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07/12/2010
[Chronique] Cris Prolific - Art / Money Vol.1 (2010)
Genre: Hip HopLabel: 45 Scientific
Date de sortie: Novembre 2010
Production: Cris Prolific
Featurings: Kev Brown, Roddy Rod, Black Milk, Wildchild, Ta'Raach, Ursula Rucker, K Banger, Illa J, Large Professor, Ayo, MED, Hi Fi, Ali, Capadonna, Phat Kat, Guilty Simpson, Baatin, Rep Life, Stacy Epps, Mr. Complex, Pharoahe Monch.
Véritable précurseur hexagonal du beat jaydeesque et aventurier grâce à deux maxis très avant-gardistes, "People" (sorti sur l’éminent label Versatile en 2004) et "Worlwide" (2007), Cris Prolific a su par la suite se faire ardemment désirer jusqu'à tombé dans l'oubli. Son premier album étant attendu depuis maintenant plus de trois ans.
Voici enfin venir ledit objet devenue une authentique arlésienne, "Art / Money Vol. 1", qui voit le jour sur le label 45 Scientific, choix au final plus ou moins surprenant (l’homme ayant produit des artistes comme Hi-Fi). Outre le relatif et dommageable anonymat qui entoure cette sortie, un problème d’envergure se pose rapidement: la musique du français est-elle toujours d’actualité après autant d’années de silence radio? Surtout au sein d’une scène qui s’est depuis bien développée.
Premier indice, tous les titres (ou presque) issus des maxis précédents sont présents, ce qui représente au passage un intérêt quelque peu limité, mais ne souffrent pas démesurément de leurs âges respectifs. "Worldwide" et sa fusion Hip House deep et feutrée faisant toujours son petit effet, notamment grâce à l’habileté microphonique de MED. "People" et "Confusion" (respectivement avec Ta’Raach et Ayo), quant à elles, se veulent toujours sympathiques, quoiqu’ayant quelques petits relents "lounge".
Pour le reste, nous avons là un album incontestablement consistant au casting plutôt impressionnant et très connoté Detroit. Car tout tourne ici en grande partie autour du son de la Motor City et de son inégalable génie feu J Dilla, honoré ici par trois titres. "Voyage", planant et envoutant néanmoins gâché par le flow léthargique et inoffensif du frérot Illa J. "To My Man J Dilla" où son collaborateur de la première heure, l’imposant Phat Kat, vient poser sa voix rocailleuse sur un beat nostalgique assez efficace. Puis "Aquarius", ultime hommage jazzy et instrumentale plutôt sympathique. On retrouve également les emblématiques MC’s Black Milk (sur "Innovators" en compagnie de Wildchild), feu Baatin (sur la douce "Fondations" avec Stacy Epps) et Guilty Simpson, qui fait des merveilles sur le banger sombre et jouissif "Kill Em All", clairement taillé sur mesure. Toute la fine fleur du Michigan, en quelque sorte.
Notons aussi la présence de Pharoahe Monch, toujours impeccable sur "Scream Shout", brise nuque riche en basse, et du combo Kev Brown / Roddy Rod, fers de lance du défunt Low Budget. Prolific a enfin eu la bonne idée de faire appel à des français, et pas n’importe lesquels, puisqu’Ali (ex-Lunatic, s'il est besoin de le rappeler) et Hi-Fi viennent brillamment croiser le fer avec Capadonna sur l’excellente "Origami". Où quand deux anciennes gloires du Hip Hop indé hexagonal s’associent enfin sur une prod’ un tant soit peu moderne. Voilà qui ne fait vraiment pas de mal.
Concrètement, la perception que l'on a du style futuriste et groovy de Cris Prolific a tout même pris du plomb dans l’aile. Car il s’agit bel et bien là de l’album qu’on aurait aimé entendre en 2008. Et même si "Art / Money Vol.1" offre un contenu plutôt bon dans l'ensemble et s’avère pour le coup parfaitement plaisant de bout en bout, le tout n’a par conséquent plus vraiment le même impact à l'heure d'aujourd'hui. On attendra néanmoins avec curiosité et intérêt le second volet, prévu pour l’année à venir, en espérant cette fois ci qu’un bien meilleur sens du timing soit de mise…
Article Rédigé et Publié par
Onelight
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10/02/2009
[Chronique] Cy Young - Exactly The LP (Extended Version) (2009)

Genre: Hip Hop
Label: Rawkus
Date de sortie: 10 Février 2009
Production: Kev Brown, Roddy Rod, Ken Wood, Khrysis, Kaimbr.
Featurings: Roddy Rod, Bilal Salaam, Kev Brown.
Membre du Low Budget Crew, Cy Young est l'un des derniers à avoir les projecteurs braqués sur lui. Cet album, "Exactly The LP", est comme son nom complet l'indique, une version longue du EP sorti en 2007 chez le mythique label (et tentant de renaitre de ses cendres) Rawkus. La clique du jeune homme ayant un style pour le moins figé dans le temps, nous allons voir si ce LP possède véritablement un intérêt.
Première constatation évidente, les fans de Kev Brown y trouveront éventuellement leur bonheur, mais les autres (dont nous sommes), ayant finalement cédé à la lassitude vis-à-vis de la recette martelée du beatmaker du Maryland, s'empresseront de zapper les morceaux produits par le bonhomme, lesquels n'auront que peu d'intérêt. Soyons francs: sans enlever un certain talent à Brown, avouons tout de même qu'il est pour le moins fénéant et cède facilement aux tentations de la paraphrase musicale, c'est à dire un beat cliché accompagné d'une boucle plus ou moins jazzy/soul ("Feel It", "All We Got", "Better"). En ressortent tout de même des tracks comme "Power", énergique et entrainant, ou "State Of Emergency", urbain et deep à souhait. Mais pour le matricule de Brown, le verdict est sévère: en 2009, Kev est largement surestimé.
