991, à l’âge de 10 ans, j’ai tout de suite écouté du très bon, notamment ces deux albums : ATCQ «The Low End Theory» et NWA «EFIZAGGIN», grâce à mon demi-frère qui était plus vieux que moi et qui m’avait prêté ces cassettes, mais j’écoutais aussi ce qui passait à la radio, je ne faisais pas vraiment la différence. Plus je vieillis, plus je m’ouvre à des styles musicaux que je ne soupçonnais pas écouter un jour. J’étais tellement fermé étant jeune, pour moi, il n’y avait que le rap et le r’n’b (new jack à l’époque). Et petit à petit, la Soul, le Jazz, Funk, musique brésilienne, Reggae, B.O.F, musique électronique (au sens large), musique africaine, rock, new wave, etc… J’en découvre tous les ans un peu plus. Il y a du bon dans tous les styles musicaux.

StereoTree: J’ai entendu que Vadim vous avait demandé un remix, est-ce que c’est le genre d’exercice périlleux qui t'intéresse? Quand on voit le travail de gens comme Spacek ou même Jay Dee sur ce sujet.

Onra: C’est intéressant, et c’est surtout une bonne opportunité. Mais quand il nous l’a demandé, on travaillait déjà sur d’autres trucs, ce n’était pas le moment propice…

StereoTree: Que penses tu du marché Hip Hop actuellement en France ? Et par conséquence de cette poussée vers l’internationnal, notamment le Japon ?

Onra: Le marché Hip Hop souffre, comme tous les autres styles musicaux, de la chute des ventes de disques, ce qui laisse moins de place pour la créativité et la diversité. Pas facile de faire du son si t’es en indé. Au niveau qualitatif, je dirais qu’il y en a pour tous les gouts, et qu’on a quand même la chance que le Hip-Hop soit si développé en France.

J’aurais beaucoup à dire sur ce sujet, mais pour être bref, si on veut faire avancer les choses, il faut rester solidaire, et que les artistes prennent plus de risques.

Moi je ne trouve pas que çà « pousse » du coté du Japon. Certes il y a des français qui sont bien présents au Japon, comme Jazz Liberatorz par exemple, mais les choses se passent surtout en Europe.

StereoTree: On voit sur The Big Payback un autre producteur/mc français à surveiller, Dal Gren . Est ce que tu penses qu’il y a un nouveau courant Hip Hop naissant en France, comme on peur le voir avec des artistes comme toi, Dal G justement, Yann Kesz ou Cris Prolific par exemple?

Onra: Je ne pense pas que ce soit un nouveau courant spécialement en France. C’est plutôt mondial, mais c’est vrai que cette scène est bien présente ici. On baigne dedans toi et moi, c’est pour çà qu’on a l’impression qu’il y a quelque chose qu’il se passe, que c’est l’effervescence. Mais vu de l’extérieur, c’est quasi inexistant pour l’instant. Combien de disques dans ce genre sont dans les bacs ? Même pas une vingtaine…

C’est ce qui plaît en ce moment, de plus en plus de personnes sont séduites par ce style de prod, et c’est tant mieux. J’espère que çà ouvrira des portes aux suivants, car on a beaucoup de talent(s) en France.

StereoTree: Concernant Chinoiseries, pourrais tu un peu nous en parler ?

Onra: «Chinoiseries» est sorti fin Novembre, c’est un projet qui me tient à cœur. Une beattape faite avec des vinyles que j’ai ramenés de mon voyage à Saigon l’année dernière. J’avais déjà fait une partie en Août 2006, et j’ai terminé cet été. Je reverse tous les bénéfices des ventes du CD à une association qui s’appelle «La Goutte d’Eau», et qui s’occupe de défavorisés au Vietnam.

StereoTree: Est ce que tu comptes travailler en tant que Beatmaker sur des albums de Rap plus « classiques » ?

Onra: On me demande rarement des prods, et avec tous les projets déjà en cours, je ne me suis pas encore concentré sur la question. C’est à envisager, c’est certain, mais pour l’instant, je reste focalisé sur les prochains trucs.

J’ajoute que j’aime les concepts. J’aime taffer sur des trucs originaux. Sortir un album de beatmaker strictement hip hop, inviter quelques rappeurs, c’est très cool mais ce n’est pas ce qui me fait fantasmer aujourd’hui, on verra plus tard, qui sait ?...

StereoTree: Avec quel artiste voudrais-tu collaborer ?

Onra: Je ne me suis pas encore posé cette question. Je laisse les choses se faire toutes seules… J’aimerais travailler avec mes amis proches et continuer de collaborer avec des musiciens… d’autres beatmakers… des chanteurs, chanteuses, rappeurs, rappeuses… anglophones ou francophones ou autre… tant qu’il y a un bon concept derrière et que le projet a de la personnalité, c’est cool.

StereoTree: Comment vois-tu la suite pour toi, quels sont tes prochains projets ?

Onra: «Chinoiseries» vient à peine de sortir, donc je suis encore en période de promotion... Avec Quetzal, on sort deux autres 45T issus de Tribute, et l’album sort au Japon en début d’année 2008.

Le morceau de The Big Payback featuring Reggie B « New Worlds » devrait sortir en maxi cette année également. Je taffe sur un album avec Buddy Sativa, prévu pour 2008. Il y a aussi un EP chez Musique Large qui sortira en Avril, je suis actuellement en train de travailler dessus, cet EP aura une couleur un peu plus électronique que ce que j’ai pu faire écouter jusque là, il y aura des vieux sons et également des nouveautés, mais en tout cas ce sera un projet qui me ressemblera plus que ce que j’ai déjà pu sortir.

Voila ce qui est prévu à court terme, j’espère ensuite que les choses vont s’enchainer de façon à rester prolifique, trouver une formule intéressante pour faire du live et sortir pleins d’autres projets.

Interview réalisée par Onelight.

[Chronique] Prefuse 73 - Preparations (2007)


Peu de temps après avoir livré sa vision du folk au travers du dernier album de son autre alias, Savath & Savalas, en début d’année dernière, G.Scott Heren aka Prefuse 73 revient à ses premiers amours (le Hip Hop instrumental à tendances abstraites teinté de sonorités électroniques) avec Preparations, toujours sur le Label anglais WARP.

L’homme nous avait laissés sur une fâcheuse impression de déjà vu avec son dernier EP Security Screening, et autant rassurer les auditeurs assidus du producteur tout de suite, Guillermo se rattrape ici d’une assez belle manière.

Alors certes, la recette de base reste inchangée (Les nappes froides et planantes ainsi que les rythmiques cassées qui caractérisent la production du bonhomme restent toujours d’actualité), mais l’interessé semble avoir retrouvé un peu de sa fougue et de son inspiration, en insufflant plus d’éléments folk à ses productions, et en faisant ainsi la synthèse de ses autres expériences musicales (pour preuve, la superbe Beaten Thursday, l’envoûtante I Knew You Were Gonna Go ou encore l’étrange mais néanmoins fascinante Preparation Outro Version).

Cet opus nécessite tout de même une certaine patience, pour pouvoir en apprécier pleinement la qualité. Les détracteurs diront certainement qu’on ne distingue aucune différence entre cet opus et le précèdent, et que la qualité de ses œuvres va invariablement decrescendo. Mais il ne faut pas se tromper. Cet album est bon, et ce autant pour le novice (même si les 3 premiers album du producteur restent clairement au dessus, et sont donc nettement plus recommandables), que pour l’auditeur averti.

Et, à l’heure où certains producteurs semblent clairement avoir repris le flambeau du "Hip Hop Instrumental abstrait" (comme son collègue Dabrye, ou le très talentueux Flying Lotus) qu’il avait fièrement allumé il y a quelque années, Prefuse 73 semble recommencer à avancer, lentement, mais sûrement.