Mais recentrons-nous sur Cy Young, habillant les beats dans un style désormais connu et efficace, carré, solide et sans fioritures. Les amateurs éclairés de boom bap y trouveront leur compte, pas de doute. Sans être un foudre de guerre, Young kick avec un certain talent, surtout lorsque le beat se fait réellement présent, à la manière du déjà connu mais ultra-efficace "Down 2 Do It" avec Roddy Rod à la prod et au featuring. Roddy Rod venant aussi produire le plus posé et anecdotique, bien que sans réel défaut "What In The World". On notera aussi la présence de Khrysis pour un sympathique "Keep Doin It", qui pourtant n'enlève pas cet arrière-gout de déjà vu, déjà (trop?) entendu qui se dégage de cet opus. Les refrains tournent en rond, parfois carrément clichés
Bref, malgré des sons somme toute agréables, on n'évite pas ici l'album sans relief et déjà-vu, la faute n'incombant pas réellement à Cy Young et ses qualités de MC, mais bien au parti-pris artistique qui est de (copier-)coller un peu trop la marque de fabrique Low Budget. Ce qui, me direz-vous, est potentiellement ce que peut chercher l'auditeur. Néanmoins, on aimerait voir un réel renouvellement sonore au sein d'un équipe qui commence sérieusement à montrer des signes d'essoufflement.
Article Rédigé et Publié par
Rip Laimbeer
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Libellés : bilal salaam, chronique, cy young, kaimbr, ken wood, kev brown, khrysis, low budget, rawkus, roddy rod
24/04/2008
[Chronique] Roddy Rod - Blunt Park Sessions (2008)

Genre: Hip HopLabel: Humble Monarch Music
Date de sortie: Février 2008
Productions: Roddy Rod
Featurings: Muhsinah, Kaimbar, Cy Young, Cronkite, Finale, Kev Brown, Oddisee, Asheru, Grap Luva, Hanis, J. Laine, Y.U., Choppy Choppe, Eric Krasno, Ekoz The Bounty.
Roddy Rod est typiquement l'un de ces beatmakers talentueux qui, pourtant, ne parvient pas réellement à exploser. Si on a appris à le découvrir via son groupe Maspyke ou son appartenance au crew du Maryland Low Budget, les français suffisamment curieux auront aussi pu appréhender le son du monsieur sur l'album du MC Kwame (le track "Faster"). Et, malgré un talent évident, on ne retrouve que bien trop rarement le nom de Roddy Rod dans les crédits des albums qui ont compté récemment dans l'underground.
Alors, quand on aborde ce "Blunt Park Sessions", c'est tout d'abord avec plaisir que l'on retrouve les MC's du Low Budget, la chanteuse Muhsinah ou encore quelques apôtres du rap backpack comme Asheru ou le toujours excellent Grap Luva (on rappellera aux plus jeunes d'entre vous qu'il s'agit du frère de Pete Rock, entre autres choses...). Et quand aux beats à proprement parler, puisqu'il s'agit tout de même d'un album de producteur, et bien Roddy Rod se situe clairement au croisement d'un Kev Brown, d'un Pete Rock et de Jay Dee. Les samples sont ciselés, agréables et toujours efficaces, les rythmiques variés bien que l'on reste dans un boom bap relativement classique.
Mais là où Kev Brown et 9th Wonder peinent à réellement apporter du sang neuf à leurs machines, Roddy Rod amène ce léger brin de folie soulful et jazzy, supporté par des breakbeats clairement old school. En bref, du neuf avec du vieux. Le principe du sampling dans sa forme la plus sample mais aussi la plus efficace, du moins dans le cadre d'un Hip Hop boom bap désirant renouer avec les basiques. A noter que le côté Nu-Soul est aussi bien présent avec les voix bienvenues de Muhsinah donc, sur l'excellent "Rudesquire", ou de Cronkite accompagné de Cy Young sur un "Mouth Water" que ne renierait pas D'Angelo.
Chaque morceau, sans être un joyau, fait son petit effet, avant pour les instrumentaux de Roddy Rod, qui dévoilent une certaine palette tout en gardant une cohérence au niveau de la couleur musicale qu'il a voulu imprimer ici. On remarquera à ce titre le très agréable "Living Conditions", totalement instrumental mais terriblement efficace. Quand aux invités, ils viennent surtout à titre de complémentarité et afin de mettre en avant les productions, ce qui, finalement est le contraire de la démarche du dernier Pete Rock, qui en voulant en mettre plein la vue avec un casting pourtant désuet n'a pas réellement impressionné avec ses beats.
En bref, on tient avec "Blunt Park Sessions" un album solide, qui s'il ne sort pas des sentiers battus reste néanmoins très sympathique à l'écoute, véritablement homogène et cohérent, et qui, on l'espère, permettront à son auteur d'être plus souvent présent sur d'autres projets, lui qui avait produit pour Q-Tip lors du "Lyricist Lounge 2". A noter que l'on retrouvera le beatmaker sur l'album de Tableek, l'autre moitié de Maspyke, titré "American Terrorist".
Article Rédigé et Publié par
Rip Laimbeer
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Libellés : blunt park sessions, chronique, grap luva, kev brown, low budget, maspyke, muhsinah, roddy rod