A signaler que l’album en version CD comporte, en bonus, un deuxième volet intégralement orienté vers la musique classique. A priori plutôt intéressant, ce dernier relève en fait plutôt de l’anecdote. Dommage.


[Chronique] Gagle - 3 Peat (2007)


Parmi les trésors que nous, pauvres européens, auront beaucoup de mal à acquérir à moins de débourser une belle somme, voici le nouvel album de Gagle. Mais restituons donc les choses au préalable.

Ce groupe, un des plus populaires du genre au Japon, est composé de l'excellent producteur DJ Mitsu, fer de lance du label Jazzy Sport et emblème du son Hip Hop japonais post-Dj Krush, de son frérot Mc Hunger et de DJ Mu-R.

3ème véritable album du groupe, après 3Men On Wax et Big Bang Theory, réédité cette année, ce 3Peat s’impose clairement comme leur plus abouti.

Bien évidemment, à moins de parler Japonais bien sur, on ne comprend pratiquement rien aux lyrics balancés par Hunger, qui, avec un flow teigneux et véloce, semble par moment plutôt hors tempo. Ceci étant dit, la qualité des productions, quasiment toutes assurées par DJ Mitsu, à l’exception de Half Time, (produite par DJ Mu-R), de la terrible Baah Show Ikusa (produite par son confrère Grooveman Spot), de No Side (superbement bien produite par Budamunky), et de Spy Daisakusen (produite par Super Smoky Soul), est ici telle qu’il est très difficile de ne pas se laisser porter.

On s’adonne donc avec ce 3PEAT a un plaisir purement musical. Tout ce qui caractérise le style nippon est présent. Nappes de piano feutrées et puissants Drums clapés s’enchaînent avec maestria et fluidité. Un style qui s’illustre d’entrée avec le massif Gagle ga Kuru et avec les très mélodieux Yona Yona et One Lovely Day.

Loin de se cloisonner dans un style musical unique et redondant, le trio fait ici preuve de diversité tout au long de cet opus, ce qui est une parfaite illustration de l’ouverture d’esprit et de la fraîcheur affichées par le Hip Hop Japonais depuis quelques années.

Et c’est justement d’un minimum d’ouverture d’esprit dont il faudra faire preuve afin d’apprécier pleinement ce 3Peat, qui malgré un ou deux tracks plutôt fades, est une véritable réussite, à l’image d’une scène Hip Hop qui se porte de mieux en mieux et qui n'a rien à envier (loin de là) à la scène américaine, en terme de variété et d'originalité.

[Chronique] Byron & Onra Are The Big Payback (2007)


Le jeune producteur français Onra, après un premier album en compagnie de Quetzal, »Tribute», (un hommage à la Soul Music, sous forme de Donuts à la Jay Dee), remet le couvert. Cette fois ci, il est accompagné d’un certain Byron The Aquarius, jeune prodige américain du Keyboard , sous le nom de The Big Payback .

L’histoire est pour le moins originale car les deux compères ne se sont jamais vus et ne communiquent que par internet (ce qui n’est cependant pas une première, rappelez vous de The Foreign Exchange). Les deux hommes se rencontrent en 2005 via Myspace, la complicité s’installe et en l’espace de 4 mois, ils pondent une trentaine de morceaux. Onra programme les Drums sur sa MPC et Byron, de son coté, improvise aux Fender Rhodes et s’occupe globalement de la partie mélodique .

S’étant fait remarquer par Jay Scarlett, le "Gilles Peterson américain", le talent conjugué des deux jeunes pouces a vite fait sensation et et ont attiré l’attention d’artistes reconnus .

Bien évidemment inspiré par James Brown, Big Payback étant un des meilleurs albums du monsieur, l’ambiance est aussi principalement "Jaydeesque", Onra vouant une fascination sans borne au génie musical de J Dilla .

Ayant donc les mêmes inspirations et les mêmes volontés musicales, le duo semble toutefois vouloir apporter sa propre identité sonore. Cette collaboration virtuelle illustre d’ailleurs à merveille cette génération dans laquelle internet prend une place prédominante.

Alors, que réserve concrètement cet album au demeurant très alléchant?

La première chose qui saute aux oreilles, c’est qu’ici le talent transpire à chaque BPM. L’alchimie entre les deux artistes est remarquable.

The Big Payback s’inscrit directement dans cette nouvelle lignée de producteurs Hip Hop qui excellent particulièrement dans l’instrumentale épurée (dont les chefs de files sont, entre autres, Wajeed, Dabrye, Sa-Ra, Jneiro Jarel ou plus récemment le brillant Flying Lotus). Ce que l’on peut également considérer comme la continuité musicale et spirituelle de l’œuvre de Jay Dee (encore et toujours) dans son ensemble.

L’album commence en beauté, avec un «It’s You» qui impressionne de maîtrise . L’osmose entre drums et mélodie est parfaite. Les deux compères déroulent ensuite sans faiblir, avec une tonalité résolument smooth et relaxante. Seul «Mr Suave» dénote un peu du reste, avec ses Broken Drums et son ambiance à la Jazzanova.

Principalement instrumental, l’album se voit aussi orné de quelques guests de choix. Comme par exemple la chanteuse de Detroit Neco Redd, aperçue au coté des Platinum Pied Pipers, le flûtiste Julien Marc (sur le superbe «Carribean Vibes»), la délicate chanteuse Isis, qui fredonne les notes de «Technova» de Towa Tei (repris sur Find a Way de A Tribe Called Quest), sur l’implacable Blue Berry Weed, ou encore le très prometteur MC/ Producteur Français Dal Gren, qui pose sur le massif «The World».

Même si, sur la longueur, on pourra trouver que ce premier opus manque un peu d’energie (certains tracks sont en effet chantés de manière plutôt plate), le tout se révéle plus que satisfaisant. Onra et Byron remplissent donc haut la main leur objectif, à savoir imposer une veritable identité sonore au travers d’un long format de qualité, à la fois accessible, varié et capable de faire bouger les cervicales tout au long des 49 minutes. On attend la suite avec impatience, surtout quand on sait que DJ Vadim leur a déjà demandé un remix, et que les deux producteurs ont un planning chargé chacun de leur coté.

20/12/2007

[News] Jimmy fait le Beau


Jimmy Edgar, auteur, entre autres, de l'excellent album Color Strip sur WARP (2006), devrait faire son retour en 2008 avec un nouvel album, toujours sur ledit Label.

Pour l'heure, on peut retrouver la production groovy du jeune homme sur le projet X-District, dont un EP vient de sortir en digital.

18/12/2007

[News] Premiers de la classe


C'est officiel, le nouvel album des N*E*R*D (composé du fameux duo de producteurs The Neptunes) devrait débarquer en Mars 2008.

Après quelques remous, le trio devrait enfin donner suite au très bon Fly Or Die, qui date de 2004. Au vu de l'excellent travail du duo sur le dernier album de Kenna (Make Sure They Don't See My Face, sorti sur Star Trak cette année), on peut sans peine s'attendre à quelque chose d'intéressant.

[News] Partenaires créatifs...


Selon Shafiq Husayn, le prochain projet des Sa-Ra Creative Partners devrait voir le jour d'ici Fevrier/Mars, sur leur label Ubiquity Records. Intitulé "Nuclear Evolution in the Age of Love", ce nouvel opus verrait Sa-Ra s'y illustrer principalement en tant que beatmakers pour des invités de marque. En effet, la liste est plus que talentueuse, jugez donc: Herbie Hancock, Bilal, Erykah Badu, Pharaohe Monch, Common, Dr. Dre, Kanye West, John Coltrane, Thelonius Monk, et j'en passe!

Espérons juste que ce LP ne se fasse pas autant attendre que leur précédent!